Panasonic GH4 : de la 4K compacte et abordable

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Panasonic lance la quatrième version de sa série GH : le GH4. Le chiffre 4 porte pourtant malheur au Japon et le constructeur a souvent évité de l’intégrer aux références de ses appareils. Mais si le constructeur en a fait abstraction, c’est pour une bonne raison, puisque le GH4 permet de réellement filmer en 4K.


 

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Panasonic GH : itinéraire d’une gamme surdouée

Cet appareil a droit à un petit historique rapide, pour que vous compreniez comment Panasonic en est arrivé là. Initialement, le GH1 était une version du G1 embarquant la vidéo. Panasonic avait même travaillé sur l’autofocus et le suivi AF. C’était histoire de proposer un 2 en 1 : appareil photo ET caméscope afin de rapporter un maximum de souvenirs de vacances, ces histoires sans lendemain… Pardon.
Mais il s’avère que le GH1 filmait en 1080p et 24 fps. Un format pratique pour le montage. De plus, on pouvait y monter, via différentes bagues d’adaptation, toutes sortes d’objectifs manuels pas chers mais performants (des vieux 85mm f/2.0, 55mm F/2.0 ou encore 24mm f/2.8), qui, par leurs bagues de mise au point précises et leurs grandes ouvertures, permettaient d’obtenir des effets cinématographiques très intéressants (changement de PDC sur un même plan par exemple).

Panasonic, voyant le succès du GH1 auprès du public, décida de faire un GH2 orienté vidéo. Une sorte de caméscope grand public de qualité, à objectifs interchangeables. Mais le GH2 commença à intéresser les professionnels qui y ont vu un appareil d’enregistrement de qualité, pratique et abordable, passant du statut de caméscope à celui de caméra.

Avec le GH3, la marque a proposé une caméra orientée professionnels. Modes d’enregistrement nombreux, dynamique remarquable (un soulagement pour le chef opérateur), taille réduite et une monture permettant de nombreux bidouillage. Le GH3 fut d’ailleurs une caméra prisée pour les scènes d’action où les risques de casse sont élevés.
Revers de la médaille, avec une orientation professionnelle, la marque a augmenté sa notoriété auprès de l’industrie vidéo pro, mais s’est fermée au marché du grand public. Un choix assumé.

Panasonic GH4 : la 4K au creux de la main

Avec le GH4, Panasonic souhaite se faire une véritable place sur le marché professionnelle et enlever de sa série GH l’étiquette d’outsider. L’idée n’étant pas d’affronter les Red et autres Panavisions, mais de proposer un outil 4K parfaitement adapté au broadcast vidéo.
Et après en avoir vu une démonstration sur une TV 4K et discuté avec quelques professionnels, le GH4 a tout pour y parvenir.

Allez on passe aux choses sérieuses.

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Le nombre de fonctions paramétrables est conséquent. L’ergonomie ne change pas du GH3 et pour cause, le boitier est identique, tout de magnesium fait, et protégé contre les intempéries. À l’arrière, l’écran orientable 3 pouces  OLED de 1,040 millions de points est secondé par un viseur OLED également de 2,360 millions de points couvrant 100% du champs pour un grossissement x 0.67 en équivalent 35 mm.

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Les formats d’enregistrement vidéo sont tout simplement déments, avec entre autres :

  • De la 4K en 24p ou en 30p avec un flux à 100 Mbps
  • Du 1080p en .mp4 à 200 Mbps (ALL-INTRA)
  • Du AVCHD Progressif en 1920×1080 à 60Hz

Pour faire court, vous pouvez enregistrer dans quasiment tous les formats, en progressif comme en entrelacé, avec un débit de 100 Mbps en 4K, qui peut atteindre 200 Mbps en Full HD. Il ne manque en fait que le RAW !

Vous allez également pouvoir utiliser un mode VFR (Variable Frame Rate) qui permet de filmer au ralenti ou en accéléré.

Un nouveau processeur 

S’il reste à 16 megapixels, le capteur est d’un genre nouveau. La dynamique a été améliorée, et il lit les canaux deux fois plus vite, ce qui permet de diminuer l’effet rolling shutter.

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Exemple d’effet rolling shutter

Et niveau photo ça donne quoi ?

L’appareil est équipé du processeur 4 cœurs Venus Engine 9, peut grimper à 25600 ISO, possède une rafale de 12 images par seconde avec un buffer atteignant 40 images en RAW et 100 en JPEG. L’obturateur est garanti pour 200 000 déclenchements, la vitesse monte à 1/8000 s et la sychro flash à 1/250 s.

L’autofocus est basé sur la détection de contraste, mais l’appareil se sert également de la focale pour déterminer la distance du sujet par rapport à l’appareil afin de faire le point. Une technologie développée par la marque et nommée DFD (Depth From Defocus). Le focus peaking est également présent.

Enfin, le Wifi et le NFC sont de la partie.
Le boitier mesure 133 x 93 x 84 mm pour un poids de 560g.

Un grip de dingue

On termine avec l’accessoire le plus WTF jamais conçu pour un hybride. Un énorme socle qui ravira les pros par les connectiques et possibilités qu’il offre.
Avec notamment, la sortie HD-SDI, désormais indispensable pour la retransmission vidéo, ou encore, une sortie XLR, massivement utilisée pour les raccords de sources audio, là encore, dans le milieu pro).

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Bref. Ce GH4 envoie du lourd, sur le papier du moins. Côté tarif, rien n’a encore était fixé par Panasonic, mais le prix du GH4 « devrait être très proche de celui du GH3 à sa sortie« . Soit environ 1300€ pour le boitier et un peu plus de 2000€ pour le kit avec le « grip ». Quant à la disponibilité, on peut tabler sur la fin du premier trimestre 2014, mais ces informations sont à prendre avec des pincettes.