Megaupload : la justice néo-zélandaise interdit l’envoi des clés de chiffrement au FBI

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Par Elodie le

Les bisbilles avec les autorités américaines se poursuivent pour Kim Dotcom, néanmoins le fondateur de Megaupload peut désormais compter sur un soutien inattendu, la justice néo-zélandaise vient de prendre le FBI à contre-pied. Explications.

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Dernièrement, Kim Dotcom a proposé d’offrir 5 millions de dollars à toute personne lui apportant des preuves de la corruption du gouvernement américain – allié aux puissants lobbys d’Hollywood – expliquant son acharnement à son égard. Pourquoi faire compliqué, quand la justice fait simple et tout cela gracieusement.

En effet, dans son jugement rendu cette semaine, la justice néo-zélandaise interdit à la police nationale de livrer les clés permettant de déchiffrer les données (chiffrées donc) contenues dans les copies des disques durs réquisitionnés lors du raid du FBI dans la propriété de Dotcom en janvier 2012 et transmises à la police fédérale américaine.

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capture d’écran – vidéo raid manoir Dotcom

Depuis ce raid, un bras de fer s’est engagé entre Kim Dotcom et les autorités américaines qui souhaitent son extradition. Pour cela, elles ont besoin d’accéder aux données retenues dans ces copies, Dotcom affirme quant à lui qu’il a besoin de récupérer ses disques car leur contenu est primordial à sa défense mais il ne pouvait les consulter sans que le FBI n’en fasse de même… et Dotcom ne voulait pas leur donner les mots de passe nécessaires sans garantie. Néanmoins, la juge Helen Winkelmann vient d’en décider autrement et de changer la donne.

Comme Kim Dotcom l’annonce dans son tweet, la police ne pourra pas donner son mot de passe de cryptage au FBI. Cependant, il n’hésite pas à ajouter : « comme s’ils ne l’avaient pas déjà ». Pourquoi une telle défiance à l’égard de la police néo-zélandaise ? Plusieurs raisons empiriques. Suite à la descente de la police dans la propriété de Dotcom, celle-ci aurait fourni par erreur les copies des disques durs au FBI. La juge Helen Wilkenmann avait estimé à l’époque que le mandat de perquisition était illégal car trop flou et que les copies n’auraient jamais dû être transmises au FBI. Décision cassée par la cour d’appel de Wellington concernant le mandat mais validée pour les copies. Copies qui auraient dû être détruites de fait et les disques durs rendus à son propriétaire. Il n’en est rien à l’heure actuelle.

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capture d’écran – vidéo raid manoir Dotcom

Le FBI est donc toujours en possession de disques durs qu’il ne peut lire. Lorsque la Cour Suprême a décidé que Kim Dotcom pouvait accéder aux données qu’il voulait à condition qu’il délivre les clés, le fondateur de Megaupload avait accepté à condition que la police néo-zélandaise soit la seule à pouvoir les utiliser. Refus de la police qui souhaitait les envoyer au FBI… Une dévotion qui n’est pas du goût de Dotcom comme son tweet en témoigne, même avec la décision de la juge qui vient de lui donner raison.

Une perplexité qui trouve sans doute son explication à la lumière des événements passés. Dotcom estime que les mots de passe ont été envoyés par la police ou alors découverts depuis.
Quoiqu’il en soit, avec la décision de la Cour, Kim Dotcom devrait enfin pouvoir accéder aux pièces nécessaire à sa défense. Le FBI quant à lui peut toujours tenter de percer le mystère de ces copies, mais les informations qu’elles recèlent ne pourront certainement pas être utilisées contre lui puisque obtenues illégalement.

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