Il y a dix ans, Pokémon GO est sorti et a littéralement changé le monde. Pas de manière métaphorique, hein, mais de manière concrète, physique, observable. Pendant quelques semaines en juillet 2016, les parcs du monde entier se sont remplis de gens de tous âges, de tous milieux, qui se regardaient en souriant parce qu’ils chassaient tous le même Ronflex dans la même zone. Ce moment reste gravé comme quelque chose d’unique dans l’histoire du jeu vidéo, voire au-delà. L’humanité n’a peut-être jamais été aussi proche de la paix dans le monde que ces quelques semaines de l’été 2016 où nous chassions tout des Pokémon sur GO dans les parcs à l’unisson.

Dix ans plus tard, tout le monde pense que Pokémon GO, c’est mort. Pourtant, le jeu génère encore des dizaines de millions d’euros chaque mois. Il continue d’évoluer, de se renouveler, et surtout des événements en personne remplissent des parcs entiers de joueurs passionnés. Le GO Fest de Copenhague 2026, c’est la preuve vivante que la communauté Pokémon GO reste encore particulièrement active et diverse. 60 000 tickets, sold out dans la capitale danoise.
Et cette année, la localisation n’est pas un hasard : Copenhague, c’est le pays de naissance du LEGO, et Niantic a eu la bonne idée de s’associer avec le géant de la brique pour offrir quelque chose d’unique à cette édition. Collaboration logique sur le papier, résultats mitigés sur certains points, mais on y reviendra.
C’est quoi, le Pokémon GO Fest ?
Pour ceux qui n’ont jamais eu la chance d’y participer, le GO Fest, c’est l’événement annuel majeur de Pokémon GO. Il se décline en trois étapes : trois villes dans le monde accueillent un événement en personne (cette année Tokyo, Chicago et Copenhague), avant qu’un événement global en ligne soit proposé à tous les joueurs du monde entier quelques semaines plus tard.

L’édition en personne, c’est une autre dimension. Elle se divise en deux grandes expériences : une session dans un parc dédié (ici Fælledparken, le grand parc public de Copenhague), et une expérience qui s’étend à travers toute la ville. Le billet de base à 200 couronnes danoises (environ 27 euros) donne accès à une session parc et à une journée complète de gameplay en ville. Des add-ons permettent d’étendre l’expérience sur plusieurs jours : l’add-on Raid Lover pour doubler les Raid Pass quotidiens (de 9 à 18 par jour) et la possibilité d’acheter des jours de gameplay en ville supplémentaires pour ceux qui veulent rester explorer Copenhague sur la durée. Il existe aussi un add-on Premier Access à 100 dollars, qui donne accès à une file prioritaire vers le Pokémon Center Pop-Up, un salon VIP avec toilettes améliorées et bornes de recharge, ainsi qu’un objet de collection exclusif. Clairement le genre de truc qui divise la communauté.
Dans le parc, tout se passe de 9 h à 18 h. L’espace est divisé en quatre zones thématiques, chacune avec ses propres spawns sauvages, ses missions de terrain et ses récompenses spécifiques. Côté contenu narratif, c’est Candela, la leader de la Team Valor, et le Professeur Willow qui guident les dresseurs à travers une Recherche Spéciale inédite centrée sur la découverte d’un Pokémon Mythique : Zeraora, le Pokémon Éclair, qui fait ici ses débuts mondiaux dans Pokémon GO. Un seul Zeraora par compte, peu importe le nombre d’événements GO Fest auxquels on assiste dans l’année : si on a déjà eu la rencontre à Tokyo ou Chicago, on reçoit des bonbons Zeraora à la place. La Recherche Spéciale n’a pas de date d’expiration, ce qui laisse le temps de la compléter tranquillement.
Les Raids sont un pilier central de l’expérience. Avec 9 Raid Pass gratuits par jour inclus dans le billet (18 avec l’add-on Raid Lover), les dresseurs peuvent enchaîner les affrontements pendant toute leur session. Mewtwo est de retour en Raids 5 étoiles dans toute la ville pendant la durée de l’événement, ce qui donne une bonne raison de ne pas rester uniquement dans le parc.
La grande attraction de chaque session reste le Super Méga Raid, qui se déroule dans les 30 dernières minutes du temps imparti dans le parc. Des arènes spéciales apparaissent à ce moment précis, permettant à plus de 2000 dresseurs de se retrouver simultanément pour affronter Méga Mewtwo X et Méga Mewtwo Y. Le Mewtwo capturé lors de ces raids obtient automatiquement un arrière-plan exclusif GO Fest 2026 et son premier niveau Méga déjà débloqué, ce qui représente un avantage non négligeable. Avec de la chance, il peut même arriver avec le Méga Niveau 2 ou 3 débloqué d’emblée.
Tauros de Paldea forme Combat en version shiny, est aussi une exclu de Copenhague parmi les trois villes du tour 2026.

