Edward Snowden met en garde le Japon contre la « surveillance massive » de la NSA

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Par Elodie le

Invité à s’exprimer dans le cadre d’une conférence portant sur la surveillance dans les sociétés modernes, le lanceur d’alerte Edward Snwoden n’a pas hésité à mettre en garde les citoyens japonais contre la surveillance opérée par les États-Unis à leur encontre. Surveillance à laquelle il a participé.

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« Ils connaissent votre croyance religieuse. Ils savent qui vous aimez, ceux dont vous vous souciez », indique Edward Snowden depuis la Russie où il a trouvé refuge après avoir obtenu l’asile politique.

« C’était notre travail d’établir le modèle de vie de n’importe quel individu » explique encore celui qui a travaillé au Japon entre 2009 et 2011 lorsque son employeur d’alors, le géant Dell, était prestataire de la NSA. À l’époque, il a notamment travaillé à la mise en place d’un programme de surveillance sur la base aérienne US de Yokota, située à Fussa.

Comme le rapporte le Japan Times, c’est lors d’un symposium portant sur la surveillance dans la société contemporaine qu’Edward Snowden a formulé ces déclarations. Plus de 200 personnes, dont des avocats et des journalistes, étaient réunis à l’université de Tokyo où se déroulait la conférence

Devant cet auditoire, Snowden a confié que toutes les informations transitant sur les téléphones portables ou les ordinateurs des citoyens japonais pouvaient être légalement interceptées et collectées par la toute puissante agence de renseignement américaine.

De graves problèmes auxquels sont confrontés les Japonais et qui trouvent leur source dans le manque de contrôle des citoyens concernant leur propre vie privée mais aussi les actions gouvernementales.

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Il a tout particulièrement dénoncé la très controversée loi sur les secrets d’État adoptée en 2013 qu’il juge « fondamentalement dangereuse pour la démocratie ». Grâce à cette loi, plus connue sous le nom de Loi sur la protection des secrets spécifiquement désignés, les autorités peuvent frapper du sceau du secret défense les informations qu’elles jugent trop sensibles. Les domaines d’application sont vastes et s’étendent de la Défense, à la lutte antiterroriste ou la diplomatie. Toute personne se rendant coupable de fuites concernant ces données risque 10 ans de prison, cinq si ce sont des journalistes enquêtant sur ces secrets, même sans le savoir.

Élaborée en marge des révélations d’Edward Snowden et entrée en vigueur en 2014, cette loi ciblerait tout particulièrement les lanceurs d’alerte. Pour l’ex-agent, elle a été spécialement conçue pour faciliter les activités de la NSA au Japon.

Snowden en a profité pour s’adresser à la presse et fustiger l’« autoritarisme rampant » de la société japonaise.

« L’objectif d’une presse libre dans une société ouverte n’est pas simplement de relayer ce que le gouvernement a à dire, mais de contester activement son autorité ».

Il a réitéré son envie de revenir aux États-Unis mais pas sans la garantie de bénéficier d’un procès équitable et impartial, contrairement à l’envie du gouvernement américain de le traduire devant un tribunal militaire.