SpaceX vient de faire son entrée en bourse et comme souvent avec tout ce que touche Musk, ça a explosé (bon ok avec le dernier essai de fusée, le mot n’est peut-être pas super bien choisi). La valorisation du groupe aérospatial a atteint environ 2 240 milliards de dollars, dont Musk contrôle à peu près 42 % du capital. Sa fortune qui tournait encore autour de 835 milliards début juin a vécu une véritable ascension. Le voilà désormais assis sur 1 200 milliards de dollars.
Pour contextualiser ce chiffre et éviter qu’il reste une abstraction : c’est à peu près l’équivalent du PIB annuel de la Suisse ou de la Pologne. C’est trois fois la valeur des réserves d’or de la Banque de France. C’est aussi, au rythme de croissance observée ces derniers mois, plus d’un million de dollars de gain par minute selon. Par minute. Pendant que vous lisiez ce début d’article, Musk a peut-être encore gagné 1 à 2 millions de dollars de plus.
Un empire bâti sur la fusion
Cette explosion de richesse n’est pas tombée du ciel, elle est le fruit d’une stratégie d’intégration poussée à l’extrême. En février 2026, SpaceX a absorbé xAI, la boîte d’intelligence artificielle de Musk à l’origine de Grok, qui avait elle-même avalé X (l’ex-Twitter) un an plus tôt. Un empire gigantesque donc, qui regroupe désormais l’internet par satellite via Starlink, le réseau social, la fusée et l’IA sous un même toit. Tesla reste en dehors de cette structure, mais n’en alimente pas moins son patrimoine.
Le tout a triplé depuis fin 2024, où sa fortune stagnait à « seulement » 400 milliards. En dix-huit mois, il a donc ajouté 800 milliards à son nom. Pour comparaison, Bill Gates plafonne à 100 milliards, ce qui est évidemment gargantuesque, mais commence à faire pâle figure en comparaison. Attention tout de même, il faut bien prendre en compte que cet argent n’est évidemment pas disponible sur son compte en banque.
La fortune de Musk est quasi intégralement théorique. Le jour où Tesla prend un coup, Musk perd des dizaines de milliards en une journée, et ça lui est déjà arrivé à plusieurs reprises d’ailleurs. À croire que rompre des promesses faites à tout bout de champ que les investisseurs et les clients ont de moins en moins confiance en Musk, qui l’eu cru ?
Ça ne change pas grand-chose au débat moral, pour être honnête. Même si on imagine un jour une catastrophe en bourse et une décote de 50 %, on parle encore de 600 milliards. Et là, difficile de trouver un argument sérieux pour justifier qu’un seul individu accumule une telle concentration de capital pendant que, rappelons-le selon Oxfam, il serait à lui seul plus riche que les 46 % les plus pauvres de la population mondiale réunis, soit 3,8 milliards de personnes.
Alors que va-t-il faire de tout ça ?
On vous prévient de suite, la réponse va est assez déprimante. Musk ne dépense pas vraiment, il réinvestit. Toute sa stratégie depuis ses débuts chez Zip2 consiste à ne rien garder pour lui et à tout réinjecter dans le prochain projet à haut risque. Ce qui, soit dit en passant, a l’air de plutôt bien fonctionner.
Mais on peut aussi pointer du doigt ses aventures politiques récentes. Son passage comme « Special Government Employee » à la tête du DOGE, ce département fantoche chargé de tailler dans les dépenses fédérales américaines, avait déjà soulevé des questions légitimes sur l’influence qu’un homme aussi riche peut exercer sur un gouvernement. L’introduction en bourse de SpaceX va d’ailleurs remplir les poches de proches du pouvoir, dont Donald Trump Jr. et Jared Isaacman, l’administrateur de la NASA. Cercle fermé, comme toujours.
Parce que c’est là le vrai problème avec une fortune à 1 200 milliards : ce n’est plus de la richesse, c’est du pouvoir brut. La capacité d’orienter des industries entières, d’influencer des gouvernements, de décider seul de l’avenir de l’internet spatial ou de ce qui circule sur X. Sans actionnaire majoritaire pour dire non, sans contre-pouvoir réel, sans mandat démocratique d’aucune sorte.
Devenir le premier trillionnaire de l’histoire humaine, c’est un record. Mais de là à que ce soit une bonne nouvelle pour le reste de la planète… Pas sûr que Musk utilise une partie de cette fortune pour mettre fin à la faim dans le monde un jour si vous voulez mon avis.
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