L’expérience en ville propose quatre Recherches Limitées dans le temps, une par biome de Copenhague. Compléter au moins deux biomes permet d’obtenir un badge exclusif « Expert Pokémon GO », uniquement disponible pour les participants en personne. Les dresseurs qui complètent suffisamment de défis dans la ville débloquent en bonus une Recherche Limitée supplémentaire leur permettant de choisir entre une rencontre avec Méga Mewtwo X ou Méga Mewtwo Y avec le Méga Niveau 1 déjà activé.
Copenhague a en plus une exclusivité de taille que n’avaient pas Tokyo ni Chicago qui est évidemment la collaboration LEGO. Pour comprendre pourquoi cette ville a été choisie, on a eu l’occasion d’échanger avec Lena Cillis, responsable des événements live de Pokémon GO pour la région EMEA. Elle nous a expliqué comment les villes hôtes sont sélectionnées : C’est un mix d’accessibilité du marché, de base de joueurs existante, d’attractivité pour les voyageurs internationaux ainsi que l’historique événementiel de la ville. Copenhague cochait toutes les cases et son caractère très praticable à pied en faisait un terrain idéal pour l’expérience au travers de toute la ville. L’organisation a travaillé en étroite collaboration avec le Conseil municipal de Copenhague et l’agence Wonderful Copenhagen pour mettre l’événement sur pied. Un chantier qui, selon Lena, prend généralement entre un an et un an et demi de préparation, avec les défis que ça implique quand on opère dans des pays aux législations, aux langues, aux devises et aux conditions météo très différentes d’une édition à l’autre.

La collaboration LEGO, donc, c’est bien plus qu’un logo sur une affiche. Dans Fælledparken, une LEGO Play Zone officielle propose des activités interactives, dont une construction de Poké Ball en briques et une compétition de speed-building. Des installations entièrement construites en LEGO habillent le parc et rappellent à chaque coin qu’on est bien à Copenhague, dans la ville qui a donné naissance à l’une des marques de jouets les plus iconiques de l’histoire. En ville, les deux LEGO Stores (celui du centre et celui de Tivoli Gardens) deviennent des PokéStops thématiques avec activités et cadeaux exclusifs. Une chasse aux tampons dans toute la ville complète le dispositif, avec à la clef une rencontre avec un Pikachu à fond spécial, et des stickers thématiques exclusifs à récupérer en tournant les PokéStops des enseignes partenaires.
L’aventure dans le parc de Fælledparken

Retrouver cette ambiance, c’est chaque fois une sorte de retour aux sources. Comme aux Championnats du Monde, la communauté Pokémon a ce truc particulier, une bienveillance qu’on ne retrouve pas souvent ailleurs. Des gens de tous les coins du monde, de tous les âges, réunis autour d’une même passion, et avec une énergie collective qui finit par être communicative même pour les moins expressifs d’entre nous.
Les Super Raids et la capture des Mewtwo Méga-Évolués ont donné lieu à des scènes mémorables. Des cris, des sifflements, des dresseurs qui se congratulent après une capture réussie. Ces élans de joie collective, c’est en partie ce qui justifie le déplacement.
Logistiquement, l’événement est bien pensé. Le parc est suffisamment grand pour absorber la foule sans que ça devienne irrespirable, les PokéStops sont nombreux et bien répartis, et les différentes zones de jeu sont clairement délimitées pour que chacun s’y retrouve facilement. On peut récupérer plusieurs goodies gratuits sur place, dont la fameuse construction LEGO en forme de Poké Ball.

