Un tribunal brésilien demande à Apple et Google de supprimer une application à distance

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Par Jerome Durel le

L’application Secret ne plaît pas trop au juge brésilien Paulo Cesar de Carvalho. Il exige qu’Apple et Google la suppriment des terminaux sur lesquels elle est installée. Microsoft n’est pas oublié avec son équivalent sous Windows Phone : Cryptic.

secret

L’application est au cœur d’une affaire portée devant la cinquième chambre civile de la cour de Vitória, une ville située à environ 400 km au nord-est de Rio. Secret permet en effet de dévoiler de manière anonyme des secrets (ou des diffamations) sur des personnes bien identifiées. C’est déjà étrange en soi, mais elle pose des problèmes au Brésil plus qu’ailleurs.

Le juge motive sa décision sur la base de l’article 5 de la constitution brésilienne (disponible ici). Si ce dernier garantit la liberté d’expression, elle interdit également l’anonymat, et pose quelques limites quant à la protection de la vie privée et impose une compensation en cas de violation. En clair l’anonymat est loin d’être aussi protégé qu’aux USA ou chez nous par exemple. En lisant rapidement la constitution, on s’aperçoit toutefois que les sources des journalistes sont protégées.

Sur cette base et en prenant pour exemple le cas d’un consultant ayant découvert sur Secret des photos de lui nu avec un texte disant qu’il était séropositif, ce qui lui avait porté préjudice, la cour demande donc à Apple, Google et Microsoft de procéder au retrait des terminaux et bien évidemment des magasins d’applications. Les firmes ont 10 jours pour s’exécuter, sous astreinte de 20 000 réals (environ 6600 euros) par jours.

Si cela n’a jamais été effectué jusqu’à présent, la procédure d’effacement à distance est possible, enfin du moins de blocage de l’application. Le mécanisme a été prévu en cas d’urgence, notamment pour les logiciels malveillants les plus graves. Les sociétés s’en passeraient bien, et nul doute qu’elles se battront pour ne pas avoir à le faire, suite au prochain épisode.

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