Une chronique chaude cette semaine : partons pour l’Egypte ce pays jusqu’alors connu pour son histoire et qui entre une nouvelle fois dans l’histoire… Comme le premier pays ayant littéralement disparu d’Internet.

Derrière cette impressionnante censure se cache la grande bataille du net qui se dessine à l’horizon. Explications et point de vue dans la suite.
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// IRAN ET FAIL WHALE
Je ne sais pas si vous avez bien saisi ce qu’il s’est passé ces derniers jours : un pays a été rayé de la carte d’Internet. Comme une planète a été rayée de la galaxie par l’Etoile de la Mort. Pouf pouf, en quelques instants. Un évènement abrupte et à contre-pied de l’image que l’on se fait d’Internet.
La vision classique se résume ainsi : réseau global, total et interactif, Internet a vite été associé à un espace de liberté. Amusant destin pour projet de communication militaire en temps de guerre ! Les exemples sont nombreux mais mais il faut bien réaliser que les troubles et soulèvements populaires récents au Moyen-Orient ont été la plus massive et spectaculaire illustration ET mise en contradiction de cette image.
Cela a débuté en Iran, avec le scandale des élections truquées contestées de 2009 : devant les mises en doute sur la véracité des résultats, le président réelu Mahmoud Ahmadinejad bloque très rapidement les réseaux téléphoniques, les sites d’opposition et autres Facebook pour minimiser la grogne. Mais il oublie Twitter, le réseau encore peu connu en Iran à cette époque.
Les bloggers, journalistes et opposants iraniens vont alors se jeter sur le réseau de micro blogging et raconter au monde ce qu’il se passe dans leur pays fermé, 140 signes par 140 signes. Les médias occidentaux complètement bloqués sur place et jusqu’alors impuissants, ont enfin trouvé leur seule source d’information (et leur limite).

Le phénomène prend une telle ampleur que l’administration d’Obama va demander à la start-up californienne d’annuler sa mise hors ligne prévue de longue date pour une refonte technique du service. Un première dans l’histoire d’Internet.
La fameuse phrase « La Révolution ne sera pas télévisée, elle sera Twitterisée » est née.
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//LA TUNISIE ET SON KIT DE HACKING ANONYME
Au début de l’année, c’est la Tunisie qui a connu sa Révolution de Jasmin, les 23 années de pouvoir abusif du clan Ben Ali semblant leur avoir largement assez couru sur le ciboulot. Comme prévu, manifestants et opposants s’organisent via Internet et le gouvernement tente d’en bloquer les principales plaques-tournantes.
C’est ici qu’une nouvelle donne va se déployer. Elle s’appelle Anonymous et se présente comme un groupe ouvert et sans hiérarchie de hackers répartis à travers le monde. Le terme de « hacker » est un peu limite, comme le concept de total anonymat et de non hiérarchie (évidemment, qu’il y en a), mais ce groupe, dérivé de certains membres actifs et malicieux du célèbre imageboard 4chan, prend de l’ampleur.
Après quelques « farces » à grande échelle (renverser des résultats de concours, mettre le bordel sur Youtube, attaquer l’église de Scientologie), le collectif se dote d’une conscience. Lors de l’affaire Wikileaks, Anonymous a ainsi fait tomber les sites de marques ayant puni l’organisation de Julian Assange, comme Paypal ou MasterCard qui avaient coupé les comptes du site.
Le lien avec la Tunisie ? Beaucoup affirment que c’est l’un des « câbles » diplomatiques révélés par Wikileaks et mettant en cause le gouvernement Tunisien qui a fait monter la grogne dans le pays, avant que l’immolation d’un jeune vendeur tunisien ne lance définitivement le soulèvement. Devant les mesures de censure (médias, principaux sites et réseaux sociaux) du gouvernement, Anonymous va lancer un programme de resistance : Opération Tunisia
« When the powerless are shut out of the media, we will make the media irrelevant »
En plus de jouer à « touché / coulé » à coups de ddos avec les sites du gouvernement, le groupe va également diffuser des techniques de défense et de contournement des blocages d’accès au net aux bloggers et journalistes locaux. Sur le net, la victoire est clairement du côté des opposants, qui arrivent au final à communiquer au monde et s’organiser entre eux via le réseau et ce, malgré les efforts de censure du gouvernement.
Les cas de l’Iran et de la Tunisie montrent ainsi de manière spectaculaire le poids et l’importance critiques qu’Internet revêt désormais pour la liberté d’expression, qu’elle soit en temps de guerre ou même en temps de paix.
Il est très important de ne pas oublier que ces deux cas on largement fait basculer le débat, en le radicalisant. Nous allons voir ceci avec les évènements enEgypte, qui enflamment l’actualité depuis 10 jours.
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//EGYPT IS NOW OFFLINE
Officiellement, cela a débuté le 25 Janvier. En écho aux évènements tunisiens, l’Egypte est en train de faire tomber son président Hosni Moubarak de la même manière : soulèvement dans les rues (dont la place Tahrir est l’épicentre) et guerilla sur le net. Cet air de déjà vu va cependant prendre une tournure unique : le 27 Janvier, les pontes égyptiennes décident de purement et simplement couper le pays du reste monde : médias, téléphone et pour la première fois dans son histoire, tout Internet. Cela paraît dingue ? Non, ce fût même très simple.

Le gouvernement a tout bonnement ordonné aux quatre fournisseurs d’accès égyptiens de couper toute connection à l’internationale – sans toutefois affecter la fibre reliant l’Europe et l’Asie. Link Egypt, Vodafone/Raya, Telecom Egypt et Etisalat Misr ont ainsi laissé leurs abonnés dans le noir total : particuliers, banques, écoles, hôpitaux, administrations… Le 27 Janvier est le jour où un pays a purement et simplement disparu de la grande matrice mondiale du net.

