À la recherche des voyageurs du temps sur Internet

culture geek

Par Elodie le

Parce qu’on ne sait jamais, Marty McFly (Retour vers le futur) et Quinn Mallory (Sliders, les mondes parallèles) sont peut-être les héros d’une histoire inspirée de faits réels, des chercheurs scrutent la toile à la recherche de ces passagers du futur – time travelers – qui se cacheraient derrière quelques lignes de code.

voyage_temps_futur

La conquête de l’Espace entreprise par les grandes puissances, outre l’aspect territorial et économique, pose d’autres questions plus existentielles à certains terriens : Sommes-nous seuls au monde, dans toute cette galaxie et au-delà ? Pourquoi chercher si loin, quand une autre forme de présence futuriste est possible voire visible à nos yeux ?

Robert Nemiroff et Teresa Wilson, deux chercheurs américains de l’Université Technologique du Michigan (Michigan Technological University) ont entrepris des recherches pour le moins surprenantes. En effet, ils se sont mis à la recherche de potentiels voyageurs du temps, plus précisément venant du futur et voyageant dans le passé (notre présent donc, considérant que les voyageurs du passé n’auraient pas eu les moyens suffisant pour créer une machine à voyager dans le temps, vous suivez toujours ?), recherches qu’ils détaillent dans leur article publié récemment sur arXiv (site qui archive des prépublications scientifiques, l’article en question n’a été publié dans aucune revue scientifique pour l’instant).

Pour ce travail, nous nous référons à une série de recherches concernant les signatures numériques qu’auraient potentiellement laissé les voyageurs du temps sur Internet. Plus particulièrement, nous recherchons du contenu qui n’aurait pas dû être connu à la date où il a été posté. [traduction libre]

En gros, ils sont à la recherche de la moindre erreur commise par ces visiteurs du futur lors de leur venue dans le temps présent. Peut-être ont-ils cherché à communiquer avec leurs ancêtres, à informer sur un événement futur qui allait se produire, ils se sont donc peut-être rués sur Internet pour effectuer quelques recherches sur des événements non déroulés alors, et twitté en évoquant une information inconnue du commun des mortels.

À cette fin, ils se sont mis à scruter des failles dans le contenu présent sur la toile à travers les recherches concernant deux événements spécifiques entre janvier 2006 et septembre 2013. Assez importants et significatifs pour ne pas donner de faux positif et laisser des traces sur la toile. Les expressions « #cometeIson », découverte le 21 septembre 2012, et « #popeFrancis », le Pape François élu le 13 mars 2013, ont ainsi été sélectionnées et d’éventuelles traces de leur présence sur la toile antérieurement à leur déroulé ont été recherchées sur Twitter et Google notamment (Facebook permettant d’antidater les posts, il a été exclu).

Résultat ? Rien. Prêts à tout, en septembre 2013, ils sont allés jusqu’à jeter une bouteille à la mer dans cet océan que représente Twitter en enjoignant les visiteurs du temps à publier un message sur Twitter daté d’août 2013 portant le hashtag #IcanChangeThePast2 ou #ICannotChangeThePast2. Toujours rien. Nom de Zeus !

Néanmoins, pour les deux scientifiques

Bien que les résultats négatifs rapportés ici peuvent indiquer que les voyageurs du futur ne sont pas parmi nous et ne peuvent pas communiquer avec nous au cours d’une journée internet actuelle, ils ne représentent nullement une preuve

Ils apportent plusieurs raisons à cela : « il peut être physiquement impossible pour les voyageurs du temps de laisser des traces durables de leur séjour dans le passé, y compris des traces d’informations non-corporelles sur Internet. Ensuite, il peut être physiquement impossible pour nous de trouver des informations puisque cela violerait une loi encore inconnue de la physique, peut-être similaire à la Conjecture de Protection Chronologique. En outre, les voyageurs du temps peuvent ne pas vouloir être trouvés, et peuvent être doués pour couvrir leurs traces ». Certes, d’autant qu’ils ajoutent que les voyageurs du temps ont peut-être laissés des traces autres que celles recherchées par les scientifiques.

Déception. Mais pas pour tout le monde. Robert Nemiroff et Teresa Wilson concluent leur article ainsi :

Néanmoins, compte tenu de l’omniprésence d’Internet à l’heure actuelle, ces nombreux portails à travers le monde, et ses nombreux usages en communication, cette recherche peut être considérée comme la plus complète et compréhensible à ce jour

Sinon, Isaac Asimov n’a pas eu besoin de voyage dans le temps (enfin, pas à notre connaissance) pour prédire ce que serait 2014 et ce, dès 1964.

Source: Source