Pendant tout un semestre, un professeur de l’université Georgia Tech (États-Unis) a présenté Jill Watson à ses élèves comme l’un de ses nouveaux assistants, en réalité une pure intelligence artificielle. Celle-ci a répondu aux questions des élèves sans qu’ils ne se doutent de rien pendant tout un semestre.

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L’histoire est vieille de plusieurs mois, une éternité pour Internet donc, mais elle est assez savoureuse pour être racontée. Ashok Goel est un professeur en science informatique à l’université Georgia Tech (Atlanta) qui donne des cours d’intelligence artificielle basée sur le savoir (KBAI). Comme chaque année, il choisit plusieurs assistants, généralement parmi ses anciens élèves, jeunes diplômés, ou ceux en fin de cursus.

Une intelligence artificielle parmi les assistants

Parmi eux, Jill Watson, dont le nom aurait au moins dû faire sourire ses élèves. En effet, Watson est le nom de l’intelligence artificielle d’IBM basée notamment sur le deep learning.

« Watson va encore plus loin que Deep Blue [le super ordinateur d’IBM, NDLR] (qui analysait un monde fini de possibilités) : en effet, Watson représente une véritable innovation dans la compréhension par la machine du langage naturel (le ‘langage réel’) utilisé par chacun d’entre nous pour communiquer et échanger. Ce qui est incroyable, c’est qu’il est même capable de comprendre les jeux de mots, les ambiguïtés ou l’ironie », précise ainsi IBM sur son site.

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Le campus de Georgia Tech

Ces assistants s’apparentent à des tuteurs, ou des chargés de TD, et délivrent toutes informations utiles aux étudiants du master sur un forum d’entraide, comme les dates d’examen ou de rendu des devoirs ou toute aide pédagogique ou administrative.

Les élèves n’ont rien vu

Au cours de ses années de cours, Goel s’est rendu compte que ses élèves posaient tous plus ou moins les mêmes questions, il a donc eu l’idée de développer une IA capable de répondre aux requêtes de ses élèves, la plupart du temps des questions assez banales donc facilement appréhendables par l’IA. Près de 40 000 questions lui ont été soumises avant d’être mise dans le grand bain.

Pour les questions plus poussées, après de premières difficultés vite combattues (réponses incomplètes et/ou incohérentes), Jill Watson n’a plus eu besoin d’aucune aide au bout d’un mois à peine. Durant tout un semestre, Jill Watson a pu duper les élèves de Goel. Si certains ont eu des doutes, la majorité a été grandement surprise en apprenant la véritable identité de leur assistant.

Ashok Goel a renouvelé l’expérience ce semestre. Les élèves sont désormais au courant de l’existence d’une intelligence artificielle parmi les assistants, mais ne connaîtront pas son nom et devront donc le découvrir. Y parviendront-ils ?

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