(Source : Arbor Networks)
Une coupure totale, brutale et historique. Et là, les twittos égyptiens n’ont pas vraiment apprécié la mesure gouvernementale. Plus sérieusement, cette coupure fait écho aux actions des gouvernements iraniens et tunisiens, un écho en forme d’escalade à la radicalité : ce coup-ci, plus de twitter, de contournement possible ou d’aide de gentils hackers de l’extérieur.
Cinq jours et 65 millions d’euros de perte plus tard, les réseaux de télécommunication sont en train de revenir dans le pays. Mais le traumatisme dépasse largement les frontières égyptiennes : pour la première fois, le monde vient de voir la fragilité d’Internet en face.
(bonus interlude : les évènement égyptiens expliqués avec Indiana Jones, aussi ludique qu’utile)
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//ETRE UN WEB LIBERE, TU SAIS C’EST PAS SI FACILE
La spectaculaire censure du gouvernement de Moubarak ne s’est pas faite via un gros coup de hacking. D’après les spécialistes, la manière dont les ISP ont fermé progressivement et chacun à leur rythme l’accès au net montre que cela a été fait à l’ancienne : avec un bon coup de pression au téléphone.
(source : Renesys)
Le « coup d’état » est une technique connue, classique, éprouvée. Proclamer un état d’urgence, un couvre feu national, une gérance militaire est inscrit dans les lois de beaucoup de pays, même les plus « libertaires ». J’ai discuté pendant des heures hier soir avec un ami (d’où le retard de cette chronique, ahem) sur la possibilité qu’un tel black out se produise un jour chez nous, en France. Il me réfutait : « Non mais attends, on est en France, c’est im-po-ssible qu’une telle chose arrive, on trouvera un moyen de se débrouiller en plus ! »
Je lui retourne alors le débat qui se joue aux Etats-Unis depuis l’année dernière, portant sur l’existence et la mise en place d’un « kill switch » d’Internet, capable de le couper totalement et immédiatement en cas d’urgence et ce, sur la seule volonté du Président en place. Une sorte de nouveau gros bouton rouge.
Le concept nous paraît généralement aberrant pour deux raisons :
1. Internet aurait été crée et conçu pour résister à toute forme de blocage émanant d’un point central.
2. Internet véhicule depuis 15 ans l’image d’un grand far west incontrôlable et invincible.
Et pourtant, il faut juste regarder les choses en face : en France comme dans de nombreux pays, Internet est dépendant d’un nombre réduit de fournisseurs d’accès. Je citais les 4 f.a.i égyptiens, mais en avons nous beaucoup plus en France ? Non. Si un jour J, dans un cas extrême, notre président de la République invoque la sûreté d’Etat lors de 4 coups de fils à 4 PDG, cela peut aller très vite : quel pourcentage d’internautes représentent Orange, Free, SFR et Bouygues ? Bah oui.
Je pourrais parler du cas Canadien qui vit en ce moment une crise, puisque le plus gros opérateur, Bell, est en train de forcer ses utilisateurs ET ses concurrents à revenir vers une offre limitée en bande passante. Et après, on pense que les choses ne peuvent pas dégénérer rapidement ?

J’extrapole évidemment, mais le but ici est de bien réaliser qu’Internet est une chose très fragile, que l’on peut faire tomber très vite et finalement, assez facilement. Ceci est d’autant plus vrai en regard de la réalisation du « kill switch » américain, mais également des lois comme Loppsi, adoptée en France l’année dernière. Sous prétexte de lutter contre la pédophilie sur le net, elle permet, via des moyens radicaux (mouchard informatiques, filtrage, fichier commun) de faire fermer un site sans passer par une décision de Justice. Evidemment, le texte de la loi s’élargit à « tout site soupçonné d’héberger du contenu illicite ». Vous et moi comprenons déjà la grande « flexibilité » de ces termes, si on les utilise à son avantage…
Dans un sens, Internet se fragilise à mesure qu’il monte en puissance. Et la course à la régulation des gouvernements de tous les pays est logique. Avec les conséquences livrées en bonus dans le pack.
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//VERS UN EMPIRE CONTRE UNE RÉBELLION
Restons un peu en France. On parle de Loppsi, mais également et bien sûr d’Hadopi, dont vous aurez entendu parler en long, en large et de travers (de la gorge). L’une des conséquences de cette loi est assez radicale (et on les avait pourtant bien prévenu) : par la repression, le gouvernement, en voulant éradiquer les pirates, est en train d’éduquer les internautes à devenir de meilleurs pirates. Les chiffres récents le montrent : non seulement le piratage n’a pas vraiment baissé, mais il s’est déplacé du Peer 2 Peer vers des solutions plus « sécurisées » et rapides : streaming, direct download et newsgroup montent en flèche.
Et tout comme Anonymous diffusait des kits de hacking au tunisiens, les tutoriaux de contournement d’Hadopi pour tous sont légions. Les notions de cryptage et VPN sont désormais dans les discussions du tout venant et non plus des seuls utilisateurs avancés. Quand je reçois des mails de parents de copains me demandant comment « passer par un autre pays pour regarder des séries sans se faire attraper par Hadopi », je me dis que nous nous dirigeons inexorablement vers une radicalisation du net, même pour le grand public.

Je vous parle d’Hadopi pour vous parler de la grande bataille entre liberté et régulation, anarchie et contrôle. Que ce soient les révolutions au Moyen Orient où les lois en Occident, nous nous dirigeons vers deux visions toujours plus radicales et antagonistes :
- D’un côté, un réseau sécurisé, contrôlé.
- D’un autre, un réseau libertaire, hors de tout contrôle.
Aujourd’hui, Internet mixe les deux tant qu’il le peut, mais demain ?
Imaginons-nous en 2015, un terme assez proche : le gouvernement français élargit les portées Loppsi 2 et Hadopi 3, pour « accentuer » la lutte contre pirates et cyber-délinquants. Une partie active et libertaire des internautes décide en réaction de monter un réseau parallèle, en agglomérant un ensemble de bornes WiMax 2 d’une portée que 2 à 5 kilomètres chacune (j’invente, hein, c’est 2015). En quelques semaines, un réseau parisien indépendant est monté, puis se relie à Lille, Strasbourg, Lyon. Nice fait déjà le pont avec le nord de l’Italie.
