Google/Droit à l’oubli : la France, championne d’Europe des requêtes

Général

Par Elodie le

Depuis le 13 mai 2014 et la demande de la Cour de Justice de l’Union Européenne à Google d’honorer le droit à l’oubli numérique et à la désindexation, Google a reçu pas moins de 70 000 requêtes d’oubli numérique au cours du mois passé. Pour ne pas déroger à la règle, la France est championne d’Europe des requêtes.

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12 000 requêtes en un jour suite au lancement du formulaire en ligne pour faciliter les démarches des internautes, des millions de pages potentiellement touchées, etc., depuis quelques jours les premiers bilans et défaillances apparaissent. La semaine dernière, des journaux britanniques dénonçaient la censure de plusieurs de leurs articles de presse supprimés à la faveur d’une désindexation rigoureuse de Google.

« Certains résultats peuvent avoir été supprimés conformément à la loi européenne sur la protection des données » est le type de message reçu par le Guardian ou le Mail Online notamment, pour certains de leurs articles. Pour Martin Clarke, directeur de la publication du Mail Online « ces exemples illustrent que le droit à l’oubli est un non-sens. Cela revient à entrer dans une bibliothèque et à brûler les livres que vous n’aimez pas ».

Aujourd’hui, Google livre les premiers chiffres : 70 000 requêtes reçues depuis le 30 mai 2014, 12 000 le premier jour, même si depuis leur nombre « s’est stabilisé à approximativement 1.000 en moyenne par jour », selon Google pour l’AFP. Requêtes qui se répartiraient ainsi :
France : 14 086 demandes
Allemagne : 12 600
Royaume-Uni : 8 500
Espagne : 6 100.

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Ces 70 000 requêtes concernent 267 550 liens incriminés dont près 48 000 liens rien que pour la France (47 927), 47 014 pour l’Allemagne suivi du Royaume-Uni (34 597), de l’Espagne (21 564) et de l’Italie (23 321). Google l’assure, chaque lien doit être « traité individuellement ».
Les internautes français semblent donc avoir beaucoup de choses à cacher ou sont très soucieux de leur vie privée.

Précisons à toute fin utile qu’avancer le chiffre de 70 000 requêtes ne signifie pas qu’elles aboutiront toutes à la suppression d’un ou plusieurs liens, simplement que la demande sera « traitée ».
Cependant, on peut noter qu’en matière de demandes de suppression (de liens, de tweets, etc.), la France (gouvernement et internautes) est en première ligne. En février, lors de la publication des statistiques de Twitter, on apprenait ainsi que la France était championne du monde de la censure de tweets (du moins demandes de censure), elle est ainsi à l’origine de 87% des demandes de suppression de tweet à l’échelle planétaire, ayant abouti à la suppression de 145 tweets au cours de l’année 2013, record mondial. L’effet Manuel Valls sans doute.

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Autre surprise, qui n’en est pas vraiment une, la majorité des « demandes gouvernementales d’informations sur les comptes » sont trustées par les États-Unis qui représentent à eux seuls 59% des demandes (833 requêtes portant sur 1 323 comptes). Suivi du Japon, de l’Arabie Saoudite et… de la France.

Des demandes et suppressions en plein boom constatées dans tous les pays qui ne laissent rien augurer de bon concernant la censure ou la liberté d’expression.

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