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[Test] Rhythm Paradise Megamix – Cadence avec les stars [3DS]

Par Corentin le

La grande majorité des jeux de rythme classiques vous incitera à enchaîner les notes par milliers sur votre instrument en plastique comme une superstar du rock. À moins qu’il ne vous force à vous époumoner sur de grands classiques de la chanson française. Il pourrait également vous entraîner dans des danses endiablées inspirées des derniers tubes à la mode.

En marge de tout ça, il existe une série assez discrète qui ne s’intéresse au rythme et au rythme seulement. Vous y incarnerez des grenouilles, des singes, des lycéens, des microbes, des starlettes et on vous demandera d’appuyer en rythme une ou deux fois par mesure seulement. Par contre, vous avez intérêt à être d’une précision redoutable sur ces rares pressions demandées. Ça vous semble facile ? C’est que vous n’avez encore jamais mis la main sur un Rhythm Paradise, la série initiée par Nintendo en 2006 sur GBA (sous son nom d’origine Rhythm Tengoku) et dont le 4e opus sortira dans quelques jours. Et quand je parle du 4e opus, ce n’est vrai que pour le Japon, car en Europe, il ne s’agit que du 3e, le premier n’était jamais sorti de l’archipel.

L’avantage, c’est que ce tout nouvel épisode 3DS intitulé Rhythm Paradise Megamix est une sorte de gros best of regroupant une sélection des anciens mini-jeux de tous les épisodes mêlés à des épreuves inédites. Le tout enrobé dans des graphismes actualisés, des modes supplémentaires et de multiples options.

[nextpage title= »Du paradis du rythme aux rythmes endiablés »]

La série des Rhythm Paradise consiste en des sommes de mini-jeux variés. Ils ont comme point commun la nécessité d’être très attentif à la musique pour réussir. Le joueur doit par exemple repérer des signaux sonores qu’on lui envoie et y répondre par une séquence bien particulière de pressions sur les touches (où l’écran tactile si vraiment c’est votre truc). C’est souvent l’affaire du seul bouton A, même si parfois le bouton B et la croix seront utilisés et c’est ce qui rend le jeu si particulier : ce n’est pas la complexité des contrôles qui le rend exigeant, mais bien la maîtrise des rythmes parfois alambiqués, mais toujours en cohérence avec la bande-son.

Vous vous retrouverez dans la peau d’un karatéka qui doit frapper des pots qu’on lui envoie en cadence. Ou bien dans celle d’un chien joueur de badminton qui doit renvoyer le volant frappé par son partenaire et qui s’amusera régulièrement à changer le tempo des échanges. À moins d’incarner un catcheur qui doit répondre avec un tempo bien particulier aux questions d’une journaliste. Les situations sont diverses, cocasses et demanderont au joueur de maîtriser les temps, les contre-temps, les triolets, les noires pointées et les croches. Le tout sans la moindre leçon de solfège.

Régulièrement, à l’issue d’un groupe de 4 mini-jeux, un Remix attendra le joueur. Il mélangera les gameplay des 4 épreuves précédentes grâce à des chansons souvent entêtantes et très bien produites. Il faut dire que c’est Tsunku, le célèbre producteur japonais d’idols qui est encore une fois aux commandes d’une bande originale particulièrement réussie [N.D.L.R. notez d’ailleurs que l’excellentissime version française de l’opus DS est présente dans le jeu, « oui, c’est certain ! »]. À la toute fin du jeu, les Remix deviennent très longs et reprennent l’intégralité des épreuves que le joueur aura rencontré au fil des heures. Le tout dans une apothéose musicale comme on en rencontre régulièrement à la fin des titres de la série.

D’un point de vue comptable, ce sont 108 épreuves qui attendront le joueur dans Megamix dont presque la moitié sont soit inédites, soit provenant de la version GBA (et sont donc inédites en Occident). Pour ceux que ça intéresse, voici un schéma indiquant l’origine de chacun des mini-jeux du titre.

provenance-mini-jeux-rhythm-paradise-megamix

[nextpage title= »Un Paradis pas radin en contenu »]

Aussi étonnant que ça puisse paraître et pour la première fois dans la série, le jeu propose un récit pour prétexter la succession de mini-jeux que le joueur devra traverser. Megamix nous raconte l’histoire du gentil ours Tibby. Tibby est tombé du paradis (oh non !) et cherche à y retourner par tous les moyens. Pour y parvenir, il va rencontrer de nombreux personnages tous plus charmants les uns que les autres. Il y a Bzzzourdon, Tacot, Chef, Donuta, mais aussi…

Bon. Stop. On va s’arrêter là, hein ? Le contexte scénaristique de Rhythm Paradise Megamix n’est là que pour faire joli. D’ailleurs, et c’est triste à dire, les différents protagonistes sont tellement bavards qu’on a juste envie de les envoyer valdinguer contre le mur. Alors, c’est vrai, le jeu est très bien adapté à la langue de Molière et les textes sont plutôt amusants dans l’ensemble, mais leur nombre bien trop grand rend la première traversée de tous les mini-jeux assez harassante.

