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[Test] Pokémon Soleil/Lune – Des versions sur orbite [3DS]

Par Corentin le

Ce n’est pas la première fois qu’une même génération de console connaît une deuxième génération de Pokémon. Or et Argent étaient sortis sur GameBoy, tout comme Bleu et Rouge. Les versions Blanc, Noir, Blanc 2 et Noir 2 étaient quant à elles sorties sur DS, tout comme Diamant et Perle quelques années avant cela. Ces versions de confirmation, une fois la console et les nouvelles possibilités bien maîtrisées avaient souvent le goût de la maturation. Elles étaient focalisées sur les fonctionnalités et sur la manière de surprendre les joueurs avec un contenu affiné, au-delà d’un nouveau moteur ou d’une nouvelle manière de se connecter entre joueurs.

Trois ans après X et Y sur 3DS qui marquaient l’avènement d’une modélisation 3D proprette des 721 créatures accumulées au fil de six générations de jeux, voici débarquer Soleil et Lune, la septième fournée de petits monstres, sur la même console. Les attentes sont grandes après des mois de communication, de vidéos et d’annonces qui n’ont pas manqué de chauffer à blanc une communauté particulièrement à l’écoute. Quant au grand public, il met une pression monstre tant il a répondu positivement au phénomène Pokémon GO cet été. Nintendo, The Pokémon Company et Game Freak savent pertinemment qu’ils jouent gros sur cet épisode qui a d’ores et déjà battu un record en devenant le jeu le plus précommandé de l’histoire du constructeur.

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À la croisée des chemins et au centre de l’attention, c’est le moment pour la licence qui vient de fêter ses 20 ans de marquer le coup et de montrer tout ce qu’elle a dans le ventre. La franchise est devant une occasion inespérée de ramener dans son giron un public extrêmement large, du trentenaire qui a arrêté de jouer après Or/Argent, à la jeune fille qui continue de jouer à Pokémon GO malgré l’hiver qui arrive. Avec un cadre estival et insulaire, voyons si ces Pokémon Soleil et Lune parviennent à raviver la flamme du dresseur qui sommeillait dans le cœur de tous ceux qui ont un jour lancé une Pokéball sur un monstre de poche virtuel.

[nextpage title= »Bye bye X et Y, place aux Capacités Z »]

Bienvenue à Alola ! Archipel paradisiaque dans lequel vous venez d’emménager avec votre mère où se côtoient plages de sable fin, jungle touffue, volcans en éruption et un peu moins d’une centaine de nouveaux Pokémon à découvrir. Ce nouveau terrain de jeu est constitué de quatre îles principales qui, selon la tradition, doivent être parcourues par tout enfant de la région dès sa onzième année. Ça tombe super bien, parce que vous avez justement cet âge-là et que votre mère est trop occupée à parfaire son bronzage pour s’inquiéter sérieusement de votre sécurité dans le cadre d’un voyage initiatique particulièrement dangereux.

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Votre mère sait certainement que vous ne voyagez pas seul. Vous serez évidemment accompagné d’un à six Pokémon qui passeront leur temps à s’affronter dans des combats au tour par tour. À chaque Pokémon est attribué un, voire deux types, ce qui leurs ouvre un monde de résistances et de faiblesses aux différentes attaques qui possèdent également un type. Les bonnes vieilles affinités sont toujours d’actualité avec les 18 types présents : l’eau éteint le feu, les Pokémon sol sont insensibles à l’électricité, les Pokémon combats réduisent en miettes les Pokémon roche et les attaques fées font des miracles sur les dragons. Vous n’avez pas envie d’apprendre le tableau très compliqué qui résume les centaines d’interactions possibles ? Premièrement, vous avez raison, et deuxièmement, Game Freak a pensé à vous en indiquant sur l’écran inférieur si une attaque est « sans effet » (x0), « pas très efficace » (x1/2 ou x1/4), « efficace » (x1) ou « super efficace » (x2 ou x4). Une seule condition à cette nouvelle indication bien pratique, avoir déjà vaincu ce Pokémon une fois ou bien le posséder. D’autres informations qui demeuraient invisibles auparavant sont également indiquées comme les différents bonus d’attaque, de défense ou de vitesse. Il s’agit d’un ajout tout à fait bienvenu qui permet de savoir où on en est à tout moment du combat.

