[Redevenons sérieux] Le Journal du Gamer à l’épreuve du journalisme web

Par Redac JDGa le

Salut. Vous êtes encore là ? Avec ce petit article, nous mettons un terme à cette blague qu’a été, le temps d’une journée, le Journal du Clic.

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Le goût pour le jeu vidéo, c’est bien quelque chose qu’on a en commun. Si vous lisez ces lignes, c’est certainement que vous vous intéressez un minimum à l’état de la presse jeu vidéo en ligne, et que vous êtes exigeant sur ce que vous lisez. Vous avez bien raison.

Aussi, si vous nous suivez depuis quelque temps, vous savez que ce qui a été fait aujourd’hui ne nous ressemble en rien. Depuis un peu moins d’un an, nous essayons de ne pas nécessairement parler de ce qui marche (même s’il faut bien le faire pour manger un peu), de ne pas pousser le vice à répartir les infos en plusieurs news (ce qui serait beaucoup plus efficace en terme de pages vues) et de vous donner envie de nous lire.

Aujourd’hui, nous avons changé pour quelques heures la ligne éditoriale du site pour vous montrer une certaine partie des choses qu’on essaye de rejeter. Commenter certaines rumeurs, traiter tout ce que nous envoient les éditeurs, utiliser certains gimmicks typiques du web (« et vous ? Qu’en pensez-vous ? »), être un peu plus laxistes que d’habitude sur nos méthodes (oublier de citer les sources, se les approprier), se prendre très au sérieux, etc. Evidemment, ça nous arrive parfois en temps normal, mais là, le faire systématiquement et en exagérant, c’était drôlement amusant.

Nous sommes, pour vous, devenus ce qu’on n’aime pas trop dans le journalisme jeu vidéo sur internet. De la quantité, de l’instantané, du tout prêt et aucun recul critique.

Le Journal du Gamer revient donc ce soir avec nos points forts et nos points faibles. Parfois, on va traiter de sujets qui ont tendance à marcher (typiquement : les news GTA V avant qu’il ne sorte, les comparatifs, les bons plans, les articles polémiques, les faits divers) pour pouvoir parler, sans se soucier des statistiques, du petit jeu indé obscur qu’on aime bien ou de la news un peu plus sérieuse sur l’industrie qui n’intéresse qu’une minorité de notre lectorat.

Et ce n’est pas Gaël Weiss, ex-rédacteur en chef de feu Tom’s Games, qui va nous contredire.

Essayer d’emmener le lecteur sur le contenu de qualité est compliqué. La balance entre contenu qui marche et contenu de fond qui ne marche pas forcément est difficile à trouver pour rester viable. En tout cas, tant que la publicité sera la source principale de revenus des sites sur internet.

C’est comme ça. On écrit des choses qui nous intéressent, mais qui n’intéressent pas forcément tout le monde.

Il s’agit d’une des contraintes du web, mais il y a nombre d’avantages en contrepartie. On peut être réactifs sur l’actu brûlante, on peut utiliser de nombreux supports pour illustrer nos articles (images, vidéos, mais surtout gifs animés !) et, surtout, on n’est pas limité par la place.

On essaye donc d’utiliser au maximum le format qui nous est offert pour se diversifier, pour traiter différemment l’information dans le fond, mais également dans la forme. Cette farce, « Le Journal du Clic », n’est, au fond, qu’un moyen comme un autre de critiquer le métier qu’on exerce.

Car aujourd’hui, et la fermeture récente de JVN nous le démontre encore, la presse jeu vidéo n’est pas beaucoup plus à la fête sur internet que dans les kiosques. Le marché de la publicité qui s’est effondré il y a quelques années fait que l’audience ne fait plus tout dans la santé financière d’un site internet.

Rodolphe Donain, le rédacteur en chef de JVN (qui s’arrêtera bientôt après une ultime émission qu’on vous invite à regarder), dénonce un journalisme jeu vidéo qui devient de plus en plus intenable.

À l’exception de JV.com, tous les sites perdent de l’argent. La course à l’audience est une forme de course à l’échalote qui ne mène à rien. […] Les journalistes jeu vidéo sont obligés de faire de plus en plus de bruit avec du rien.

Morsay-JDC

Ce rien est malheureusement favorisé par les algorithmes aveugles de Google qui ne font pas toujours la part des choses. Emmanuel Villalba, également rédacteur sur JVN, raconte cet aspect du métier qui l’exaspère.

Google aussi nous enquiquine. Certains sites publient des news vides juste pour avoir un bonus sur le référencement grâce à la publication rapide. C’est n’importe quoi.

Évidemment, de notre côté, nous sommes assez protégés. Une partie conséquente de notre audience nous provient directement de nos collègues du Journal du Geek qui traitent d’une actualité plus généraliste et qui touche un public bien plus large. Mais, malgré cela, vous, les lecteurs, êtes de plus en plus nombreux à nous lire, indépendamment des audiences du Journal du Geek. Ce qui prouve quand même que quelque chose s’est créé.

Ce quelque chose, c’est le positionnement, la proposition que l’on fait, à vous, lecteurs.

Vous êtes évidemment ce que l’on recherche, mais vous n’êtes pas sacrés pour autant. Parfois, on se moque un peu de vous, et parfois n’êtes pas non plus tendres avec nous. On ne cherche d’ailleurs pas nécessairement à vous plaire quand on écrit quelque chose sur le site. Souvent, avant une de publier une news un peu chafouine, on se dit « Ho la la ! Ils vont nous jeter des pierres ! », mais de plus en plus souvent, aussi, on vous découvre un sens de l’humour de plus en plus prononcé, ce qui nous fait plaisir. Peut-être aussi que vous commencez à vous habituer à notre ton et à notre façon de voir le sujet qu’on traite.

Il faut bien reconnaître qu’il y a un sacré manque d’humour dans la presse jeu vidéo web en France. On essaye au maximum de se rapprocher d’un ton que l’on peut trouver sur certains sites anglo-saxons comme Destructoid, Rock Paper Shotgun ou Kotaku. On pense que le jeu vidéo devrait être traité de manière plus détendue. Ce qui n’empêche pas, bien sûr, de traiter de sujets plus sérieux.

D’ailleurs, on essaye de se moquer de tout, y compris de nous-mêmes. Nous sommes bien conscients de notre condition de site web francophone qui subit les mêmes contraintes que tous les autres. Il sera toujours plus difficile pour un journaliste français de sortir une information d’envergure là où un journaliste américain aura à proximité un réseau plus dense et plus impliqué auprès des acteurs du milieu. Mais bon, ça reste possible. On le voit parfois chez nos confrères de chez Gamekult et de chez Canard PC qui sortent à l’occasion des informations exclusives.

Toutefois, pour une grosse partie des news, on restera dépendant de la presse anglophone et des communiqués de presse des éditeurs. Nous, ce qu’on essaye de vous apporter, ce qui nous appartient et qui, on l’espère, nous démarquera, sera notre avis (hé oui, nous ne sommes pas et ne seront jamais impartiaux), notre analyse, notre ton et notre humour. Bref, notre ligne éditoriale.

Le Journal du Clic ! *clic* *clic* *clic*
Le Journal du Clic ! *clic* *clic* *clic*

Nous espérons nous y tenir, quelles que soient les critiques, y compris des lecteurs. C’est un peu notre vœu pieux. Confrontons-le à la réalité et continuons, dès demain, le Journal du Gamer.

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