Huntbnb.com chasse les sous-locations

Général

Par Elodie le

Crée par deux développeurs de la région de San Francisco, Huntbnb permet aux propriétaires de vérifier que leur bien n’est pas sous loué sans leur autorisation. Un site qui fait donc la chasse aux sous-locations entre particuliers, ce dont se défendent ses deux créateurs, mais qui pourrait également se révéler une aubaine pour le fisc. Explications.

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Robert Mitchum dans La Nuit du chasseur

Le site de sous-locations saisonnières Airbnb connait un succès colossal. Il permet à des particuliers de sous-louer leur maison ou appartement pour un temps défini et moyennant une somme fixée par le locataire ou propriétaire du bien. Néanmoins, depuis peu, la résistance s’organise, propriétaires, hôteliers et administrations souhaitent avoir leur mot à dire sur ce marché auquel ils n’ont pas accès.

Les premiers pour vérifier que leur locataire ne se remplit pas les poches sur son bien, les seconds vitupèrent qu’Airbnb les coule, les derniers aimeraient bien récupérer quelques taxes (taxe de séjour et déclaration de revenus aux impôts) au passage.

C’est là qu’Huntbnb entre en jeu. Rien de plus simple une fois sur le site, vous entrez l’adresse exacte de votre bien et s’il est mis en sous-location il apparaitra avec l’ensemble des annonces proposées dans un rayon de 500 mètre autour de l’adresse indiquée (souvent masquée ou incomplète sur Airbnb). Enfin ça, c’est pour la théorie. Dans les faits, le site – censé être opérationnel aux États-Unis – galère encore un peu et laisse un grand nombre d’annonces sur le bas-côté. La France ne semble pas encore concernée.

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Huntbnb_chasse_sous-location

Pour Bhargav Errangi et Alex Stelea, les deux développeurs à l’origine du projet, il n’est pas question d’être un « anti-airbnb », société désormais valorisée à plus de 10 milliards de dollars (7,5 milliards d’euros) depuis avril :

« Ce site peut bénéficier aux propriétaires qui voudraient vérifier que leur propriété est listée sur Airbnb sans leur permission. Les locataires qui voyagent vers une nouvelle ville pourront trouver un logement à proximité de leur lieu de travail »

Choses qu’ils pouvaient déjà faire sur Airbnb…

Là où le bât blesse, comme le précise Le Monde, c’est qu’en plus de permettre aux propriétaires de vérifier que son bien ne sert pas à renflouer les caisses de son locataire, le site pourrait donner des idées aux fisc. Mais gageons qu’il y avait déjà pensé ! L’administration fiscale pourrait ainsi demander des comptes aux contrevenants en leur rappelant que la location saisonnière est soumise à déclaration et au paiement d’une taxe de séjour.

En février avait eu lieu la première condamnation, en France, d’un locataire ayant proposé illégalement son appartement à la sous-location.

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L’ancienne ministre du Logement EELV, Cécile Duflot, en avait fait son cheval de bataille avec la loi ALUR (Accès au Logement et un Urbanisme Rénové), considérant que ce phénomène contribuait à la pénurie de logements dans la capitale parisienne. Ce qui avait donné des sueurs froides aux plateformes proposant ces services et aux personnes en bénéficiant.

Le texte, adopté en première lecture à l’Assemblée Nationale, prévoyait pour les plateformes que « toute personne qui se livre ou prête son concours contre rémunération, par une activité d’entremise ou de négociation ou par la mise à disposition d’une plateforme numérique à la mise en location d’un [meublé touristique] informe le loueur des obligations de déclaration ou d’autorisation préalables prévues par [le code du tourisme et le code de la construction et de l’habitation] et obtient de lui, préalablement à la location du bien, une déclaration sur l’honneur attestant du respect de ces obligations.« .

Et pour les locataires souhaitant proposer leur logement : « Tout intermédiaire qui participe à la mise en location d’un meublé de tourisme doit, au préalable de sa mise en location, obtenir du propriétaire l’attestation de déclaration du meublé qu’il aura préalablement faite auprès du maire de la commune où est situé le meublé. Cette attestation sera produite par la commune où est situé le meublé ».

Las. Le 21 mars, le texte a été retoqué sur décision du Conseil Constitutionnel.

Désormais, le nerf de la guerre se situe entre propriétaire (bailleur) et locataire, le fisc en embuscade pour les premiers qui abuseraient d’un système qui peut se révéler très lucratif. Huntbnb peut bien chasser, Airbnb lui, est déjà loin.

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