Libération d’un blogueur accusé de blasphème après 20 mois de prison

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Par Elodie le

20 mois de prison. Ce jeune homme aura passé 20 mois de prison pour un blasphème proféré sur Twitter dans l’un des pays les plus répressifs en matière de liberté sur Internet.

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Annoncée sur les réseaux sociaux et confirmée par le militant des droits de l’Homme saoudien Walid Aboulkheir : « Les autorités ont libéré Kashgari ce matin à 06H30 locales », sa libération intervient dans un contexte de critiques à l’encontre du régime qui refuse toujours d’accorder aux femmes le droit de pouvoir conduire librement sans le consentement de leur mari.

Hamza Kashgari, blogueur et journaliste pour le quotidien local de Jeddah (dans l’Ouest du pays), a été libéré par les autorités saoudiennes après 20 mois de détention pour un tweet jugé blasphématoire. En  effet, lors de l’anniversaire de la naissance du prophète Mahomet, Hamza Kashgari s’était adressé à lui en ces termes

Au jour de ton anniversaire, je ne m’inclinerai pas devant toi […] j’ai aimé certaines choses en toi mais j’en ai abhorré d’autres, et je n’ai pas compris beaucoup de choses à ton sujet

Effectivement dans un pays religieux, c’est osé. Ce tweet avait suscité un tollé sur la Toile. Dans le même temps, le comité saoudien des fatwas (édits religieux, une fatwa est un avis juridique donné par un spécialiste de loi islamique sur une question particulière) considérait ce tweet comme « une apostasie », c’est à dire le rejet de la religion islamique par un musulman, crime passible de la peine de mort. Face à cela et aux menaces de mort qu’il avait reçu, le blogueur avait fui le pays pour la Malaisie… qui l’avait arrêté et remis aux autorités saoudiennes.

L’Arabie Saoudite est un pays ultraconservateurs, dans le récent rapport annuel rendu par Freedom House concernant la liberté sur Internet pays par pays, celle-ci figure en bonne place – 9e – dans le Top 10… en partant de la fin. L’Iran, Cuba et la Chine figurant sur le podium des pays où Internet est pratiqué le moins librement.

La libération d’Hamza Kashgari intervient alors que les Saoudiennes mènent une campagne incitant leur concitoyennes à prendre le volant dans un pays où cette pratique leur est interdite sans l’aval d’un tuteur (le plus souvent leur mari une fois mariée), de même que travailler, voyager ou encore se marier.

Cette semaine, la vidéo « No woman, no drive », se moquant gentiment de cette interdiction, a fait le buzz sur Internet. On y voit un jeune comédien, Hisham Fageeh, parodier le « No woman, no cry » de Bob Marley. Comme le rappelle Benoit Raphaël dans son article, « sous ce régime très conservateur, l’humour sur YouTube est devenu l’arme favorite des jeunes Saoudiens pour faire passer un certain nombre d’idées modernes sans avoir des ennuis dans leur pays. »