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[Test] Watch_Dogs : Un open-world qui a bon DDOS [PS4]

Notre avis
7 / 10

Par Henri le

Après deux ans de teasing intensif, Watch Dogs livre enfin son verdict. L’open world d’Ubisoft est-il le system seller de la PS4 ? On serait tenté de répondre oui… et non.

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Watch Dogs n’est sorti qu’hier, mais les souvenirs qu’on en a ont déjà deux ans. Comme beaucoup de joueurs, le titre d’Ubisoft a joué avec nos émotions, en impressionnant lors de sa première présentation. Une curiosité qui s’est vite transformée en suspicion, tant l’insistance du marketing et les premiers leaks laissaient penser que tout cela n’était qu’un doux rêve. Après plus d’une trentaine d’heures de jeu, que reste-t-il de ce AAA, ayant subi un report de sept mois ?

Graphiquement, le titre n’est pas celui que les joueurs ont découvert lors de l’E3 2012. Vous avez pu le constater lors de nos multiples vidéos comparatives, dont vous avez été abreuvés depuis quelques mois. Si le jeu est loin d’être laid, les textures affichées sur les consoles next-gen ne vous décrocheront pas la mâchoire. Restent un niveau de détails élevé, de beaux effets de lumière, et une magnifique gestion de l’eau. Ubisoft a réussi à tirer son épingle du jeu en proposant un environnement vivant et cohérent. Chicago devrait plaire aux gamers lassés de la grosse pomme. On sent bien que le développement sur six plateformes différentes a nivelé le tout vers le bas, mais cela reste très correct, et les nouveaux venus sur consoles ne seront peut-être pas aussi exigeants que leurs homologues PC.

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Car c’est bel et bien le gameplay qui était censé apporter un vent de nouveauté dans le genre balisé des open world. Et la campagne, ainsi que la palanquée de missions annexes et de défis en ligne qui l’accompagne, permet de se familiariser avec Aiden Pearce, le héros du jeu. Ce dernier se déplace de manière assez élégante, et arrive à chevaucher une bonne partie des obstacles qui se dressent devant lui. Mais son véritable pouvoir se trouve dans le creux de sa main. Grâce à un téléphone omnipotent, Aiden peut contrôler de nombreuses infrastructures connectées dans la ville. Utilisé à bon escient, il vous permettra de semer des assaillants et de retourner des situations compliquées à votre avantage. Assez jouissif. Mais Ubisoft vous en a déjà trop montré à mon goût. Sachez simplement que le sentiment de puissance augmente au fur et à mesure que vous débloquez de nouvelles capacités à travers un arbre de compétences bien fourni.

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Le hacking est donc un point central du jeu. En prenant possession des nombreuses caméras de surveillance de la ville, vous pourrez aisément espionner et interagir avec l’environnement. Déclencher des monte-charges, ouvrir des portes ou encore faire exploser des générateurs, une vingtaine d’options s’offre à vous. Et il faudra au moins ça pour traverser les ghettos ou autres bureaux top secret de la campagne principale, qui dure environ 25 heures. Ces interactions représentent la véritable force du titre. Grâce à elles, vous pourrez accomplir certaines missions sans même vous déplacer. Mais les pistoleros en herbes ne seront pas déçus puisqu’ils disposeront rapidement d’un arsenal à faire pâlir l’armée américaine. La manière forte fonctionne d’ailleurs un peu trop bien. Quoi qu’il en soit chaque objectif peut être abordé de différentes manières, ce qui permet de casser la monotonie ou le sentiment d’échec. On est tenté de dire heureusement, tant le schéma des missions est le même tout au long du jeu : infiltration, hacking et fuite et/ou fusillade. Le piratage n’est donc pas une option superficielle, et laisse entrevoir beaucoup d’idées ambitieuses pour une éventuelle suite.

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Watch Dogs n’a finalement pas grand-chose à voir avec GTA, à qui il fut comparé tout au long de son développement. Cependant, la création d’un tel univers est désormais régie par des grandes lignes, et l’absence de certaines actions déçoit vraiment. On s’étonne par exemple de ne pas pouvoir se battre à mains nues, conduire des engins volants ou même tirer depuis un véhicule. Une option qui tombait pourtant sous le sens, vu le grand nombre de courses poursuites. On peut également pester contre une conduite hasardeuse, un faible nombre de véhicules ainsi qu’une localisation des dégâts assez douteuse, rendant la moindre Citroen C3 aussi résistante qu’un tank. Il n’aurait pas été si difficile d’implémenter ces possibilités, et elle aurait permis au mieux de varier le gameplay, au pire de se balader librement en s’amusant à causer le chaos.

