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[Test] Xenoblade Chronicles X : Verdict après 150 heures de jeu [Wii U]

Notre avis
7 / 10

Par killy le

Sorte de Kojima qui aurait remplacé son amour du cinéma par celui de la philosophie, Takahashi Tetsuya est lui aussi un auteur alimentant sa vision, son concept, au fur et à mesure de ses jeux. Sans forcément posséder tous de liens directs entre eux, ils défrichent des thématiques similaires et forment un angle de réflexion imposant. Il devrait donc logiquement en être de même pour Xenoblade Chronicles X. Il devrait.

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Après une guerre entre deux factions extraterrestres dont l’issue n’a jamais fait aucun doute, l’humanité est contrainte de fuir une Terre coincée entre ces feux croisés. Détruite, elle laisse donc l’Homme orphelin, errant dans l’univers à la recherche d’un nouvel endroit où s’installer et survivre. Rattrapé par l’ennemi, l’un des vaisseaux de cet exode, la Baleine Blanche, s’écrase sur une étrange planète, apparue soudainement et absente de toutes les cartes spatiales, Mira. Une fois sur place, le genre humain débute sa colonisation en réveillant les rares survivants en stase, afin d’explorer ces nouvelles terres. Ils ne tardent pas à être harcelés par le Ganglion, la force alien ayant détruit leur monde. Débute alors une résistance acharnée et une course vers l’Arche de Vie, module contenant le reste de la population, perdu lors de l’atterrissage en catastrophe.

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Une mise en bouche alléchante qui ne s’arrête pas à ce simple concept et réserve une surprise très bien vue, transformant la nécessité en urgence. Durant toute l’aventure, un compteur indique sans cesse l’arrivée des derniers moments de l’humanité, et l’implication du joueur n’en est que plus forte. Le sentiment de solitude, d’espoir mince, bafoué par le Ganglion encore et encore, donne une impression permanente de tension et de danger. Le joueur un minimum impliqué ressent le besoin de venir au secours du genre humain dont la vie ne tient qu’à un fil électrique. Constellée d’échecs, la quête semble être une plongée vers l’abîme qui n’aura pas de dénouement heureux. Sans rien révéler, l’histoire aborde des sujets passionnants, comme la notion d’existence, ce qui définit un être ou encore la difficulté de faire des choix face à sa propre extinction. Malheureusement, si les idées sont là, le traitement qu’elles reçoivent est loin d’être à la hauteur. Chaque piste est dissoute dans une trame qui elle aussi se liquéfie au fur et à mesure, et si des réponses arrivent à la fin du jeu, elles ne participent pas à la réflexion. Elles sont uniquement présentes parce qu’il fallait bien expliquer les événements. Le parallèle avec Kojima, toujours. D’autant que l’ensemble est très mal raconté, la faute d’une part à des missions extrêmement longues à déclencher, qui noient donc le propos dans des heures et des heures de gameplay et à des chapitres bouche-trou qui servent à rallonger artificiellement la durée de vie. Et s’il n’y avait que ça…