Le GO Fest, c’est aussi l’occasion pour les communautés locales et internationales de se retrouver physiquement. On croise des groupes Discord entiers qui se sont organisés des semaines à l’avance, des joueurs qui ont traversé l’Europe pour l’occasion, des familles, des vétérans du jeu et des plus récents. L’atmosphère de rassemblement autour d’une passion commune rappelle, ce fameux été 2016. Pas tout à fait la même innocence, mais le même fond de chaleur humaine.
Mention spéciale au rituel qui revient à chaque GO Fest et qui ne manque jamais d’émouvoir avec les demandes en mariage. L’événement est devenu, au fil des années, un endroit de prédilection pour ce genre de moment. Et c’est finalement assez logique. Pokémon GO a créé de nombreux couples qui se sont rencontrés en capturant des Pokémon, et il y a quelque chose de beau à célébrer ça entouré de milliers de gens qui ont cette passion commune.
Déambulation dans Copenhague
L’expérience ne se limite pas à Fælledparken, et c’est une des grandes forces du format GO Fest. Copenhague s’y prête particulièrement bien, la ville est agréable à arpenter et les joueurs présents en dehors du parc sont nombreux, ce qui donne une impression de ville entière investie par l’événement plutôt qu’un simple rassemblement dans un coin de quartier.
La bonne surprise, c’est la présence d’installations au cœur de la capitale. Des transats et un lieu de distribution de boissons ont été mis en place en ville, ce qui permet de souffler entre deux Raids ou deux biomes à explorer. C’est une initiative simple, mais efficace qui montre que l’organisation a pensé à rendre l’expérience confortable sur la durée, pas uniquement dans l’enceinte du parc.
La collaboration LEGO s’étend également en ville, notamment au LEGO Store du centre-ville. L’intention est bonne, et l’idée de pousser les joueurs à sortir du parc pour explorer la ville en passant par une institution aussi iconique de Copenhague que le LEGO Store est cohérente sur le papier. En pratique, la visite débloque un code permettant d’obtenir un seul incubateur. On ne va pas se mentir, on aurait clairement espéré davantage pour récompenser le déplacement. Quand on voit le potentiel qu’aurait pu avoir ce partenariat côté bonus in-game, un incubateur unique fait un peu léger et laisse un sentiment d’occasion manquée. La collab est belle à voir dans les rues, les installations LEGO sont réussies et l’ambiance générale dans les magasins est sympa, mais Niantic aurait pu pousser le curseur un peu plus loin sur les récompenses concrètes pour vraiment boucler la boucle.

Les quatre biomes à explorer pour le badge Expert Pokémon GO donnent une bonne excuse pour se balader dans des coins de Copenhague qu’on n’aurait peut-être pas visités autrement, et c’est finalement l’un des aspects les plus sous-estimés du format GO Fest en ville : il transforme l’exploration urbaine en quête. Pour peu qu’on soit curieux, on finit par découvrir la ville autrement qu’en simple touriste.
En résumé, Copenhague 2026 confirme ce qu’on savait déjà : Pokémon GO n’est pas mort, et son GO Fest reste l’un des événements les plus singuliers du jeu vidéo moderne. Pas parfait, avec quelques frustrations notamment sur le rapport entre l’ambition de la collab LEGO et ce qu’elle offre vraiment en jeu, mais capable comme peu d’autres de réunir des milliers de personnes dans la joie et la bonne humeur. Dix ans après cet été 2016, c’est encore là, et c’est toujours aussi beau à voir.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.