La NSA espionne des ordinateurs non connectés au Net

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Par Elodie le

Jusqu’à présent on savait que la National Security Agency (NSA) pouvait espionner n’importe quel ordinateur à partir du réseau informatique. Le New York Times révèle que la NSA a implanté un malware dans 100 000 ordinateurs disséminés à travers le monde lui permettant ainsi d’accéder à ces ordinateurs grâce aux ondes radios, sans qu’ils soient connectés à Internet.

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1984, déjà.

Les révélations fournies par Edward Snowden se suivent et ne se ressemblent pas, bien qu’elles aient un fond commun : l’espionnage massif des citoyens, gouvernements et leaders du monde entier perpétré par la NSA au profit du gouvernement américain… à des fins de prévention du terrorisme ou de cyber-attaques selon la voie officielle.

À lire le titre du New York Times dans son édition du 15 janvier, on se croirait revenu dans le passé : « La NSA développe des voies hertziennes pour entrer dans les ordinateurs. Elle atteint des cibles déconnectées d’Internet« . Et pourtant, cette technique tenue secrète fait partie du programme d’espionnage américain baptisé « Quantum ». Dans le cadre de ce programme, la NSA a implanté des logiciels espions dans près de 100 000 ordinateurs à travers le monde, lui permettant d’avoir accès aux données de l’ordinateur sans passer par le réseau informatique.

Dans la plupart des cas, le système émettant les ondes radio doit être physiquement installé par un espion, un fabricant ou un utilisateur qui ne s’en douterait pas

Ces 100 000 ordinateurs sont autant d’agents doubles permettant à la NSA « d’utiliser ces postes comme une autoroute numérique pour lancer des cyberattaques ».

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capture d’écran – New York Times

Ceci est rendu possible grâce aux ondes hertziennes, plus précisément aux fréquences radio. Les dispositifs implantés par l’Agence de renseignement émettraient sur une longueur d’onde confidentielle. Technique qui serait utilisée par Big Brother depuis au moins 2008, selon les documents transmis par E. Snowden.

Autant il est facile d’accéder à un ordinateur à distance depuis le réseau informatique, autant, dans ce cas précis, les données ne sont pas récupérées en quelques clics. La récolte des informations produites se fait via un récepteur, prenant la forme d’une mallette, se trouvant à quelques kilomètres de l’ordinateur infecté. Ce récepteur transfère les données récoltées vers les centres de la NSA.

Contrairement à d’autres accusations d’espionnage, ni la NSA ou son partenaire étatique chargé de la cyber-guerre, l’United State Cyber Command, ne nie celle-ci. En effet, cette forme d’espionnage servirait officiellement, selon le Département de la Défense (DOD), à lutter contre la même forme d’espionnage à laquelle s’adonneraient les unités spécialisées de l’Armée chinoise. Quand on l’attaque, l’empire contre-attaque. Selon l’article du NYT, le programme « Quantum » (et son réseau de 100 000 ordinateurs espionnés) contribuerait donc à créer une « autoroute défensive ».

Néanmoins, connaissant désormais la NSA, on peut douter qu’elle ne se contente que de défendre sans chercher à attaquer a priori. Les documents fournis par Edward Snowden tendraient à le confirmer : le programme « Quantum » aurait notamment servi à infiltrer les réseaux de l’armée russe, de la police mexicaine et des cartels de narcotrafiquants, des institutions de l’Union Européenne chargées des échanges commerciaux mais également d’alliés des États-Unis comme l’Arabie Saoudite, l’Inde ou le Pakistan.

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La NSA a cependant précisé que cette forme d’espionnage ne touche pas (encore ?) les citoyens américains situés sur le territoire des États-Unis… mis à part ceux soupçonnés de terrorisme… Un porte-parole de la NSA précise dans le journal

Les activités de la NSA sont centrées et spécifiquement déployées contre – et seulement contre – des cibles étrangères légitimes en réponse des demandes des services de renseignement

Ceux qui pensaient encore pouvoir échapper à la NSA et son espionnage en ligne vont devoir revoir leur mode opératoire. Toujours selon le New York Times :

La technologie des fréquences radio a permis de résoudre l’un des plus gros problèmes des services de renseignement américains : pénétrer dans des ordinateurs que des adversaires et certains alliés des États-Unis s’efforçaient de mettre à l’abri de l’espionnage ou du piratage

Ces révélations arrivent la veille du discours très attendu de Barack Obama précisant sa politique en matière d’espionnage mais également le rôle de la NSA . Il devrait ainsi annoncer un projet de réforme de l’agence de renseignement américaine, éclaboussée par le scandale des révélations du désormais célèbre whistleblower Edward Snowden et visant à éviter les abus de la NSA et garantir le respect de la vie privée.

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