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Si vos 6 Pokémon n’ont plus de PV et sont KO, c’est le game over et une partie de vos économies fondront comme neige au soleil. Pour éviter cela, le joueur est évidemment invité à passer régulièrement au centre Pokémon qui soigne gratuitement toutes vos créatures ou utiliser un des très nombreux objets pouvant rendre les PV et soigner les altérations de statut (sommeil, paralysie, brûlure, gel ou poison).

Au-delà des quatre attaques syndicales que vos Pokémon peuvent apprendre, Pokémon Soleil et Lune intègrent une grande nouveauté : les « Capacités Z ». Très rapidement dans le jeu, vous serez gratifié d’un bracelet permettant de transformer une fois par match les capacités de vos Pokémon s’ils tiennent le bon « Cristal Z ». Les cristaux les plus communs transforment toutes les capacités d’un type donné. Oui, toutes. « Armure » devient alors « Armure Z » et Entrave devient alors « Entrave Z », les dotant d’un effet bonus ou d’une puissance accrue. Par exemple, un Magneti (acier/électrique) tenant une « Normazélite » (Cristal Z pouvant transformer les capacités de type normal en capacités Z) pourra lancer une fois dans le match « Charge bulldozer » au lieu de « Charge » (attaque de type normal), décuplant la puissance de l’attaque. Concernant l’utilisation, nous sommes vraiment sur le même mécanisme que la Méga-Évolution de X et Y. Les Capacités Z sont simplement moins puissantes et beaucoup plus variées aussi. Notez également que certains Cristaux Z ne fonctionnent que sur un seul Pokémon possédant une attaque en particulier. C’est comme cela qu’Oratoria (l’évolution finale d’Otaquin, le Pokémon de départ de type eau) pourra tenir une Oratozélite et transformer son attaque « Aria de l’Écume » d’une puissance de 90 en « Symphonie des Ondines » d’une puissance de 195. Comme vous le voyez, certaines Capacités Z offrent une puissance parfois plus que doublée par rapport à l’attaque originale et cela pourra vous sauver la mise plus d’une fois (ou vous enterrer, car d’autres dresseurs seront également capables d’une telle prouesse).

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Tout comme la Méga-Évolution, cette fonctionnalité phare du jeu apporte une nouvelle dimension aux combats. Une nouvelle « botte secrète » dont l’objectif est de renverser le cours d’une partie. Les Capacités Z sont cependant moins téléphonées que les Méga-Évolutions, car tous les Pokémon peuvent en bénéficier. Elles risquent également de diversifier grandement la stratégie du jeu dans la mesure où toutes les capacités peuvent bénéficier d’une amélioration. Alors que le jeu n’est pas encore sorti, il n’est évidemment pas possible de prévoir ce que donnera la méta (ensemble des stratégies et des connaissances liées à l’aspect compétitif du jeu) de cette génération. Pour le moment, The Pokémon Company a interdit l’utilisation des Méga-Évolutions (pourtant bien présentes dans Soleil et Lune) dans les compétitions officielles afin de promouvoir cette nouvelle fonctionnalité. Il serait pourtant bien intéressant de voir ce que pourraient donner des équipes intégrant un Méga-Pokémon, force de frappe principale d’une formation, et un Pokémon pouvant faire l’usage d’une Capacité Z, élément plus versatile pouvant être utilisé à la fois pour l’offensive que comme contre-mesure efficace. Bref, Pokémon n’a jamais été aussi diversifié dans sa stratégie et il ne tient qu’à The Pokémon Company d’en permettre l’usage.

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[nextpage title= »Sur la plage abandonnée, Kokiyas et Crustabri »]

Le jeu bénéficie du même moteur graphique que X/Y et Saphir Alpha/Rubis Omega. Avec les mêmes qualités et les mêmes défauts. La modélisation des Pokémon est donc nickel. La 3DS est toutefois sur les genoux dès qu’une créature est un peu trop grande et le rafraîchissement d’image en pâtira immédiatement. Pareil quand vous aurez plus de deux Pokémon à l’écran, ça sera très rapidement la débandade. Pas étonnant que Game Freak ait décidé de désactiver la fonction 3D pour tout le jeu. La console aurait explosé.

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Les décors ne brillent évidemment pas par leur finesse ou par la beauté de leurs textures. Toutefois, les environnements insulaires colorés suffisent à ce qu’on n’en tienne pas trop rigueur. Le jeu a tout de même quelques jolis panoramas à offrir et quelques angles de caméras intéressants. La bande originale est très solide et utilise régulièrement des sonorités appropriées comme le ukulélé, les tambours ou les chants tribaux.

