Passer au contenu

Argus, le robot à 20 jambes qui part dans tous les sens

Des chercheurs américains ont conçu Argus, un robot qui ne ressemble ni à un humanoïde, ni à un quadrupède, ni à grand-chose de connu. Avec ses 20 jambes télescopiques, ses caméras de profondeur et son absence totale d’avant ou d’arrière, cette machine montre qu’en robotique, copier le vivant n’est pas toujours le chemin le plus efficace.

Dans la grande famille des robots, il y a ceux qui veulent marcher comme nous, ceux qui courent comme des chiens mécaniques, et ceux qui volent avec des hélices. Argus a visiblement décidé de ne pas choisir. Développé par des chercheurs de l’université Duke, ce robot contient 20 jambes télescopiques réparties autour d’un noyau central. Pas de visage, pas de « museau », pas d’avant, pas d’arrière : il peut partir dans toutes les directions sans avoir à se retourner.

Ni humanoïde, ni chien robot : autre chose

Cette drôle d’architecture n’est pas qu’une coquetterie de laboratoire. Elle repose sur un principe mathématique baptisé « isotropie dynamique ». L’idée : concevoir un robot capable de bouger avec une efficacité aussi uniforme que possible dans toutes les directions. En clair, il ne doit pas être très bon pour avancer, mais beaucoup moins bon pour reculer ou se déplacer de côté. Il doit être à l’aise partout.

Selon l’équipe, la plupart des robots modernes, y compris les quadrupèdes avancés, les humanoïdes et les drones classiques, obtiennent un score inférieur à 0,6 sur cette mesure. Argus atteint 0,91, un résultat proche du maximum théorique. Avant d’en arriver là, les chercheurs ont simulé plus de 1.500 configurations différentes afin de trouver une forme proche de cette limite idéale.

Le robot final repose sur une géométrie régulière de dodécaèdre, une structure à 12 faces pentagonales. Cela permet de répartir les jambes, les forces et les capteurs de manière très homogène. Chaque jambe est équipée d’une caméra de profondeur, ce qui donne à Argus une perception de son environnement dans toutes les directions. Pas besoin de tourner la tête : il en a, en quelque sorte, partout.

Les essais menés sur le campus de Duke montrent que l’idée ne reste pas coincée dans les simulations. Argus a été testé sur du sable, de l’herbe, du béton, des sentiers forestiers et des surfaces mouillées. Il peut continuer à se déplacer quelle que soit son orientation, franchir des obstacles de 12,7 cm et retrouver rapidement son équilibre après avoir été poussé.

Argus reste avant tout une démonstration de recherche. Mais il pose une question amusante et très sérieuse à la fois : pourquoi faudrait-il absolument que les robots aient deux bras, quatre pattes ou un sens de marche bien défini ? Dans certains cas, la meilleure réponse pourrait très bien être une boule mécanique à 20 jambes, capable de voir partout et de ne jamais se demander où est l’avant.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Source : Eurekalert

Mode