Dans la vie il existe deux types de personne : ceux qui disent qu’il existe deux types de personne et les autres. Dans un cas comme dans l’autre, rares sont ceux qui ont déjà entendu parler de la marque Sharkoon et pour cause : très peu distribuée en France, elle est d’abord connue dans nos contrées pour ses ventilateurs et ses kits de refroidissement pour cartes graphiques.

Un marché de niche donc et c’est la raison pour laquelle le constructeur développe petit à petit son portefeuille d’offres en proposant notamment des boîtiers, claviers, mais aussi des casques et souris et c’est d’ailleurs l’une d’entres elles que j’ai testé pour vous aujourd’hui.

Devant l’engouement suscité par l’article consacré à son lancement ici, je n’ai pas pu résister à l’envie de contacter le constructeur afin de poser mes mains sur ce qui a tout l’air d’une excellente affaire en ce milieu d’année 2012. La Sharkoon Drakonia promet l’expérience du haut de gamme au prix de l’entrée de gamme pour les joueurs et c’est particulièrement sous cet aspect « budget » que j’aborde avec vous ce test.


Design & ergonomie

Dire que la Drakonia ne passe pas inaperçue ne mériterai même pas un « Bazinga » tellement l’affaire est entendue : son revêtement en plastique brillant aux motifs d’écailles vertes (que l’on suspecte de dragons, forcément) risque de ne pas faire l’unanimité.

On regrette naturellement qu’un modèle noir uniforme ne soit pas disponible mais après tout, il n’appartient qu’à la communauté de se manifester en ce sens (moi le premier).

Il n’est en effet pas rare que devant le succès d’un modèle, le constructeur en réalise différentes variantes pour satisfaire un public varié.

En terme de fonctionnalités, on retrouve un ensemble de 11 boutons répartis de la manière suivante : trois sous le pouce, cinq sur le capot et un au niveau de l’auriculaire. Alors vous me direz « là ça fais neuf m’sieurs » oui mais voilà, chose assez rare pour être remarquée, la molette de la Drakonia peut être actionnée dans les deux axes latéraux en plus de la pression du clic central portant le total à 11.

Non contente de nous proposer à 30 euros (on le rappelle) une fonctionnalité manquante chez certains périphériques à 70 euros, la Drakonia enfonce encore un peu le clou avec un système de gestion du poids *de série* s’il vous plaît.

Par incréments de cinq grammes, les six poids en métal pourront faire osciller le poids de la souris entre 120 et 150 grammes. Moi qui accorde une certaine préférence aux souris lourdes et massives, c’est tout logiquement que j’ai laissé l’intégralité des poids à l’intérieur de leur logement.

Pour revenir au design général de la souris, gauchers passez votre chemin. Sans surprises, la Drakonia s’adresse aux « gentils droitiers » alors que les « méchants » devront se rabattre sur un produit différent. On regrettera toujours le manque de créativité des constructeurs dès lors qu’il s’agit de réaliser une souris ambidextre ni trop pauvre en fonctionnalité ni trop… moche tout simplement.

La souris est livrée avec des patins en téflon de rechange, un CD de pilotes à éviter autant que faire ce peu et une pochette de transport qui ne fait vraiment pas honneur au produit, mais à ce prix…

Finissons avec le sujet qui fâche : le fameux revêtement plastique. Alors oui, la Drakonia est proposée à un tarif plus qu’abordable compte tenu des fonctionnalités que nous avons pu découvrir jusqu’à présent.

Je peux comprendre que chaque produit se doit de posséder une identité propre (passage obligé vers la postérité) il n’empêche qu’un plastique anti-adhésif de qualité modeste aurait très certainement contribué à la prise en main de la Drakonia après plusieurs heures de jeu en période estivale.

Ce n’est pas une catastrophe loin de là, avec ses 150 grammes (poids compris), la Drakonia tient bien en place mais on regrette tout simplement cette sensation d’humidité sous la paume de la main.

En jeu

L’épreuve du feu pour la Drakonia qui aura subi moult tortures, la faute aux soldes Steam. Si l’on avait un peu peur de l’aspect « entrée de gamme » dégagé par la coque de la souris, ces sentiments s’effacent vite une fois en jeu : la Drakonia se montre ferme et sans fausses notes.

Diablo III

Clic pour looter, clic pour lancer une quête, longue série de clics pour se déplacer… Tous les joueurs de Hack n’ Slash se reconnaîtront dans cette interminable successions de clics nécessaires afin de faire virevolter boyaux et tripailles. Dans cet exercice, la Drakonia s’en sort bien, même très bien malgré le fait qu’on a quand même la mainte moite, la faute en partie au mode hardcore qui stresse un peu.

