Vous devez certainement avoir chez vous d’anciens appareils que vous n’utilisez plus mais conservez toujours, par affection, flemme ou méconnaissance du circuit de recyclage de ces objets : du walkman, au vieux Nokia 3310 ou téléviseur en passant par l’appareil photo argentique et l’ancien PC. Selon The Verge
Le défi international de leur recyclage n’est pas suffisamment bien traité
Pour formaliser ses propos, The Verge dévoile une cartographie réalisée par StEP Initiative, en partenariat avec les Nations Unis, répertoriant le volume des déchets électroniques par pays. Le constat est alarmant et ne va pas en s’améliorant. En effet, d’ici à 2017, le volume annuel mondial de produits électroniques en fin de vie devrait augmenter d’un tiers pour atteindre 65,4 millions de tonnes, soit une augmentation de 33% en cinq ans. Vertigineux.
Grâce à la carte interactive, il vous suffit de cliquer sur un pays pour voir apparaitre ses statistiques de « e-déchets » et la réglementation en vigueur les concernant. Champion toute catégorie, les États-Unis avec 9,4 millions de tonnes de déchets électroniques par an – régit par 92 instruments de réglementation. La Chine arrive en deuxième position avec 7,3 millions de tonnes mais seulement 5,4 kg de déchets produits par habitants contre 29,8 pour les États-Unis. Ce qui fait dire à Big Browser que ces résultats soulignent « la fracture numérique et électronique, illustrant la différence de niveau de vie entre les deux pays ». La France quant à elle conserverait 1,3 millions de tonnes d’e-déchets et chaque habitant 21,09 kg en moyenne.

Ruediger Kuehr, de l’Université des Nations Unies et secrétaire exécutif de StEP Initiative, précise dans un communiqué qu’il espère que cette cartographie sensibilisera le grand public à cette cause et amènera chaque pays concernés à prendre ce problème à bras le corps afin de gérer au mieux leurs déchets électroniques.
Certains pays, bien qu’industrialisés et avancés technologiquement pêchent quand il s’agit de recyclage. L’Allemagne, toujours aussi bonne élève, a développé des politiques de recyclages, contrairement aux États-Unis qui préfèrent délocaliser le problème. Ainsi, 8,5% de leurs e-déchets collectés ont été exportés. C’est aussi ça le miracle de la mondialisation : envoyer ses déchets à quelqu’un d’autre pour qu’il s’en occupe à votre place. Les associations de défense de l’environnement comme Greenpeace expliquent que ces déchets sont envoyés pour la plupart du temps en Asie où, certes ils se monnayent, comme le cuivre ou le fer, mais ils sont aussi très polluants et toxiques. La ville de Guiyu en Chine – qualifiée de “décharge des pays développés” par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) en 2010 – est d’ailleurs tristement connue pour accueillir des millions de déchets électroniques dans une gigantesque décharge.

The Verge conclu son article sur une touche d’optimisme
This new map helps surface key facts — hopefully before we all drown in a sea of used cell phones
Malheureusement, c’est une mer de déchets en tout genre qui se forme depuis près de 20 ans (au moins) dans l’océan, constituant ce que certains appellent le « 7e continent » et qui, non seulement coûterait trop cher à nettoyer – ne parlons pas de leur recyclage – d’autant qu’aucun pays ne souhaite revendiquer cet amas de déchets mais ce nettoyage serait vain puisque ce continent se reconstituerait tôt ou tard. Deux architectes pragmatiques nord coréens ont même élaboré un projet visant à construire des villes flottantes sur ces déchets ou encore le cabinet d’architecte néerlandais WHIL qui souhaite transformer cet amas de déchets en de véritables territoires pour y installer les futurs réfugiés climatiques qui n’auront bientôt plus de territoire à cause de la montée des eaux et verront irrémédiablement leur île disparaître…
Plus d’info : Le dessous des cartes – Des îles de déchets
et là : Futurama S06E3 L’attaque des portables

