[Spécial Coupe du Monde] Allemagne vs Argentine : qui fait les meilleurs jeux ?

Général

Par le

Dimanche, c’est la finale Allemagne-Argentine de la Coupe du Monde de football 2014 ! Mais jouer avec des ballons c’est un peu nul, en tout cas plus fatiguant que jouer sur un écran, alors on s’est dit qu’on allait clasher les finalistes de la grande fête du foot mondial côté jeux vidéo ! Les productions ludiques argentines ont-elles une chance face au rouleau-compresseur germain ? Les pronostics de votre Loto Foot de dimanche ne sont pas à la fin de cet article.

Maradona-Mathaus

Le challenger argentin

Bon, il faut bien l’avouer, avant d’écrire cet article, je ne savais pas grand chose de l’industrie du jeu vidéo argentine. Pourtant, il y en a bien une ! Selon l’ADVA (l’association des développeurs argentins), pas moins de 70 studios existent dans le plus européen des pays latinos. En tout, plus de 2000 personnes bosseraient dans le secteur du jeu vidéo : pas mal, sachant que la production de jeux dans le pays n’a débuté qu’il y a une grosse décennie ! A titre de comparaison, en France, c’est tout de même onze fois plus…

L’Argentine a le marché du jeu vidéo typique des pays émergents qui a quasiment zappé les consoles et où les gamers se comptent sur les doigts d’une main ou presque. Le secteur dans son ensemble dégage à peine 85 millions de dollars par an, l’équivalent du budget de développement d’un AAA comme Watch Dogs…. De taille modeste, les studios argentins bossent à 95% pour des clients étrangers, principalement nord-américains, sur des petits projets pour le web ou pour mobiles. Pêle-mêle, des adaptations de dessins animés ou de gammes de jouets, plein des jeux basiques à scrolling en veux-tu en voilà, du runner et du jeu de réflexion à micropaiements, des adaptions locales de free-to-play à succès

RF1024x768-1

Quelques jolis projets originaux permettent cependant au pays de fièrement tenir tête. Par exemple, le studio Competir a créé le portail Aula365, une plateforme d’apprentissage ludique avec des jeux persistants. D’abord destiné aux plus jeunes, le studio décline son projet pour l’apprentissage pour les adultes. Autre succès, Champions of Regnum, MMORPG free-to-play lancé en 2007 et toujours vivant sept ans plus tard qui jouit d’une solide communauté. Côté indés, lle FPS horrifique Doorways de Saibot Studios a réussi à faire parler de lui l’an dernier tandis que le point & click humoristique Reversion de 3F a passé les 100 000 ventes il y a peu.

Des indépendants commencent également à émerger, notamment Daniel Benmergui qui a décroché l’IGF Nuovo Award en 2012 avec son jeu Storyteller où il faut résoudre des énigmes… en racontant des histoires. Le titre a l’air très chouette mais est encore en développement, actuellement en pause le temps que l’homme finisse un projet de RPG… Bref, ne nous voilons pas la face, à l’heure actuelle, en matière de jeu vidéo, l’Argentine évolue encore en ligue régionale et devra progresser lentement par le biais de l’auto-édition…

Le géant allemand

De l’autre côté du Rhin, forcément, les choses sont bien différentes. Comme la plupart des pays d’Europe du nord, l’Allemagne a quelques éditeurs nationaux et toute une foule de développeurs de toutes tailles, du gros studio tentaculaire type Crytek aux petits indés qui mangent du currywurst dans leur garage. Selon le BIU (le lobby germain des éditeurs, l’équivalent de notre SELL), le jeu vidéo nourrirait plus de 10 000 travailleurs en Allemagne. Eh oui, cinq fois plus que l’outsider argentin…

giphy

Là où l’Argentine se fait vite enterrer, c’est sur le marché intérieur : c’est que nos amis teutons aiment bien tâter du pad et de la souris ! 2,66 milliards d’euros dépensés par les gamers l’an dernier, 5% de la consommation mondiale et le premier pays joueur d’Europe. D’accord, c’est aussi le pays le plus peuplé.

Côté jeux, eh bien vous avez de tout, vraiment de tout. Historiquement marché PC, l’Allemagne s’illustre surtout dans les jeux spécifiques à ce support. Pêle-mêle, citons les séries The Settlers et Anno pour la gestion, plein de point & click comme la récente trilogie Deponia, les RPG Risen, Gothic, Sacred, mais aussi le premier Far Cry quand le FPS n’était pas encore trop un truc de consoleux puis les Crysis… Je continue ou vous voulez la liste ? Ça calme, c’est assez solide, même s’il y a des Simulator chelous et des adaptations d’Alerte Cobra dans l’histoire. Et je ne vous parle même pas de la foule de browser-games et de localisations de MMO qui se font là bas, ni même des coquins de Nintendo Europe, ces mecs cools qui sortent chez nous des jeux quand Nintendo USA les sort pas.

Bon, de toute façon ce n’est pas aussi bien que ce qu’on fait en France (chauvinisme gratuit). Mais on a pas été foutus de mettre 7-1 à qui que ce soit alors on va se calmer, miser sur l’Allemagne et baisser les yeux devant Angela parce qu’Angela, elle n’a pas de nanosuit mais ELLE TE FLINGUE.

giphy2