A la manière d’Anonymous, un regroupement d’internautes comme vous et moi est ainsi guidé, invité à acheter et déployer sa borne / routeur, quittant ainsi la grille du net « officiel ». Dans les faits, de nombreux réseaux parallèles, privés et hors de tout contôles pourraient ainsi exploser les prochaines années, portés par le progrès technologique (la borne Wimax coûtera alors une misère, comme une borne Wifi aujourd’hui) et la guerre d’un contrôle du net classique prenant des ampleurs inimaginables aujourd’hui.
Je ne suis pas spécialement parano, je me souviens juste de discussion en 2007 avec des amis : « nan mais c’est impossible, inconstitutionnel même, de contrôler ce que nous faisons sur Internet ! C’est un droit inaliénable, on est France quand même. »
Résultat ? En 2011, Hapopi et Loppsi sont des réalités et Hadopi 3 est dans les tuyaux. Alors en 2015, l’hypothèse d’un « Internet de l’Empire » contre des « Réseaux de Rébellion » est loin d’être farfelue. Les plus anciens d’entre vous peuvent déjà invoquer la grande époque des « radios-libres« …
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//INTERNET, SI FORT ET SI FRAGILE
Evidemment, cette chronique ne s’étale pas : pas sur les nombreux pays sans net, pas les pays où le net est traditionnellement censuré, pas la question du « net est-il juste une nécessité de pays développés » etc. Sinon, on y passerai la semaine. Recentrons-nous sur Internet, sa dimension, son avenir.
Vers où allons-nous ? Une radicalisation probable d’Internet, ou de ses successeurs. C’est une évolution assez logique et inévitable, tant ce réseau dépasse son statut de média riche. C’est une force incontrôlable, c’est une nation transnations, c’est une plate-forme des possibles, une cour des miracles globale. Au delà de nos préférences pour un Internet plus contrôlé ou totalement libre, il faut bien comprendre que sa dimension représente aujourd’hui un danger pour beaucoup et un formidable potentiel pour beaucoup d’autres. Il y aura un affrontement inévitable, puis un split. La schizophrénie à ses limites.
La puissance de projets comme Anonymous (dont il faudra reparler lors d’une chronique dédiée). Les velléités de contrôle des entreprises et des gouvernements. Les velléités de liberté totale d’une partie des internautes. La montée en puissance du concept de réseaux parallèles, la fragilisation du concept de réseau unique et global. Colosse aux pieds d’argile, Internet a montré ces derniers mois toute sa puissance et toute sa fragilité. Une bonne manière de nous rappeler à tous les contours et les limites de cette entité qui paraissait si floue, infinie et non finie jusqu’alors.
Pour terminer sur l’Egypte, notre sujet de départ, je laisse le mot de la fin à l’animateur et (brillant) humoriste Conan O’Brien, qui a tout compris : Bien utilisé, Internet est aussi un outil anti-révolution sacrément pratique pour tout gouvernement. Faut juste pas le couper.

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Bonus :
Chers lecteurs. Il est toujours et de plus en plus plaisant de découvrir vos commentaires durant le week-end et de s’y confronter. Dorénavant, les meilleures réflexions, qu’elles soient aussi courtes qu’une phrase bien envoyée ou longues comme une mini-dissertation, seront ajoutées à la fin de chaque chronique pour l’enrichir.
A vous de jouer !
Martouf (com #9) parle d’un beau fail au Luxembourg :
ça me rappelle un ami qui bosse au p&t luxembourgeois qui me disait que tout le réseau de communication du grand duché passe par les p&t, et ben un jour pour pas se déplacer un type d’astreinte a demandé à un agent de sécurité par téléphone de reseter une alarme a sa place, et bien sûr le pauvre gars a pousser sur le mauvais bouton, bref tout le pays s’est retrouvé sans internet, téléphone etc pendant 4H. Et ça sa date d’il y a 3 ans a peut-près je crois. faut pas rêver le réseaux est virtuel mais ça passe pas par 50 infrastructures différentes en vrai, c’est pas compliqué de débrancher la prise!
Franck Mée (les numériques) apporte un éclairage important sur le pouvoir du Président
Au fait, pour ceux qui disent qu’en France, personne peut demander aux FAI de couper le net : «Lorsque les institutions de la République [...] sont menacées [...], le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances». Constitution de 58, article 16.
Ce n’est que 30 jours plus tard et sur saisine des Assemblées que le Conseil Constitutionnel est invité à dire si «les mesures» sont encore justifiées.
Dans le cas qui nous occupe, il est évident que «les mesures» peuvent inclure l’ordre exprès aux FAI de fermer les tuyaux
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“Les Chroniques du Week End sont des réflexions de Lâm Hua sur la culture et l’industrie geek. Elles engagent les opinions de leur auteur et pas nécessairement celles de l’ensemble de la rédaction du JDG.”



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Le Journal du Geek
Doc K
5 fév, 2011, 18:15 #1Excellent article, bien construit, claire et franchement, j’aime le message :mrgreen:
Nos futurs accès au net seront peut être les Kalashnikov des révolutionnaires d’hier
Mais bon, la ruse est éventée du coup.
Je fais confiance à nos « dirigeants » pour apprendre des erreurs des autres « dirigeants », pour commettre les mêmes erreurs mais en mieux ? :mrgreen:
Bonne soirée à tous et beaux rêves
Bonakor
5 fév, 2011, 18:24 #2Formidable chronique, ça valait le coup d’attendre.
Bonakor
5 fév, 2011, 18:29 #3BTW, pour les Anonymous, Arret sur images a produit une émission sur eux cette semaine. Elle est sur leur site
Lâm
5 fév, 2011, 18:29 #4JE SUIS MORT
Et évidemment, mes excuses pour ce traditionnel retard.