Mass Effect III Multiplayer

Je ne sais pas pour vous, mais le multijoueur de Mass Effect III m’a agréablement surpris à tel point qu’il a remplacé Mirror’s Edge dans ma sélection de jeux « détente » du dimanche après-midi.

Mais je m’égare, le mode multijoueur du dernier titre de Bioware fait la part belle aux souris à fort DPI puisque les mouvements des personnages souffrent d’une inertie à toute épreuve.

Et c’est là que le double curseur de choix de la sensibilité prends tout son sens : la Cyborg M.M.O 7 étant ma souris principale en ce moment, j’ai retrouvé avec plaisir la possibilité de passer d’une sensibilité A à une sensibilité D sans devoir enchaîner B et C inutilement.

Sur Mass Effect, tout devient simple : Sensibilité supérieure (env. 1600 dpi) pour les déplacements sur la map, 800 dpi pour la visée. On parvient à switcher rapidement entre les sensibilités et c’est l’ensemble de notre jeu qui s’en trouve amélioré. Sans avoir conduit d’analyses précises, je dirais qu’en mode « OR », je suis parvenu à réaliser en moyenne plus d’extractions avec la Drakonia qu’avec la M.M.O, mais j’étais peut être dans un bon jour aussi.

Call Of Duty Modern Warfare II

Mon spot de farm par excellence, COD MW 2 pour les intimes représente ce que le FPS a de plus nerveux à offrir en terme de multijoueur. Domaine de prédilection des souris « à forte sensi », la Drakonia tire son épingle du jeu avec une autre fonctionnalité attendue : la molette à quatre axes. Un basculement de la molette à gauche et c’est un hélicoptère en approche, un basculement à droite et c’est la grenade tactique qui fait son travail. Simple mais diablement efficace.

Un bémol qui aura son importance pour certains, la Drakonia a le « clic facile », un léger effleurement du bouton gauche ou droite entraînera une fois sur deux un clic, volontaire ou non. La M.M.O 7 ou la Ozone Radon Opto (bientôt en test également) en comparaison, demandent une pression légèrement supérieure mais suffisante afin de gommer les éventuels clics involontaires notamment sur le droit qu’on a tendance à sur-employer sur COD.

Shootmania

Vous ne connaissez pas Shootmania ? Vous devriez tellement ce jeu encore en bêta est en passe de devenir LA star des futures compétions gaming mondiales. Par les créateurs de Trackmania, Shootmania représente un savant mélange entre Quake (mention spéciale au rail gun) Counter Strike (forcément) et… Tribes Ascend.

Extrêmement exigeant avec le matériel, le jeu actuellement accessible en bêta (clés à 20 euros sur le site) dispose d’une communauté déjà très forte ainsi qu’un challenge relevé.

La Drakonia n’a donc rien pu faire devant la faiblesse de ma game surtout face à une opposition sur-entrainée et meilleure tout simplement.

La souris réponds bien, ne glisse pas sous la main malgré les litres de sueurs évaporés mais reste limitée en terme de rapidité sur le tapis du même nom (vendu séparément) mais également sur le Razer Vespula qui ne me quitte plus depuis 2 ans.

C’est là qu’on se rend compte qu’effectivement les patins en téflon supplémentaires ne seront pas de trop : ceux d’origine sont fins, très fins et ne tolèrent aucunes aspérités sur la surface d’utilisation.

Conclusion

Après deux semaines passées à alterner entre travaux bureautiques et jeux, on reste étonnés de tout ce que la Drakonia a à offrir pour un prix si contenu. A ce prix, on peux prétendre à une ROCCAT Kova et encore, on perd la molette multi-directionnelle, le réglage des DPI à la volée et j’en passe.

On pourrait aussi songer à reprocher à la Drakonia sa robe un peu trop « ostentatoire » ainsi que l’aspect un peu « cheap » de sa plastique, mais ce serait passer à côté de la question : lorsqu’on recherche une souris aux multiples fonctionnalités à un prix contenu, il n’y a pas vraiment photo.

Si l’on écarte toutes considérations de prix, la Drakonia se montre tout à fait capable de remplacer une souris de joueur assidu haut la main. Les joueurs plus exigeants voire les professionnels préféreront des modèles plus spécifiques à leur utilisation, des pilotes étant mêmes réalisés sur mesures pour eux par leurs partenaires.

Pour conclure donc, un presque sans faute pour Sharkoon qui pourrait très bien se faire un nom ici en France en jouant la carte du porte-monnaie sans pour autant se montrer avares en fonctionnalités.