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Ce manque d’approfondissement se ressent aussi dans le scénario, et ce malgré une galerie de personnages bien conçus. Aiden Pearce, un type qui manie aussi bien la souris que la matraque télescopique (pourquoi, comment ?), est bien trop nébuleux pour qu’on s’y attache vraiment. Rongé par la mort de sa nièce (dont il n’est pas innocent), ce taciturne répond parfaitement aux clichés des films d’action de série B, qui veut venger sa famille, en éclatant la moitié de la pègre locale.

Chicago est une ville remplie de zinzins en tout genre... Crédits / DR
Chicago est une ville remplie de zinzins en tout genre… Crédits / DR

Même constat pour les personnages secondaires, vraiment réussis, dont les relations auraient gagné à être approfondies. On pense à Jordi, pas tout seul dans sa tête, ou T-Bone, qui débarque comme un cheveu sur la soupe. Le scénario, qui empreinte à 1984 ou encore Person of Interest, est bien rythmé, mais assez téléphoné. Le HUD est en revanche très bien géré et, bonne nouvelle, pas si invasif que ça. L’impression d’être en permanence connecté est bien réelle, et pallie la relative simplicité du scénario. Au final, on se dit encore une fois que l’informatisation à outrance n’a pas que des bons côtés. Ce qui semblait être le but des développeurs. Amen.

Watch Dogs est un bon titre, qui devrait convaincre les amateurs de monde ouvert hésitant à opter pour la next-gen. Et si le studio a réussi le pari de proposer un gameplay différent, ainsi qu’une ville de Chicago convaincante, certains manquements ont du mal à passer en 2014. L’aventure d’Aiden Pearce n’est certes pas révolutionnaire, mais on passe un agréable moment à ses côtés. L’excellente durée de vie du titre (offline et online) fera oublier nombre de petits défauts, à commencer par un rendu graphique inférieur à la promesse initiale. Un jeu d’action revigorant, dont on attend une suite encore plus ambitieuse.

Watch Dogs, disponible sur PC, Wii U (un jour, peut-être), Xbox 360, Xbox One, PS3 et PS4 et coûte environ 60 euros.

Après deux ans de teasing intensif, Watch Dogs livre enfin son verdict. L’open world d’Ubisoft est-il le system seller de la PS4 ? On serait tenté de répondre oui… et non.

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Watch Dogs n’est sorti qu’hier, mais les souvenirs qu’on en a ont déjà deux ans. Comme beaucoup de joueurs, le titre d’Ubisoft a joué avec nos émotions, en impressionnant lors de sa première présentation. Une curiosité qui s’est vite transformée en suspicion, tant l’insistance du marketing et les premiers leaks laissaient penser que tout cela n’était qu’un doux rêve. Après plus d’une trentaine d’heures de jeu, que reste-t-il de ce AAA, ayant subi un report de sept mois ?

Graphiquement, le titre n’est pas celui que les joueurs ont découvert lors de l’E3 2012. Vous avez pu le constater lors de nos multiples vidéos comparatives, dont vous avez été abreuvés depuis quelques mois. Si le jeu est loin d’être laid, les textures affichées sur les consoles next-gen ne vous décrocheront pas la mâchoire. Restent un niveau de détails élevé, de beaux effets de lumière, et une magnifique gestion de l’eau. Ubisoft a réussi à tirer son épingle du jeu en proposant un environnement vivant et cohérent. Chicago devrait plaire aux gamers lassés de la grosse pomme. On sent bien que le développement sur six plateformes différentes a nivelé le tout vers le bas, mais cela reste très correct, et les nouveaux venus sur consoles ne seront peut-être pas aussi exigeants que leurs homologues PC.

Watch_Dogs_Test_PC_01-pc-games

Car c’est bel et bien le gameplay qui était censé apporter un vent de nouveauté dans le genre balisé des open world. Et la campagne, ainsi que la palanquée de missions annexes et de défis en ligne qui l’accompagne, permet de se familiariser avec Aiden Pearce, le héros du jeu. Ce dernier se déplace de manière assez élégante, et arrive à chevaucher une bonne partie des obstacles qui se dressent devant lui. Mais son véritable pouvoir se trouve dans le creux de sa main. Grâce à un téléphone omnipotent, Aiden peut contrôler de nombreuses infrastructures connectées dans la ville. Utilisé à bon escient, il vous permettra de semer des assaillants et de retourner des situations compliquées à votre avantage. Assez jouissif. Mais Ubisoft vous en a déjà trop montré à mon goût. Sachez simplement que le sentiment de puissance augmente au fur et à mesure que vous débloquez de nouvelles capacités à travers un arbre de compétences bien fourni.