Dona'
5 fév, 2011, 18:30 #5Chronique plus qu’excellente, comme d’habitude …
neruyzo
5 fév, 2011, 18:39 #6Il ne faudrait pas confondre état « semi-totalitaire » et « semi-libre », je pense que dans mon cas je rentrerais en contestation avec l’Etat et j’aurais bien aimé une lois interdisant une tel action en France.
Le troisième point et malheureusement le plus important, la coupure des communication bloquerait aussi complètement économie (banque entre autre) et je ne voudrais pas briser votre vision de la France mais les entreprises ont surement autant de poids que l’Etat …
Je suis d’accords avec votre ami une tel chose est impossible !
gilidan
5 fév, 2011, 18:39 #7En même temps c’est pas vraiment un retard…, vu que la chronique du week-end est publié le Week-End! hihi:)
En tout cas comme d’habitude ce sont les postes les plus long du JGD les chroniques…, je lirai tout ca quand j’aurai le temps :roll:
joplayer
5 fév, 2011, 18:44 #8Excellente chronique.
Je pense en effet que l’internet va prendre deux directions.
-L’internet « encadré » où peut à peut tout site à caractère illégal va disparaitre, contrôlé par le gouvernement qui ne peut s’empêcher aujourd’hui de détester ce réseau puissant dont il n’a pas le contrôle.
-Ainsi on va commencer à tous se tourner vers des solutions VPN, connections cryptées où là tout circulera de façon invisible
-Cependant les gouvernement ne vont pas apprécier cette liberté extravagante et n’aura pas d’autre solution que de couper le réseau quand ça ne lui plait pas. Le réseau privé aura alors un bel avenir devant lui et cette fois ce ne sera pas possible de l’arrêter.
Bref tout ça pour dire que dans le monde qu’est l’internet, plus quelqu’un cherche à le « brider » (gouvernements ou autres) plus des solutions alternatives vont fleurirent et échapper encore plus à leur contrôle.
martouf
5 fév, 2011, 18:49 #9ça me rappelle un ami qui bosse au p&t luxembourgeois qui me disait que tout le réseau de communication du grand duché passe par les p&t, et ben un jour pour pas se déplacer un type d’astreinte a demandé à un agent de sécurité par téléphone de reseter une alarme a sa place, et bien sûr le pauvre gars a pousser sur le mauvais bouton, bref tout le pays s’est retrouvé sans internet, téléphone etc pendant 4H. Et ça sa date d’il y a 3 ans a peut-près je crois. faut pas rêver le réseaux est virtuel mais ça passe pas par 50 infrastructures différentes en vrai, c’est pas compliqué de débrancher la prise!
kev
5 fév, 2011, 18:56 #10Je déclare la séance « je fais ma rubrique, dans la rubrique », ouverte.
Sk
5 fév, 2011, 18:57 #11Il me semble que le wimax à basse vitesse a une portée d’environ 7 kilomètres donc pourquoi attendre 2015
L’idée d’un réseau underground donne vraiment envie ^^
DeBrevan
5 fév, 2011, 19:03 #12Cette chronique du week-end est très intéressante. Tu mets en avant des questions que je ne m’étais pas forcément posé (si on coupe internet en France, quelle sera la réaction ?), et les propositions de réponses me semblent pertinentes.
On a tendance à penser qu’internet tel qu’on le connait est invincible et, bien qu’attaqué, il sait se défendre en tapant là où ça fait mal. Mais plus ça va plus internet est fragile.
Si la liberté, l’accès au savoir et à cet esprit communautaire que nous avons et apprécions tous veut perdurer, son évolution est nécessaire. Internet va devoir muer pour ne pas devenir l’outil de gouvernements peu scrupuleux.
Bref, merci pour cette chronique ! Au plaisir de te lire prochainement.
xandersx
5 fév, 2011, 19:03 #13Comme toujours, une chronique qui apporte son lot de questions à se poser et un regard qui peut faire frissonner, parfois de curiosité, parfois de crainte.
Lâm, ta vision de 2015 fait peur mais elle paraît davantage réelle et possible à mesure que le temps passe. J’aimerai dire que j’espère sincèrement que rien ne fera évoluer la situation dans le sens rébellion d’internautes discrets VS empire du tout-contrôlé intergouvernemental, mais depuis le début des débats HADOPI, rien ne permet d’alimenter un quelconque optimisme à ce sujet.
Merci de cette chronique fort intéressante, j’attends avec impatience ces prochaines màj, le débat promet d’être passionnant.
Toshiba
5 fév, 2011, 19:15 #14Sale hacker !
Oui bon je sors ..
Man
5 fév, 2011, 19:15 #15Eh oui, l’internet et ses paradoxes. Comme les autres médias d’ailleurs, il permet l’information et la désinformation. Qui dit quoi ? L’anonymat peut aussi fausser les informations.
Pour le cas iranien par exemple, cela me rappelle un article du Figaro (je ne pense plus qu’il soit accessible), où finalement, on pouvait lire qu’apparemment, les Iraniens en Iran ne touchent finalement pas tellement à Twitter : « Beaucoup d’informations mises en ligne ne proviennent pas directement d’Iran mais de la diaspora iranienne. Certains connaisseurs des réseaux en farsi expliquent que le buzz vient essentiellement des internautes étrangers entre eux, et que l’impact de Twitter par exemple, est nul… à part dans la mobilisation de l’opinion publique internationale » (cf. http://bit.ly/i6K8MD).
Ensuite, pour ce qui est de la censure, c’est vrai que cela paraît assez invraisemblable d’avoir une telle situation en France (sans que cela ne signifie que ce soit impossible). Mais après tout, comme l’article y fait allusion, sans qu’il y ait une censure radicale, complète, cette censure peut se faire par ciblage, que ce soit sur internet ou ailleurs. On a l’exemple de la chaîne Al-Manar qui s’est faite rejetée du territoire français par exemple (étrange que son site internet passe, d’ailleurs).
