C’est autre chose que la prédiction des Mayas, mais le résultat est le même. Selon une étude de la NASA notre civilisation serait vouée à disparaître. Ici, il n’est pas question d’apocalypse, d’Armageddon, de Paco Rabanne ou Nostradamus, de nature qui reprend ses droits et dévaste tout sur son passage, juste l’homme qui, par ses agissements, crée les conditions qui mèneront à sa perte. Et ce, depuis (presque) la nuit des temps.

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L’étude financée par le Centre de vols spatiaux Goddard de la NASA (présentée par The Guardian et la RTBF) dresse un constat sans appel : la civilisation industrielle mondiale telle que nous la connaissons pourrait s’effondrer dans les prochaines décennies en raison d’une gestion des ressources naturelles calamiteuse et d’une mauvaise répartition des richesses.

L’étude repose sur un nouvel outil analytique, baptisé « HANDY », pour Human And Nature DYnamical, un modèle de disciplines croisées, et elle est conduite par le mathématicien Safa Motesharri de la National Science Foundation des États-Unis.
Pour « preuve de sa crédibilité », la RTBF précise que l’étude a été publiée dans le « très sérieux » journal scientifique « Ecological Economics » (édition Elsevier).

Ainsi, en partant de faits historiques avérés et en se penchant précisément sur la « dynamique nature-humanité » de civilisations disparues, les chercheurs ont tenté de comprendre comment celles-ci avaient périclité. Ils se sont rendu compte que l’effondrement des civilisations est un phénomène récurrent dans l’histoire, presque inéluctable. Comme pour l’Empire Romain ou la civilisation Mayas, certains facteurs communs peuvent expliquer ce phénomène. Cette série de facteurs visibles à travers le temps est principalement le climat, la population, l’eau, l’agriculture et l’énergie.

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Comme le souligne la RTBF, c’est l’ensemble de ces facteurs conjugués entre eux qui mènerait à la catastrophe en générant « deux fonctions sociales essentielles » :

La rareté des ressources provoquée par la pression exercée sur l’écologie et la stratification économique entre riches et pauvres ont toujours joué un rôle central dans le processus d’effondrement. Du moins au cours des cinq mille dernières années.

En d’autres termes, il existe une disparité criante entre riches et pauvres : la majorité des ressources est accaparée par les « élites » quand les « roturiers » se contentent de miettes pour survivre. Ce type de comportement ne serait pas viable et aboutirait à la disparition des catégories les plus pauvres, puis de la société dans son ensemble. La technologie n’apporterait rien de significatif à long terme.

Les changements technologiques peuvent augmenter l’efficacité d’utilisation des ressources, mais aussi la surconsommation et l’ampleur de l’extraction des ressources

En effet, l’apport de la technologie ces deux derniers siècles a, certes permis d’augmenter la productivité agricole et industrielle et donc la production de ressources, mais ces dernières n’ont profité qu’à une frange de la population.

L’étude menée par Safa Motesharri et ses collègues conclut que dans ces conditions « reflétant mieux la réalité du monde d’aujourd’hui… nous constatons que l’effondrement est difficile à éviter ». De là, découle deux scénarios possibles pour notre civilisation.
Le premier scénario se déroulerait ainsi :

Les élites consomment trop, ce qui entraîne une famine parmi les roturiers et finalement provoque l’effondrement de la société. Il est important de noter que cet effondrement est dû à une famine causée par l’inégalité, qui entraîne une disparition de travailleurs, plutôt que d’un effondrement de la nature.

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« Home » de Yann Arthus Bertrand

Le second scénario se base sur le maintien de l’exploitation des ressources : la surconsommation déboucherait sur le déclin rapide des populations pauvres, suivi de près par les élites maintenues un temps dans un plein essor artificiel.
C’est ce maintien artificiel des élites dans une certaine opulence, leur permettant de poursuivre le « business as usual », face à l’effondrement d’une autre catégorie qui finit par les conduire à leur perte et la civilisation entière avec. Cette même « inconscience des élites » qui a entraîné la disparition des Empires Romains et Mayas et certainement d’autres encore.

Néanmoins, pour ces scientifiques, ces scénarios peuvent être évités mais il devient urgent d’agir avec des politiques appropriées et des changements structurels afin de refondre notre conception du vivre ensemble pour une civilisation plus stable.
Pour cela, il faudrait réduire les inégalités économiques afin d’assurer une répartition plus équitable des ressources mais aussi s’attaquer à la surconsommation en s’appuyant sur une exploitation moins intensive des ressources renouvelables et une réduction de la croissance de la population.

Pour The Guardian, cette étude de la NASA basée sur l’outil HANDY est une mise en garde hautement crédible à l’encontre des gouvernements, sociétés et consommateurs afin qu’ils prennent la mesure de l’enjeu et réalisent que le « business as usual » (business tel qu’il se pratique actuellement) ne peut tenir, des mesures urgentes devant être prises.

Le quotidien britannique poursuit en soulignant que, bien que cette étude soit en grande majorité théorique, d’autres études plus focalisées sur l’axe empirique ont abouti aux mêmes constats et averti qu’une « convergence des crises alimentaires, énergétique et de l’eau » pourrait déboucher sur une « tempête parfaite » d’ici à 15 ans.

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