Météorite : des molécules de sucre livrent des indices sur l’origine de la vie

Science

Par Felix Gouty le

Composé principal de l’ARN, le cousin de l’ADN, le ribose pourrait bien être à l’origine de la vie. Des molécules de ribose ont en effet été découvertes dans des météorites.

Les météorites tombées sur Terre étaient couvertes de sucre.
Crédits : Goddard Space Flight Center Conceptual Image Lab / NASA.

Le sucre, source de vie ? Des géologues et biochimistes japonais ont en effet découvert plusieurs molécules de type ribose ainsi que des arabinoses et xyloses dans des échantillons de roche de deux météorites. Ces molécules chimiques sont toutes des glucides, sources de sucre sous différentes formes. Ces météorites – noms de code NWA 801 et Murchison – ont été recueillies sur Terre après leurs chutes respectives au Maroc et en Australie. Les chercheurs japonais ont analysé plusieurs de leurs échantillons suivant une technique de chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse. Cette dernière, au nom barbare, trie et identifie les différents éléments chimiques d’échantillons passés sous forme gazeuse suivant leur masse et leur charge électrique. Parmi les molécules ainsi découvertes et listées dans leur étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Science, Yoshihiro Furukawa et ses collègues sont tombés sur une quantité de riboses. Elles sont essentielles à la structure de l’ARN, ou acide ribonucléique, issu de la transcription de l’ADN (acide désoxyribonucléique), support d’information génétique de toutes les formes de vie sur Terre. « D’autres importants blocs de construction de la vie avaient été découverts précédemment sur des météorites, comme des acides aminées (composant les protéines) et des bases nucléiques (comprises dans l’ADN et l’ARN), souligne Yoshihiro Furukawa dans un communiqué de la NASA, mais les sucres étaient la pièce manquante ».

Pour s’assurer de la pertinence de leur trouvaille, les chercheurs japonais ont analysé la concentration isotopique des atomes de carbone présents dans les molécules des deux météorites. Sur Terre, le carbone existe principalement sous la forme stable 12C. En l’occurrence, la forme prépondérante dans leurs échantillons était celle de l’isotope 13C, davantage présent dans l’espace. Autrement dit, les sucres ainsi découverts ne peuvent provenir d’une éventuelle contamination terrestre. « Nos travaux offrent la première preuve directe de la présence de riboses dans l’espace et de la distribution du sucre sur Terre, déclare le scientifique japonais. Le sucre extraterrestre peut très bien avoir contribué à la formation de l’ARN et mené à l’origine de la vie. » Quant à savoir comment ces molécules se sont formées ou se sont retrouvées dans ces roches de l’espace, les scientifiques cherchent encore.

Une belle histoire des...
  • Éditeur: FLAMMARION
  • Broché: 112 pages