Finalement, c’est tout simplement la bataille (et le contrôle) des médias qui se poursuit. Une bataille menée plus ou moins intelligemment…
Rouget
5 fév, 2011, 19:19 #16Pain et misère, voilà les vraies causes de la révolution.
Internet serait alors un moyen d’affirmer la révolte, de la catalyser ? En voilà une qui oriente bien plus le cours d’une révolte : l’armée ! Les chars, les flingues, les mecs en treillis, on l’oublie un peu facilement. Dans les deux pays en question, malgré une police active ou non, l’armée s’est plus ou moins rangée aux côté des populations.
Bref on surévalue largement l’importance d’Internet dans ce genre d’évenements (la lecture des révoltes par Todd est plus intéressante par exemple, « Operation Tunisia » krkrkr). Et le fait de voir s’inquiéter des Français de perdre leur connexion Internet en regard de ce qui se passe là-bas est un peu ridicule.
Dernier truc : Et si Internet, fol espace de libertés, pouvait servir d’instrument de propagande pour des dictatures un peu plus au courant de ces technologies au lieu de les interdire simplement ou de penser que ça ne sert qu’à la jeunesse pour s’amuser (Ben Ali à propos de Facebook) ?
ag
5 fév, 2011, 19:26 #17d’un côté, internet est un formidable moyen de « propagande » pour un gouvernement, on le voit en chine et dans pas mal d’autres pays, avec les gars payés par le gouvernement pour laisser des messages élogieux sur les forums.
Mais c’est un outil à double tranchant.
donc, quelle direction vont prendre les Etats, c’est là question…
on verra avec leur décision si le pays en question se rapproche d’un état plutôt « semi-totalitaire » ou plutôt « semi-libre »…
En tout cas, belle chronique, encore une fois
Robkins
5 fév, 2011, 19:29 #18Cette semaine la première source d’information des Français – c’est-à-dire le JT de 20h – ouvre son journal plutôt sur la victoire de l’équipe de France de handball que sur les révolutions en cours.
La raison ? C’est parce nos amis du service public et des chaînes d’information ont constaté de chutes d’audimat durant la période des JT « Egypte/Tunisie »… En effet, les Français se désintéressent de plus en plus de ces conflits étrangers…
Une erreur grave, lourde de conséquences, et ce à trois niveaux :
1- A amener la presse à choisir ses sujets plus scrupuleusement, vous noterez que la Côte d’Ivoire a été complètement éclipsée du débat, ce qui conforte le pouvoir du président sortant Gbagbo (C’était aussi le cas en Iran en 2009 grâce à la mort de Michael Jackson.)
2- C’est la suite du patrimoine historique Français qui se joue en Tunisie.
3- Se désintéresser de tels débats, c’est se priver de réflexions populaires qui peuvent faire sensiblement évoluer notre République. Ici, la réflexion sur Internet s’applique aussi chez nous… Comme le dit Lâm, ce n’est pas parce qu’on est « en France » qu’il faut se conforter dans l’idée que nos libertés, notamment celles relatives à ‘Internet, sont automatiquement respectées.
Au vu de la place croissante que prend Internet dans nos vies, la toile se doit d’être un vecteur de réflexion dépassant les frontières. Utiliser Internet comme un simple outil technique, c’est oublier sa capacité formidable à créer une communication et un débat et non seulement à faire transiter l’information. Ici, l’accès à Internet est un privilège qui se doit de nous amener à réagir sur des débats tels que ceux évoqués dans la chronique. C’est sinon nier le facteur humain, prépondérant sur le Web, qui fonde toute sa sincérité et sa pertinence en tant que reflet d’une conscience globale.
Source : http://www.lepoint.fr/reactions/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta.php?article=panne-d-audience-des-jt-de-ferrari-et-pujadas-27-01-2011-1288564_52
C’est légèrement hors-sujet, mais ça me tenait à cœur…
Niocwy
5 fév, 2011, 19:31 #19C’est peu ou prou les mêmes conclusions auxquelles je suis arrivé en réflechissant à la chronologie des évènements jusqu’ici. Une multitude de réseaux, comme une multitude de « chaînes » d’internet comme il y en avait à la télévision ou la radio ? Certaines plus légales que d’autres… ou la victoire de la globalisation et…?
Toujours est-il que l’internet que nous connaissons connaît de grands bouleversements depuis quelques temps, et dans quelques années, l’internet sous sa forme actuelle aura peut être complétement disparue…
Et une évolution pareille, quel qu’en soit le sens, a toujours un prix…
roselan
5 fév, 2011, 19:36 #20Je crois qu’internet sera vu par les historiens des siècles prochains comme un rayon de soleil, ou plutôt un far west digne des western spaghetti.
Au fur et à mesure que la société s’installe sur internet, ses règles aussi. Dans ce contexte, il est normal que les notions de frontières, de gouvernement, et police y apparaissent.
La notion d’un second réseau « underground » me semble paradoxale. En effet, les avantages que celui-ci offrirait attireront plein de gens, et le cycle recommencera.
La bonne nouvelle est que les entraves gouvernementales apparaissent seulement maintenant. j’imaginais en 2000 qu’internet tel que nous le connaissons aujourd’hui n’avait que que deux ou trois années à vivre. J’espère que c’est un indice pour le futur, et que l’innovation gardera toujours un pas d’avance sur la réglementation, et pas seulement dans le cadre d’internet.
wiwiki
5 fév, 2011, 19:43 #21Thibault L.