Les Pokémon que l’on rencontrera auront également la couleur locale. Entre les Crabagarre (crabe avec d’énormes pinces comme des gants de boxe), les Dodoala (Koala… qui fait dodo) ou les Plumeline (oiseau de paradis dont la danse qu’il effectue et la couleur qu’il arbore varient en fonction du nectar qu’il boit), attendez-vous à un ajout de créatures du même ordre que celui opéré dans X et Y. Notez d’ailleurs que la Pokébanque (et donc le Pokédex national) ne sera disponible qu’en janvier pour Soleil et Lune.

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L’une des nouveautés, ce sont aussi les fameuses formes régionales d’Alola. Car parmi les bons vieux Pokémon de première génération que tout le monde aime, certains ont été complètement transformés par cet environnement paradisiaque. Vous aurez ainsi Miaouss à la fourrure plus sombre et qui troquera son type normal pour un type ténèbres certainement plus avantageux, ou bien Triopikeur qui aura oublié d’aller chez le coiffeur pour préserver sa magnifique chevelure blonde et qui sera désormais du double type sol/acier au lieu du simple type sol. Sans oublier bien sûr Noadkoko dont le climat favorable d’Alola aura permis à son cou de s’étendre vers le ciel. Au point même qu’il ne rentre pas dans le cadre de caméra de la plupart des combats. Il changera également de double type en passant de plante/psy à plante/dragon.

Toujours dans l’optique de ne pas perdre les gens qui reviendraient à Pokémon après avoir poncé Pokémon GO, le jeu propose énormément de Pokémon de première génération dès le début de l’aventure. Il sera ainsi très aisé de trouver un Magneti ou un Abra dans les premières zones. C’est peut-être même un peu dommage, car la tentation de reprendre une équipe déjà connue se fait alors grande. Cela n’incite pas nécessairement à la découverte.

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Le bestiaire sera bien sûr différent d’une version à l’autre. Certains Pokémon n’apparaissant que dans Soleil et d’autres que dans Lune. Certains Pokémon comme Rocabot n’évolueront pas de la même façon en fonction du jeu dans lequel ils se trouvent. Évidemment, ces restrictions sont surtout là pour inciter au partage (en local ou en ligne) afin que tout le monde puisse compléter son Pokédex grâce à l’entraide.

[nextpage title= »Les arènes à l’arrêt »]

Après 20 ans de collections de badges dans les précédents jeux, on s’attendait à ce que ce fameux « tour des îles » consiste à devoir passer par les traditionnelles huit arènes, chacune gardée par un redoutable maître qui aura choisi un type comme spécialité. Eh bien non ! Oubliez tout cela. Sur chaque île, un protocole très strict doit être suivi. Il faut d’abord rencontrer chaque capitaine de l’île qui fera passer au protagoniste une épreuve. Leur nombre varie d’une île à l’autre et ils se spécialisent chacun dans un type particulier. Les épreuves sont de différentes natures : il peut s’agir de rechercher des Pokémon sauvages dans une grotte, tout comme répondre à un quiz ou bien partir à la recherche d’ingrédients dans une jungle pour préparer un ragoût.

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À l’issue de votre épreuve, un « Pokémon dominant » viendra à votre rencontre pour en découdre. Il s’agit tout simplement d’une forme plus puissante d’un Pokémon existant. Entourée d’une aura qui améliore grandement ses capacités, la bestiole ne se gênera pas pour invoquer un partenaire pour l’aider à vous rosser plus efficacement. Ces combats sont comme une sorte de mini-boss, ce qui est plutôt rafraîchissant pour la série. Une fois le Pokémon dominant et ses copains neutralisés, vous serez gratifiés du Cristal Z correspondant au type du capitaine et vous pourrez continuer votre périple.

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Quand vous aurez tous les cristaux d’une même île en poche, il sera alors l’heure de vous frotter aux doyens. Tout comme les capitaines, ils se focalisent sur un type en particulier, mais contrairement à eux, ils ont une équipe puissante et sont prêts à vous défier à la régulière. Ce sont clairement les équivalents des maîtres d’arènes des versions précédentes, même s’ils ne sont qu’au nombre de quatre, à raison d’un par île. Leur défaite, également symbolisée par un Cristal Z, marque votre conquête de l’île et votre départ vers la suivante. Ça ne sera une surprise pour personne, mais à l’issue des quatre doyens, c’est la ligue Pokémon qui vous attendra, ainsi que son terrible conseil des quatre. Il est amusant d’apprendre que la Ligue n’existait pas à Alola et que sa construction a lieu durant votre périple.

