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[Test] Quantum Break : J’aime Quantum raconte des histoires [Xbox One, PC]

Notre avis
6 / 10

Par Pierre le

Remedy aime raconter des histoires. Mais le studio finlandais aime-t-il encore faire des jeux ? C’est la question que pose ce Quantum Break, nouvelle licence forte de Microsoft.

9

La réputation de Remedy n’est plus à prouver. Au début des années 2000 sortait l’excellent Max Payne, shooter distillant habilement son ambiance et son scénario dans un gameplay novateur pour l’époque. En 2010 sortait Alan Wake, qui continuait sur cette lancée, mais se montrait moins innovant dans son gameplay. En 2016, Quantum Break est le dernier né du studio. Si son histoire est la plus solide du CV de son créateur, ses phases de jeux, en revanche, ne fonctionnent plus si bien que ça.

Littlefinger, c'est toi ?
Littlefinger, c’est toi ?

Quantum Break propose une histoire fleuve et bien écrite. Une histoire sur laquelle Remedy a mis tout son cœur. Le joueur incarne Wayne Rooney Jack Joyce (Shawn Ashmore), baroudeur qui revient à Riverport voir l’expérience temporelle de son ami de longue date, Paul Serene (Aidan Gillen). Mais quand William (Dominic Monaghan), le frère de Jack, pointe le bout de son nez, tout part en sucette. Et voilà notre héros pris dans un méli-mélo qui mélange voyages temporels, multinationales diaboliques et apocalypse.

L’histoire est distillée à travers des cinématiques in-game (très nombreuses), ainsi que par des écrits, enregistrements vocaux et vidéos disséminées dans l’environnement. La masse scénaristique est impressionnante, Remedy ne ratant jamais une occasion pour enrichir l’univers. Jamais dans un média autre que la littérature nous n’avions vu autant de soin apporté à l’univers d’un thriller.

Néanmoins, la propension des scénaristes de Remedy à donner beaucoup pourrait noyer les plus casuals sous une tonne d’informations, plus ou moins utile à la bonne compréhension de l’histoire. Il est également évident que s’arrêter entre deux fusillades pour lire des mails interminables casse quelque peu le rythme. Mais Remedy cherche avant tout à proposer un univers avant de proposer un jeu ; une histoire classique mais solide basée sur les voyages dans le temps.

Les épisodes développent les personnages secondaires
Les épisodes développent les personnages secondaires

Le pari le plus osé, ici, c’est la diffusion d’épisodes proposés tout au long du jeu. A chaque fin d’acte, Quantum Break nous propose une jonction, un choix cornélien qui influera sur la suite de l’histoire. S’ensuit un épisode en live action d’une vingtaine de minutes, diffusé en streaming. C’est lors de ces séquences que nous sentons la réelle implication de Remedy dans son histoire. Dans ces épisodes (construits comme ceux d’une série TV), nous y suivons les personnages principaux (bien entendu incarnés par les acteurs choisis pour le jeu), mais également les personnages secondaires, qui agissent sur le scénario au-delà du jeu.

C’est ici la grosse prise de risque du titre, qui a pour ambition de narrer une même histoire à partir de beaucoup de points de vue différents. Et étonnement, la chose fonctionne très bien. Malgré une qualité qui fait parfois plus penser à une web-série qu’à une série Netflix, on prend plaisir à découvrir le destin croisé de tous ces personnages, souvent bien écrits, et à suivre cette méta-histoire jamais fouillis et diablement dense.