Dailymotion / Yahoo! : Orange regrette, les ministres s’empêtrent

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Par Jerome le

En début de semaine, nous expliquions que l’État cherchait des solutions alternatives au rachat de la start-up française, souhaitant conserver cette « pépite » hexagonale. Entre temps, l’affaire a connu quelques rebondissements. Dans un communiqué officiel (en cache) daté du 30 avril, le ministère du Redressement productif écrit :

Le ministre (Arnaud Montebourd, NDR) a exprimé son souhait qu’un partenariat entre Yahoo et Orange soit construit sur une base équilibrée, mutuellement bénéfique pour les deux entreprises.

Lors de sa rencontre avec Yahoo!, le ministre à la marinière exigeait donc une participation à hauteur de 50% et non de 75% comme le voulait Yahoo!. C’est d’ailleurs ce qu’il a indiqué une nouvelle fois sur Europe 1 hier :

Non, ce sera 50-50. Nous souhaitons un développement équilibré […] où l’identité des deux entreprises est préservée. C’est l’intérêt de la France et c’est l’intérêt de Dailymotion. C’est une pépite française qu’il faut préserver.

Échaudé et souhaitant devenir actionnaire majoritaire, le géant s’est retiré. L’histoire continue ce jeudi lorsqu’Arnaud Montebourg réaffirme aux journalistes de BFM TV (voir la vidéo ci-dessous) qu’il ne souhaite pas voir Dailymotion s’expatrier, arguant même que Yahoo! « a connu des problèmes de santé ».


Montebourg: « Nous voulons développer… par BFMTV

Il y précise fermement que l’État est actionnaire de France Télécom/Orange, peut-être un peu pour justifier son intervention. L’État possède en effet 27% de France Télécom et est donc actionnaire de Dailymotion par ricochet.

Sauf que le PDG de France Télécom/Orange, Stéphane Richard n’est pas du même avis. Dans un entretien accordé au quotidien économique Les Échos il déclare :

Dailymotion est une filiale d’Orange, et non de l’État. C’est le groupe, sa direction et son conseil d’administration qui gèrent ce dossier.

En d’autres termes, il regrette donc l’intervention du ministre. Dernier couac dans l’affaire, devant BFM TV le ministre indique avant de couper court à l’interview que la décision a été prise avec Pierre Moscovici, le ministre de l’Économie et des Finances. Souhaitant peut-être se débarrasser de ce dossier brûlant, il a pourtant déclaré à la presse ce jeudi : Ce n’est pas un dossier dans lequel j’ai été particulièrement impliqué.

Dans cet imbroglio, Dailymotion doit maintenant trouver un autre moyen de s’étendre sur les marchés internationaux. Car l’histoire ne se résume pas qu’à une affaire de chiffres, certes les capitaux sont importants, mais il faut aussi trouver une porte d’entrée sur les États-Unis.

En attendant, Martin Rogard à la tête du service de streaming indique ironiquement sur Twitter être « ministre du Redressement productif ».

arnaud_montebourg