5 fév, 2011, 19:53 #22Article informatif, alarmant, et très bien écrit. Bravo pour la sensibilisation et merci!
siby117
5 fév, 2011, 20:29 #23très bonne chronique qui résume très bien la situation égyptienne, mais il ne faut pas oublier que la cause majeure de cette coupure est la crainte de Moubarak desréseaux sociaux : ces-derniers auraient permis aux égyptiens de se donner rendez-vous…
Le problème, c’est que la guerre civile pourrait faire partir Moubarak (pas tellement un problème, me direz-vous) mais aussi faire venir les islamistes au pouvoir, ce qui pourrait être une réelle menace pour l’Europe.
ziommm
5 fév, 2011, 20:48 #24Mais ce qui me laisse perplexe, c’est le rôle que pourra bien jouer cette génération élevée à coup de facebook/skyrock dans cette hypothétique « guerre » …
John
5 fév, 2011, 20:49 #25Grandiose cette chronique! La meilleure que j’ai jamais lu! Bravo!
toinolais
5 fév, 2011, 20:53 #26Magistral, éducatif, généreux, réfléchi, avec un soupçon d’humour noir et de paranoïa : cet article est, comme beaucoup de chroniques du WE, une bombe !
Bravo Lâm et merci !
remidot
5 fév, 2011, 21:36 #27J’aime bien ta vision de 2015 et de ses réseaux décentralisés, ce serait carrément plausibles. D’autant plus que les bornes WiMax n’ont pas une portée entre 2 et 5km, mais plutôt de 50 km. Oui, certes, dans des conditions optimales, mais ce serait faisable avec les moyens qui existent aujourd’hui.
Meporg
5 fév, 2011, 21:49 #28Au tant, la chronique de la semaine dernière était moyenne mais celle ci ! BRAVO Mr LAM. J’ai vraiment le sentiment que tu as potassé ton sujet, que tu as discuter avec des personnes, qui ont un avis différent du tien et que cela à enrichi ta chronique.
Je pense aussi que internet ne tiens pas à grand chose (un bouton, une prise) mais quelles seront les répercussions de cette coupure ? Révolution, interrogation ou rien ?
En tout, cas merci encore Mr LAM de m’avoir cassé la tête et de me donné envie de réfléchir par moi même.
Vendome
5 fév, 2011, 21:55 #29Réflexion intéressante car elle apporte au grand public ce qu’il est incapable de penser par lui-même.
Cependant, elle arrive bien trop tard. Cela fait des années que des milieux underground développent les idées évoquées ici, tout en étant limitrophes de l’avant-gardisme.
La pluralité et la fragilité du net sont évoquées ici, mais il aura fallu qu’elles touchent à l’évidence pour être partagées. C’est dommage.
Au moins, elle a le mérite d’exister.
Superpopo
5 fév, 2011, 22:25 #30Bien vu l’idée de l’internet du peuple par le wimax. Mais cela veut il dire que pour être libre il faut s’attendre a mourir d’un cancer généralisé après radiation d’un réseau wimax :?:
En même temps faut pas rêver, le système et les lobby ont toujours étés plus forts que nous donc l’issue de ce combat est déjà écrite…
DiezeDouze
5 fév, 2011, 22:31 #31Lâm, merci pour ta chronique. Penses-tu que les gouvernements se laisseront ainsi distancer? Les futurs volets d’Hadopi/Loppsi pourraient aussi imposer des restrictions matérielles, interdisant ainsi à la source l’existence de réseaux parallèles. Ou plus vicieux encore, intégrer des mouchards dans le hardware même (à la manière de ce qu’avait proposé le gouvernement Chinois avant de faire marche-arrière); et je dois dire que Sandy Bridge ne me rassure pas sur ce point…
Bon, on peut se douter que, comme les détecteurs de radar, on pourra toujours importer, voire disposer de manuels pour monter soi-même son point d’accès sécurisé pour les plus courageux…
C’est vraiment triste d’avoir à penser ce que pourrait être un futur dans une démocratie qui nous « protège » de nous même (hum…) et contre notre volonté…
Bon week-end!
Oxygen
5 fév, 2011, 22:57 #32Excellente chronique! Merci Lâm!
Je pense qu’une coupure internet ferait plus facilement sursauté les plus jeunes d’entre nous, simple question d’habitudes quotidiennes… Pour mes parents se ne sera jamais que la fin des mails et… rien de plus!
En tout cas, je serai le premier à faire cramer la république et tout ses beaux bâtiments à 100,000,000$! :twisted:
travail a domicile
5 fév, 2011, 23:48 #33très bon article , et surtout ta Chronique , elle est formidable et très intéressante ! c mon avis quand même
Brolot
6 fév, 2011, 02:30 #34Si un jour notre président coupait l’internet, cela nous importerait peu, car cela serait déjà la Révolution. Et soyez en sur, ce moment approche.
DarJee
6 fév, 2011, 02:37 #35Moi avec toute cette censure d’internet, ces mouchards et cette peur de l’internet libre qu’ont nos chères dirigeants, j’y vois surtout un nouveau « Mai 68″. Une sorte de révolution, de ras-le-bol exprimé par cette nouvelle génération (qu’est la notre, ou la prochaine) qui a vécu et grandi avec internet et ses possibilités. Eh ça, ça pourrait être chouette à vivre
5k1773r
6 fév, 2011, 02:44 #36Si on éteint tous les serveurs, en effet plus personnes n’a accès à internet.
Par contre, en cas d’attaque nucléaire (par exemple) sur un site spécifique (région, ville), la fourniture d’internet perdure et il est toujours possible de faire transiter des informations par internet.
Je ne suis pas certains que le but initial était de permettre un accès total à internet sans aucun moyen de l’arrêter.
Pour moi, le « kill switch » ne va pas à l’encontre de la problématique du point de blocage (en cas d’attaque militaire) et je pense même que la possibilité de couper le réseau en cas d’urgence nationale faisait sans doute partie du cahier des charges.
Ce n’est qu’un avis ;).
darklinux
6 fév, 2011, 07:49 #37Pour plus de précisions sur la guerre qui s ‘ annonce lisez » Cryptonomicon » de Neal Stephenson
minette
6 fév, 2011, 08:32 #38En attendant, peut être faudrait-il favoriser la prolifération d’opérateurs alternatifs, histoire d’augmenter la probabilité d’une désobéissance si l’ordre de couper les serveurs était un jour donné ?
