Culture G(eek) : Vampire Diaries Vs Being Human

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Par Pia le

C’est la rentrée aussi pour nos amis de l’au-delà ; vampires, sorcières et loups-garous viennent hanter le petit écran français. Cette année, deux séries fantastiques se disputent nos morbides faveurs : Being Human et The Vampire Diaries.

Deux nationalités, deux styles, deux ambiances pour un même sujet : les vampires (et leurs potes maudits, cela va de soi). Pour les départager et parce que je sais que les garçons d’ici sont friands du genre, rien de mieux qu’un petit versus des familles, façon free fight de l’improbable.

Nos deux concurrents montent sur le ring, l’œil brillant et la canine aiguisée. Alors, vampires pédophiles croqueurs de lycéennes ou colocs morts-vivants vaguement dépressifs ? Qui remportera ce duel au sommet ? Espérons qu’il y aura du sang, beaucoup de sang. Et qu’ils ne boiront pas tout.

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« In the reeeeed corner » la série émo-teen-inavouable inspirée de romans pour ados, The Vampire Diaries. Après un carton aux US, elle fait ses débuts en France sur la très sélect Canal + en août dernier. La belle Elena craquera-t-elle pour le ténébreux Stefan ou se laissera-t-elle tenter par Damon, le frère de ce dernier ?
« In the bluuuuuuue corner » le challenger à l’humour noir so british, mais au tout petit budget ; Being Human est programmée sur la très culture (et un peu mémère) France 4 depuis le 15 septembre dernier. Un vampire, un loup-garou et un fantôme ont-ils eux aussi droit à une « vie » normale ?


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//ROUND 1 : le vampire, c’est sexy.

Version cul-cul (Bella et Edward sont dans une forêt…) ou sulfureuse-glauque (la créature androgyne de Morse), ce qui fait marcher le business du buveur de sang, c’est sa sensualité sauvage. The Vampire Diaries l’a bien compris en choisissant un lycée comme terrain de jeu. Les émois adolescents, le goût de l’interdit, les frères ennemis, ce qu’il faut de danger… Les regards torrides de Damon et la virilité clean de Stefan me laissent toute chose. Mais politiquement correct US oblige, après une dizaine d’épisodes il ne s’est toujours rien passé de vraiment sexuel. Mitchell, le vampire désabusé de Being Human, lui ne perd pas de temps. Il saute tout ce qui bouge, dès le premier épisode. Avant de se nourrir dessus. Pas de serment d’amour éternel, le réalisme cru et sanglant de Being Human rend décidément ses monstres très humains. Pire, une vampirette nouvellement créée, nymphomane et meurtrière fait son apparition…
Being Human : 1 – The Vampire Diaries : 0

//ROUND 2 : le vampire, c’est mystérieux.

Pas de bonne série sans une bonne mythologie, cet enjeu très important et secret qui revient tous les trois épisodes et lui offre ses meilleurs cliffanghers. Là, Being Human part avec un handicap : son côté tranche de vie. Parce que les réunions de voisinage entre péquenots, même avec un loup-garou caché entre les crumpets et le thé au citron, c’est pas folichon. Heureusement, on commence bientôt à se demander pourquoi Mitchell ne traîne plus avec les autres vampires, ni pourquoi Annie la jolie fantôme a tout oublié de sa mort. Mouai. En revanche, Stefan et Damon sortent rapidement l’artillerie lourde : un amour de jeunesse bien plus toxique qu’il n’y paraît, tout un tas de mobiles secrets, des héritages en pagaille (sorcières, chasseurs de vampires) et un jeu du chat et de la souris avec plusieurs donzelles des environs… The Vampire Diaries s’appuie sur une série de romans dont l’intrigue est étoffée pour les besoins du programme, et ça se voit.
Being Human : 1 – The Vampire Diaries : 1

//ROUND 3 : le vampire, c’est intello.

Enfin on le lui souhaite. Parce qu’avec plusieurs centaines d’années passées au milieu des innocents humains, il doit avoir une culture générale au moins aussi étendue que toutes les fiches de Julien Lepers réunies. Pas crédibles pour un sou, les buveurs de sang de The Vampire Diaries s’entichent de mineures aux sujets de conversation aussi variés que le bal de promo ou le dernier devoir d’anglais. Il se disputent comme des adolescents, cultivent de la verveine (leur kryptonite, je suppose qu’elle a le pouvoir de les faire mourir… de honte ?) ou couchent leur mal-être dans de jolis carnets secrets. Ils souffrent. Vachement même, et ça les rend romantiques. Mais dieu qu’ils sont bêtes… Côté Being Human, c’est le néant de la culture : après une journée de travail comme hommes de ménage dans un hôpital, une discussion baise devant les casiers et une soirée au pub, il faut encore faire la vaisselle. Mais cette triste routine n’est-elle pas le commun des mortels ? Nos trois compères l’espèrent secrètement, eux qui meurent d’envie de leurs ressembler. S’ils ne sont pas plus intellos que leurs adversaires américains, ils sont bien, bien mieux écrits. Amusants, agaçants, émouvants, désespérants… Savoureux comme un petit AB+ une nuit sans lune. En toute partialité, je décide d’attribuer le point à mes petits favoris anglais…
Being Human : 2 – The Vampire Diaries : 1

C’est donc sur ce résultat honteusement pipé que s’achève notre combat de canines. Plus sérieusement, Being Human l’emporte et de loin par sa qualité d’écriture, son jeu d’acteurs, son délicieux accent et son originalité. A tel point que la chaîne de télévision américaine Syfy a déjà acheté les droits de la série pour en faire un remake. Pour info, la première saison de Being Human ne compte que six épisodes. Les trois premiers ont été diffusés le 15 septembre dernier sur France 4, mais sont disponibles gratuitement sur le site de la chaine. Les trois suivants seront diffusés mercredi 22 septembre à l’occasion d’une soirée spéciale puis mis en ligne à leur tour.

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Et hop ! Le trailer de Being Humain :

Re-hop ! Celui de The Vampire Diaries :

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