Dans un entretien accordé au Figaro (papier, n° 21 758 du 21 juillet 2014), Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, plaide pour des arrangements de la chronologie des médias.

netflix_france_production_filippetti

La ministre nage en eaux troubles et préfère donc ménager la chèvre et le chou en affirmant que le « public doit pouvoir accéder plus rapidement aux films« . Une déclaration de principe qui, telle que présentée actuellement, ne sera suivie que de maigres effets, puisqu’Aurélie Filipetti « ne [retient] pas l’idée de la diffusion simultanée sur internet« . Elle est toutefois prête à quelques aménagement estimant que des « dérogations encadrées devraient être prévues pour des films qui ont très vite épuisé leurs potentiel en salle« .

Il faudra donc se contenter de peu : avancer de deux mois la disponibilité des films à la télévision. Si l’on considère que cela s’applique à toutes les télévisions, une chaîne comme Canal+ pourrait proposer des films dans un délai de 8 mois, une chaîne gratuite comme TF1 dans un délai de 28, si elle n’a pas participé au financement de l’œuvre.

C’est d’ailleurs ce financement de l’œuvre qui sera au centre des aménagements pour les services de SVoD comme Netflix. Contraint aujourd’hui à un délai de 36 mois, il pourrait être ramené à 24 mois, à condition que le service ait participé « au financement et à l’exposition des œuvres françaises et européennes« . Une solution préconisée par le rapport Lescure que nous résumions ici.

Il s’agit pour le moment des pistes du ministère de la Culture, les aménagements de la chronologie des médias seront détaillés à la rentrée, le CNC participera aux discussions.