Laurent r
6 fév, 2011, 11:10 #39Vive le wimax de 2015 !
Plus serieusement un article solide laissant entrevoir une nouvelle ere de conflits mondialistes pouvant causer la perte de l humanite…
Ca fait froid dans le dos…
Dal
6 fév, 2011, 11:18 #40Chronique très intéressante !
Doubidoudom
6 fév, 2011, 11:46 #41Encore bravo pour cette chronique et le boulot qu’il y a derrière; Comme d’hab un bon point de départ pour discuter et réfléchir.
À la semaine prochaine
evilspoon
6 fév, 2011, 12:02 #42Un blackout dans un pays comme le notre me semble totalement fantasmé: si la solution est évoquée aux Etats Unis, elle ne serait réellement effective que sous certaines conditions strictes. Tout comme chez nous d’ailleurs: un gouvernement NE PEUT laisser un pays dans un de ces piliers. L’article/analyse sympa occulte totalement tout l’aspect économique d’une telle mesure. Ceux qui gouvernait en Egypte, ne sont pas ceux qui gouvernent chez nous.
L’évolution la plus logique et pas la moins belle, serait une « restructuration » du web par un gouvernement. Et là, des loi comme LOPSI prendraient tout leur sens: au revoir megaupload, rapideshare et consors…comment utiliser un site dont on ne soupçonnerait pas l’existence ? Par contre, un pouvoir comme le notre ne le maitrise pas et en a clairement peur (voir les interdiction des appéros facebook: pour info à clermont il n’y a eu aucuns problèmes et des tonnes de flics. Quelques semaines plus tard: victoire de l’ASM: centre ville plein à craquer, pas de flics, ambulance toutes les 5mins…deux poids, 2 mesures…)
Censure et contrôle oui, blackout dans des cas extrêmes: mais désolé une énorme masse de gens ne l’utilise que très peu, le net :roll:
Rémi
6 fév, 2011, 12:26 #43En effet, même si cet article parait surpuissant et comme donnant les pleins pouvoirs au Président de la République, il n’a été utilisé qu’une seule et unique fois, lorsque les militaires proches de l’Algérie française avait tenté de renverser le Président De Gaulle.
Il faut ensuite préciser que son application est soumise à deux conditions : une menace GRAVE et IMMÉDIATE sur les Institutions de la République [...] (l’interprétation des deux termes en majuscules laisse en suspend un bon nombre de question) et ensuite il est exigé l’interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels, ce qui apparemment, laisse à penser que les pouvoirs publics administratifs ne sont pas visés ici, encore une fois des questions d’interprétation sont laissées en suspend.
Il faut aussi dire que l’application de l’article est précédé de nombreuses consultations (Premier Ministre, Président de l’Assemblée Nationale, Président du Sénat et enfin Conseil constitutionnel) qui, même si elles ne lient pas le Président, ce dernier n’étant pas obligé de suivre les avis qui lui sont émis, auront une importance considérable du fait de la place qu’occupe les consultés au sein de la République Française et de manière moins globale, au sein des institutions.
Il est bien évident que les « mesures » peuvent « inclure l’ordre exprès aux FAI de fermer les tuyaux » cependant, je doute fortement que cela puisse arriver, d’une part parce qu’un soulèvement populaire comme celui qui a eu lieu en Egypte parait, pour le moment au moins, totalement invraisemblable en France, d’autre part parce que dans le cas ou ce dernier arriverait que la « gestion » de ce même soulèvement ne se fera pas par le biais de l’éventuelle application de l’article 16 mais par des mesures concrètes évitant ainsi de donner les pouvoirs « à un seul homme », concept combattu durant des centaines d’années, maintenant, en France.
Je ne dis pas que l’application de l’article 16 ne verra plus le jour, je répète juste qu’il faut prendre beaucoup de recul vis à vis de celle ci, surtout quand elle touche des questions comme celle de la communication en général puisque cette dernière a pris une place importante dans la vie de tous les français et que de ce fait, une mauvaise application de l’article en question pourrait avoir des conséquences majeures pour le Président et son gouvernement (je pense ici notamment au renversement de ce dernier mais aussi à l’opinion publique vis à vis du Chef de l’Etat…)
Tal
6 fév, 2011, 12:40 #44« La destruction d’internet par les gouvernements a été prédite en 2000 déjà »
Et effectivement elle s’est faite attendre. Nous avons simplement profité de l’ignorance crasse de nos gouvernements, qui ont mis beaucoup trop de temps à comprendre qu’Internet n’était pas un « Minitel 2.0″. Et ils ont surtout mis beaucoup trop de temps mettre en place ce minitel, sans voir que pendant ce temps là, Internet n’était plus un territoire vierge, de nombreux pionniers avaient des années d’avance sur eux. Ce qui fait que les grands régents de notre monde ne réagissent que maintenant, et frustrés de leur retard ils réagissent radicalement. De la même façon que les majors de la musique et du cinéma bataillent pour imposer des sanctions et des taxes en accusant tous les internautes d’être des pirates, alors que de leur côté ils n’ont jamais mis en place de réelle alternative au piratage… de la même façon mais en bien plus dangereux, les gouvernement ne comprennent que maintenant qu’Internet n’était pas qu’un support pour déclarer ses impôts en ligne. Et leur réaction est édifiante, ils souhaitent maintenant être capable de couper Internet d’un seul coup, dans le but d’empêcher les gens de communiquer et de se regrouper ! D’empêcher les gens de penser différemment de ce que l’on a décidé pour eux !
Enfin notre gouvernement français n’a pas de souci à se faire, apparemment le message « rassurez-vous ceci n’arrivera jamais en France » a bien été gravé dans les esprits, impeccable !