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Ce vaste programme sera évidemment perturbé par une équipe antagoniste (la Team Skull, sorte de pirates voulant simplement voler les Pokémon des braves gens), par un rival enquiquinant, une intrigue impliquant des failles interdimensionnelles remplies de créatures inconnues, d’une mystérieuse jeune fille qui vous accompagnera dans votre parcours et qui garde de nombreux secrets, une fondation énigmatique mettant tout en œuvre pour la sauvegarde des Pokémon, ainsi que le professeur Euphorbe arborant un look de surfeur qui vous collera aux basques du début jusqu’à la fin du jeu.

Nous sommes dans un jeu Pokémon : ne vous attendez pas à des miracles en matière de scénario ou de profondeur de personnages. Les gentils sont tous très gentils (le protagoniste arrête de sourire de manière niaise littéralement 3 fois en tout dans le jeu), les méchants sont tous très méchants (mais ont en fait des raisons de faire ce qu’ils font et tout le monde est pardonné à la fin, ouf) et les dialogues sont d’une platitude extrême. Après, encore une fois, on n’en attendait rien.

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[nextpage title= »Pokémon G.O. (Gentil Organisateur) »]

Pour ce qui est du frisson de l’aventure, on sent quand même que les enjeux sont beaucoup moins lourds que dans les titres précédents. C’est bien simple, on a l’impression d’être au Club Med et que tous les adultes manigancent en cachette pour créer une « activité » pour nous occuper, nous le gamin, pendant les grandes vacances. On passe d’épreuve en épreuve, d’atelier en atelier, en voyant du pays. Il y a des centres Pokémon tous les dix mètres (ils sont notamment très nombreux en dehors des villes, ce qui est plutôt inhabituel) et on ne se sent jamais vraiment en danger. Ce n’est d’ailleurs pas toujours une impression. À l’issue de certaines cinématiques où certains personnages vous défient, on vous donne le choix de refuser l’affrontement pour vous préparer. Ou bien on vous soigne. Ou bien on fait les deux, on vous soigne et on vous donne le choix.

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Ce n’est pas nécessairement un défaut, mais ce qui donnait du sel à Pokémon jusqu’alors, c’était le fait que le jeu testait votre ténacité. Les centres Pokémon en dehors des villes étaient rares. Vous deviez gérer votre argent pour acheter des potions afin de soigner vos Pokémon avec les moyens du bord. Vous ménagiez certains Pokémon en combat pour ne surtout pas que l’un d’entre eux tombe K.O. (état bien plus compliqué à soigner, surtout en pleine nature) et vous vous retrouviez par moment dans l’obligation de faire demi-tour, car le risque de tomber sur le dresseur belliqueux de trop était trop grand. Soleil et Lune a complètement abandonné cet aspect « camping » qui lui donnait son aspect aventure. Les jeux Pokémon ont toujours été synonymes de prise d’indépendance, de départ du foyer, de voyage initiatique. Dans cette génération, cette caractéristique est au mieux complètement aseptisée, au pire absente. On est chaperonné d’un bout à l’autre de l’aventure, on nous dit constamment ce qu’on doit faire (le Pokédex sur l’écran inférieur indique en permanence l’objectif suivant) et on a parfois envie de dire au jeu : « Lâche-moi un peu la grappe, laisse-moi vivre ma vie, un peu ».

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Heureusement, ce sentiment s’estompe un peu sur la fin. Car si le début est long, voire longuet, le jeu trouve enfin un bon rythme sur son dernier tiers. Des événements plus palpitants se mettent enfin en place, on vous fait marcher un peu en dehors des sentiers battus et le jeu devient même carrément corsé. Mieux vaut tard que jamais. Quant à l’après jeu (ou post game pour les intimes), il se révèle un peu plus fourni que celui de X et Y, ce qui n’était pas bien compliqué. Mais on reste loin de ce que proposaient Rubis Oméga et Saphir Alpha, un des plus gros postgame avec Or et Argent, bien entendu. Le jeu est d’ailleurs plutôt long. Comptez au moins 35 heures de jeu sans vous presser, même si, évidemment, il est toujours possible d’aller beaucoup plus vite en n’entraînant qu’un ou deux Pokémon. Ce serait cependant se gâcher une partie du plaisir.