Heureusement que cette « run » initiale n’est que la première étape vers des défis bien plus relevés qui devraient, in fine, constituer la majeure partie du temps que vous allez passer sur le jeu. Car l’avantage, c’est que la difficulté de Megamix est très progressive. Ce qui est une bonne chose tant le jeu peut parfois être frustrant dans ses dernières strates de difficultés. En effet, le jeu propose en introduction des versions revisitées et plus faciles de mini-jeux préexistants. Cela a pour avantage de le rendre accueillant aux premiers contacts, mais ce n’est évidemment pas tout. Chaque épreuve bénéficie d’une phase de tutoriel qui permet d’apprendre les pirouettes rythmiques essentielles avant de se lancer dans le grand bain. Avantage du double écran, le schéma rythmique s’affichera sur l’écran inférieur durant ces phases si le joueur à trop de mal. Cet ajout bienvenu évitera à certaines personnes de bloquer indéfiniment sur un deux-croches-noire qu’ils n’ont pas réussi à assimiler.

Nouveauté de cet épisode 3DS, l’indicateur de précision sur l’écran inférieur durant les épreuves. De petites étoiles apparaissent au moment où vous appuyez sur un bouton. Si elles se placent bien au milieu, bravo ! C’est que vous êtes parfaitement dans le rythme. Si elles sont à gauche, c’est que vous avez pressé le bouton un chouia trop tôt. À droite ? Un poil trop tard. Toutefois si vous voyez des étoiles, c’est que votre appui est considéré comme juste. Une erreur, elle, s’affichera sous la forme d’un demi-cercle rouge à gauche ou à droite de l’écran tactile. Autre aspect inédit : les étoiles talents. Chaque épreuve sera agrémentée d’un temps spécial sur lequel le joueur devra être impeccable. Une étoile commencera à se former sur l’écran inférieur, indiquant l’importance du temps à venir et le joueur devra appuyer parfaitement en rythme pour l’attraper et obtenir un bonus à la fin du mini-jeu.

À l’issue d’une épreuve, le jeu sanctionnera le joueur d’une note sur 100. Au-dessus de 80, c’est un « Super !», au-dessus de 60, c’est un « OK. » et en dessous de 60, c’est un « Essayez encore… ». Il suffit d’avoir un « OK. » pour passer au mini-jeu suivant, mais seuls les « Super ! » permettent ensuite de tenter les fameux parfaits. Ces événements qui existent depuis le tout premier Rhythm Tengoku s’activent aléatoirement sur une des épreuves sur laquelle le joueur a obtenu la meilleure distinction. Il bénéficie alors de 3 tentatives pour tenter de réussir le mini-jeu sans faire une seule erreur. Appliqué à tous les jeux, je vous laisse imaginer l’ampleur de la tâche

Et pour ceux qui ne sont pas encore rassasiés, il existe enfin les « Défis ». Ce sont des séries de plusieurs épreuves successives avec des conditions de victoires particulières. Par exemple, un tempo accéléré, l’obligation de faire un « Super » ou la nécessité de faire suffisamment d’appuis parfaits pour repousser un monstre en train de dévorer l’écran. Ces défis sont très difficiles, mais il sera possible de demander l’aide d’amis ! Ce mode est jouable en multijoueur et, dans certains cas, il suffira qu’un seul des participants réussisse pour que l’équipe enti soit déclarée victorieuse. Cerise sur le gâteau, une seule version du jeu sera nécessaire pour faire participer jusqu’à 4 personnes.

Notre avis

Avec Rhythm Paradise Megamix, on ira tous au paradis (du rythme). Le jeu est certes à moitié une redite, mais des redites comme celles-là, on en redemande volontiers. Le jeu apporte suffisamment de nouveautés pour justifier que les vieux de la vieille s’y remettent. De plus, Megamix a le bon goût d'adapter suffisamment la difficulté pour attirer un nouveau public, notamment casual. Seules ces maudites lignes de dialogues bien trop nombreuses viennent obscurcir un tableau franchement enthousiasmant. Amateurs de défis musicaux, il est temps de se mettre au pas ! Oui, c'est certain !

8.5 / 10