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Le hacking est donc un point central du jeu. En prenant possession des nombreuses caméras de surveillance de la ville, vous pourrez aisément espionner et interagir avec l’environnement. Déclencher des monte-charges, ouvrir des portes ou encore faire exploser des générateurs, une vingtaine d’options s’offre à vous. Et il faudra au moins ça pour traverser les ghettos ou autres bureaux top secret de la campagne principale, qui dure environ 25 heures. Ces interactions représentent la véritable force du titre. Grâce à elles, vous pourrez accomplir certaines missions sans même vous déplacer. Mais les pistoleros en herbes ne seront pas déçus puisqu’ils disposeront rapidement d’un arsenal à faire pâlir l’armée américaine. La manière forte fonctionne d’ailleurs un peu trop bien. Quoi qu’il en soit chaque objectif peut être abordé de différentes manières, ce qui permet de casser la monotonie ou le sentiment d’échec. On est tenté de dire heureusement, tant le schéma des missions est le même tout au long du jeu : infiltration, hacking et fuite et/ou fusillade. Le piratage n’est donc pas une option superficielle, et laisse entrevoir beaucoup d’idées ambitieuses pour une éventuelle suite.

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Watch Dogs n’a finalement pas grand-chose à voir avec GTA, à qui il fut comparé tout au long de son développement. Cependant, la création d’un tel univers est désormais régie par des grandes lignes, et l’absence de certaines actions déçoit vraiment. On s’étonne par exemple de ne pas pouvoir se battre à mains nues, conduire des engins volants ou même tirer depuis un véhicule. Une option qui tombait pourtant sous le sens, vu le grand nombre de courses poursuites. On peut également pester contre une conduite hasardeuse, un faible nombre de véhicules ainsi qu’une localisation des dégâts assez douteuse, rendant la moindre Citroen C3 aussi résistante qu’un tank. Il n’aurait pas été si difficile d’implémenter ces possibilités, et elle aurait permis au mieux de varier le gameplay, au pire de se balader librement en s’amusant à causer le chaos.

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Ce manque d’approfondissement se ressent aussi dans le scénario, et ce malgré une galerie de personnages bien conçus. Aiden Pearce, un type qui manie aussi bien la souris que la matraque télescopique (pourquoi, comment ?), est bien trop nébuleux pour qu’on s’y attache vraiment. Rongé par la mort de sa nièce (dont il n’est pas innocent), ce taciturne répond parfaitement aux clichés des films d’action de série B, qui veut venger sa famille, en éclatant la moitié de la pègre locale.

Chicago est une ville remplie de zinzins en tout genre... Crédits / DR
Chicago est une ville remplie de zinzins en tout genre… Crédits / DR

Même constat pour les personnages secondaires, vraiment réussis, dont les relations auraient gagné à être approfondies. On pense à Jordi, pas tout seul dans sa tête, ou T-Bone, qui débarque comme un cheveu sur la soupe. Le scénario, qui empreinte à 1984 ou encore Person of Interest, est bien rythmé, mais assez téléphoné. Le HUD est en revanche très bien géré et, bonne nouvelle, pas si invasif que ça. L’impression d’être en permanence connecté est bien réelle, et pallie la relative simplicité du scénario. Au final, on se dit encore une fois que l’informatisation à outrance n’a pas que des bons côtés. Ce qui semblait être le but des développeurs. Amen.

Watch Dogs est un bon titre, qui devrait convaincre les amateurs de monde ouvert hésitant à opter pour la next-gen. Et si le studio a réussi le pari de proposer un gameplay différent, ainsi qu’une ville de Chicago convaincante, certains manquements ont du mal à passer en 2014. L’aventure d’Aiden Pearce n’est certes pas révolutionnaire, mais on passe un agréable moment à ses côtés. L’excellente durée de vie du titre (offline et online) fera oublier nombre de petits défauts, à commencer par un rendu graphique inférieur à la promesse initiale. Un jeu d’action revigorant, dont on attend une suite encore plus ambitieuse.

Watch Dogs, disponible sur PC, Wii U (un jour, peut-être), Xbox 360, Xbox One, PS3 et PS4 et coûte environ 60 euros.

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