On ne va cependant pas cracher sur toutes les facilitations d’ergonomie du titre. On ne peut par exemple que saluer la disparition des CS (capsules spéciales) qui permettaient d’enseigner à un Pokémon une capacité utilisable en dehors des combats. Il fallait les enseigner à des Pokémon que l’on devait garder sur soi pour déplacer de gros blocs ou voguer sur les flots. On devait donc choisir entre la peste ou le choléra : utiliser des précieux emplacements de capacité parmi les Pokémon de son équipe principale, ou sacrifier des places dans l’équipe pour trimballer en permanence des Pokémon spécifiquement faits pour cette tâche.

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Ce système est désormais révolu grâce aux Poké Montures. Une simple pression sur une touche et vous voilà en train de chevaucher un Pokémon qui vous permettra de passer divers obstacles ! Elles se débloqueront au fur et à mesure de l’aventure, sont disponibles à tout moment et ne font pas partie de votre équipe qui peut alors être uniquement focalisée sur le combat. Mieux ! Ces Poké Montures remplacent également certains objets comme la Bicyclette ou le Cherch’Objet. Un changement tellement évident qu’on ne comprend pas pourquoi il n’a pas été fait plus tôt dans la saga.

Les Pokémon que vous stockez sur votre PC ne se tournent d’ailleurs plus les pouces. Vous pouvez désormais leur attribuer des tâches bien utiles grâce au mode Poké Loisir. Il s’agit d’un petit archipel que vous développez dont chaque petite île remplit une fonction particulière. Cultiver des baies, chercher des objets dans une grotte, s’entraîner, se détendre dans un bain chaud, chaque activité prendra une certaine quantité de temps qu’il est possible de diminuer grâce à des fèves que l’on ramasse tous les jours au pied d’un arbre. Vous pouvez remplir le panier d’un groupe avec ces fèves pour multiplier par deux l’efficacité du groupe pendant une période donnée qui dépendra du nombre de fèves déposées et de leur qualité. Ce n’est pas grand-chose, mais certaines tâches ingrates comme la culture des baies (qui peuvent se révéler très utiles durant l’aventure) sont désormais bien plus agréables à vivre.

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Quant aux modes en ligne, il n’a pas été possible de les tester pour le moment. Mais de ce qu’on en a vu hors-ligne, les différentes fonctionnalités sont regroupées dans un mode unique : la Place Festival. Et disons-le franchement, on voit mal comment ce mode peut être amusant, même à plusieurs. Les dresseurs connectés apparaissent sur votre place et vous devez répondre à leurs doléances. Soit en répondant à des questions, soit en leur indiquant un stand sur lequel se divertir. Si vous réussissez, vous obtiendrez des « festipièces » ce qui vous permettra d’obtenir différents objets, parfois rares. Des mini-quêtes sont également disponibles, mais il n’a pas été possible de les essayer dans le cadre de ce test. Au fur et à mesure que vous obtiendrez des pièces, votre place montera en rang, ce qui vous donnera accès à de nouveaux stands qu’il faudra placer, parfois au détriment d’un autre quand les emplacements viennent à manquer. Le vrai problème de cette Place, c’est qu’elle ne remplace pas avantageusement le PSS introduit dans X et Y. Ce système permettait de savoir à tout moment si quelqu’un était disponible pour un combat ou un échange. Ici, il faut spécifiquement aller dans un mode et arrêter tout ce qu’on est en train de faire. C’est dommage.

Notre avis

X et Y avaient leurs problèmes, Soleil et Lune ont les leurs et ils sont peut-être un tout petit peu plus systémiques. Toutefois, ces versions sont certainement celles qui essayent le plus de sortir de la formule consacrée, et peut-être fatiguée, de la saga. Les nouveautés sont livrées par palettes entières et la plupart, comme les Capacités Z ou les Poké Montures, sont franchement bienvenues. Soleil et Lune continuent le travail de renouvellement entamé par les précédentes versions 3DS et introduisent de nouvelles pistes structurelles qui mériteront d’être affinées par la suite pour que l’aventure reste dynamique d’un bout à l’autre du jeu. Pokémon Soleil et Lune n’en reste pas moins un grand cru et saura satisfaire les vieux de la vieille comme les petits nouveaux qui souhaitent lâcher Pokémon GO avec le temps qui se rafraîchit.

8.5 / 10