Je ne sais pas pour vous, mais moi je pense que le point Godwin est proche.
Santravail
6 fév, 2011, 12:43 #45A quand une chronique : « l’inexistence du chômeur sur la toile ». Une fois la révolution terminé (en France ?), grâce ou avec le net, pourquoi ne pas continué à ce battre pour les chômeur avec ce support, de mon côté, je ne vois rien venir malgré mes tentatives. Merci pour eux.
Boudieu
6 fév, 2011, 12:59 #46Ouais bien sûr, les médias ont bien vendu Mai 68 quand même :mrgreen:
Moi, dans cette nouvelle génération, j’y vois surtout des jeunes qui ont pas un avenir radieux niveau pro, et qui tue son temps libre à discuter en messagerie instantané et poster des photos sur leur skyblog. :mrgreen:
Ça sera effectivement chouette à vivre de voir des mecs se plaindre en messages « stylés » avec des caractères trop kikoolol qui remplacent des lettres parce que ça se ressemble trop :mrgreen:
Rêve pas, cette génération elle se battra pour rien, parce qu’elle aucune raison de le faire. Avec le chômage des jeunes, les fac remplies à ras bord et qui offrent peu de débouchés, les Bac+5 qui finissent en caisse aux supermarché, les derniers espoirs de méritocratie qui se sont envolés (ha ben ouais, la révolution française a fait partir le roi pour amener les « bourgeois » au pouvoir et qui ont pu en profiter pour entretenir son pouvoir, par exemple avec le copinage où ton pote fils de médecin pourra rater complètement ses études, il finira dans une grosse boîte sans diplôme avec un salaire indécent parce que papa connait le DG, toi tu seras bardé de diplômes, tu trouveras pas de boulot direct et tu seras ensuite payé bien moins que ce que tes profs t’avaient promis, et je parle pas de Mai 68 où les anciens « hippies » sont devenus bobo parisiens qui fricotent avec les classes politiques qu’ils décriaient à l’époque :mrgreen: ).
Non, cette génération ne bougera pas d’un pouce, elle se plaindra juste oralement. Prendra peut être part à certaines initiatives avec naïveté, et se feront choper parce qu’ils ne se seront pas assurés d’être anonymes :mrgreen:
bobmlb
6 fév, 2011, 13:05 #47A la base le « net » c’est le réseau arpanet , et ce n’est pas vraiment ce que l’ont a aujourd’hui.
Le « net » actuel (adsl) est beaucoup plus fragile puisque dépendant du fournisseur, en RTC une ligne de tel classique suffit, c’est déjà plus solide, mais pas de beaucoup puisque les réseaux de tel peuvent être coupé aussi rapidement (avec des conséquences grave sur l’accès au secours par exemple) depuis qu’ils sont « tout numérique »
Avec les 2 crises récente les états on réaliser l’importance que pouvait avoir le réseau pour les population, et ce qu’il peut généré (révolutions), j’imagine que le même raisonnement a toucher tout les responsables politique (du dictateur a notre prince élue), la liberté d’expression et la circulation de l’information c’est le mal !! (Les entreprises pensent pareil, qui a dit appeul ?)
Il est par contre évident pour moi que si l’ont peut crée un réseau privée via wimax entre amis ce réseau finira pas s’imposer, rien que pour une question de sécurité et de cout (je mets a dispo sur mon réseau wimax mes fichier musiques et films). 5KM à vol d’oiseau ca permet d’avoir plein d’amis dans la zone de couverture, et chaque ami augment la portée dans sa direction, c’est mon espoir pour le réseau du future. Une fois la « taille critique » atteinte ce réseau deviendra autonome, mais je ne me fait pas trop d’illusion, nos cher gouvernant pondront des lois au KM pour que cela ne se fasse pas. (Et ils n’y arriveront pas)
Apres il suffit de couper l’électricité… mais un gouvernement qui en arrive la va de toute façon tomber…
Cela fait déjà quelques années que le notre (de gouvernement) gesticule dans tout les sens pour bridée le réseau et essayer d’en prendre le contrôle, avec le résultat que nous avons…
J’ai déjà eu ce débat avec plein de monde, beaucoup pensant qu’il fallait « réguler le net, parce que plein de monde dit n’importe quoi », dans ce cas il suffit de répondre : « dans l’histoire de l’humanité est ce que vous avez déjà vue un gouvernement ne pas utiliser un outil lui permettant de contrôler la population ? Non ? Alors ne les laissons pas mettre en place ces outils, même si les actuelle ne s’en servent pas, le suivant ne fera pas forcement pareil… »
dayedayedaye
6 fév, 2011, 13:22 #48magnifique chronique félicitation !
___IcMp
6 fév, 2011, 13:45 #49un très bon papier. Très bonne approche.
Effectivement le net est de plus en plus contrôlé. Et je rejoins ton idée de la création de nouveaux réseaux parallèles avec des bornes WiMax. C’est le même principe que la PirateBox. Si cela continue comme sa on y arrivera. Et c’est fort dommage.
KaWaXXX
6 fév, 2011, 14:18 #50C’est vrai que c’est relativement simple de foutre le bordel sur Internet. Je suis encore étudiant dans les réseaux et télécoms et un prof nous avait parlé d’un pays je ne sais plus lequel au moyen-Orient qui par erreur sur une ligne de commande sur un routeur international se retrouvait à droper (jeter) des paquets venants du monde entier. Des paquets qui faisait partie de plages entière d’adresses IP étaient routées vers cet équipement qui les détruisait tout simplement.
Le problème c’est enfaite que les opérateurs sont obligé de fonctionner sur la confiance car il ne contrôle pas chaque nouvelle mise à jour de leur table de routage (et c’est tout simplement impossible) qui sont annoncées par les équipements d’opérateurs voisins.
Donc un gouvernement qui veut mettre le bordel il fait un coup dans le genre avec un seul de ses opérateurs et c’est réglé et pas limité à son seul pays.