En trois ans, l’industrie du charbon a bénéficié de 745 milliards de dollars

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Par Felix Gouty le

A l’occasion de la COP 25, conférence sur le climat organisée en ce moment à Madrid, des ONG s’unissent pour révéler les détails du financement de l’industrie du charbon, l’une des principales sources de pollution et d’émissions de gaz à effet de serre au monde.

Les usines de charbon sont parmi les principales sources de pollution atmosphérique.

Entre les années 2017 et 2019, 258 entreprises responsables d’usines et centrales thermiques à charbon auraient été financées, d’une façon ou d’une autre, par divers investissements bancaires à travers le monde à hauteur de 745 milliards de dollars. Ce constat provient d’une base de données rassemblées par des associations environnementales comme Urgewald ou financières telles BankTrack ainsi qu’un réseau international d’ONG. Pendant trois ans, elles ont traqué les prêts, les émissions d’action et les obligations accordés ou liés à l’industrie du charbon à travers le monde, l’une des principales sources de pollution et d’émissions de gaz à effet de serre. Parmi les données exposées cette semaine sur le site web Global Coal Exit List, les associations ont compté plus d’un millier de projets de centrales ou d’unités de production financés qui, s’ils étaient amenés à se concrétiser dans les années à venir, augmenteraient de 28% la production d’énergie issue du charbon.

Les trois banques représentant les plus importantes sources de financement de cette industrie sont japonaises : Mizuho, Mitsubishi UFJ Financial Group et Sumitomo Mitsui Banking Corporation. La banque française BNP Paribas serait le 22e plus gros financeur au monde de l’industrie du charbon sur ces trois dernières années. Elle aurait accordé l’équivalent de 8,8 milliards de dollars aux entreprises du secteur. Pourtant, celle-ci affirme avoir cessé de financer des projets de centrale à charbon depuis 2017. 307 banques commerciales auraient prêté directement près de 160 milliards de dollars à des entreprises promotrices du charbon. Les associations ne s’arrêtent pas seulement aux banques : en 2019, elles affirment que près de 2000 investisseurs institutionnels individuels détenaient 276 milliards de titres en lien avec l’industrie du charbon. Les ONG sont surtout indignées par le double discours de certaines banques. Le groupe financier espagnol Santander, qui sponsorise la tenue de la COP 25 actuellement à Madrid, aurait financé des projets d’installation d’unités de production en Pologne pour environ 655 millions de dollars.

Source: AFP