Quel est ce « Prix Nobel alternatif » décerné à Edward Snowden ?

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Par Elodie le

Considéré comme le « Prix Nobel alternatif », le « Right Livelihood Award » vient d’être décerné à Edward Snowden pour « son courage et son talent » alors même qu’il est toujours recherché par les États-Unis et reste inculpé pour délit d’espionnage.

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Snowden en une de Wired

Crée en 1980 par le suédois Jakob von Uexkull, ancien député européen Vert, le Right Livelihood Award est décerné au sein du Parlement suédois, quelques jours seulement avant la remise des Prix Nobel, ce qui lui vaut d’être désormais désigné comme le « Prix Nobel alternatif ».

Le prix Righ Livelihood, dont le but est « d’honorer et de soutenir ceux qui offrent des réponses pratiques et exemplaires aux défis les plus urgents auxquels nous devons faire face aujourd’hui » récompense aujourd’hui le désormais célèbre lanceur d’alerte Edward Snowden pour avoir révéler au monde entier les pratiques de surveillance massive de la NSA et du gouvernement américain.

« Le prix honorifique Right Livelihood est attribué à Edward Snowden pour son courage et son talent à révéler l’ampleur sans précédent de la surveillance par un État, qui enfreint les processus démocratiques et droits constitutionnels de base » a indiqué dans un communiqué la fondation de Stockholm qui remet le prix chaque année.

Les 500 000 couronnes suédoises (environ 54 870 euros) dévolues aux lauréats ont vocation « à soutenir une action réussie et qui se poursuit » et ne doivent pas être donnés à titre personnel, c’est en cela que le prix est « honorifique ». L’argent du prix doit « financer un soutien juridique » au whistleblower réfugié en Russie depuis plus d’un an. Ce dernier pourrait d’ailleurs bientôt s’exiler en Suisse si l’on en croit plusieurs médias helvétiques.

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Un prix qui embarrasserait le gouvernement suédois selon Numerama rapportant les informations de abc news. En effet, chaque année depuis 1995, le gouvernement suédois laisse à disposition une salle de presse du Ministère des Affaires étrangères pour que soit révélé le nom des lauréats. Sauf que cette année, malgré l’envoi des invitations la semaine précédente, les portes sont restées closes. Un « casse tête diplomatique » pour le Ministère qui a préféré retirer au jury son autorisation d’y faire son annonce en prétextant des mesures de sécurité mise en place depuis le 1er septembre et interdisant les « événements extérieurs ». Pour le fondateur du prix, Jakob von Uexkull, il ne fait aucun doute que c’est la mention de l’ex-agent de la NSA dans la liste des lauréats envoyé au Ministère qui a abouti à ce refus.

Quoiqu’il en soit, Edward Snowden a partagé son prix avec Alan Rusbridger, le rédacteur en chef du quotidien britannique The Guardian qui a publié pléthore d’articles dénonçant les agissements de la NSA sur la base des documents de Snowden. Il s’est dit « ravi » de partager ce prix avec lui « parce que je pense qu’il est un lanceur d’alerte qui a pris des risques considérables avec sa propre liberté afin de dire à la société des choses que les gens avaient besoin de savoir. »

Edward Snowden est toujours sous le coup d’une inculpation pour trois délits d’espionnage relevant de l’Espionnage Act de 1917, délits passible de trente ans de prison, le gouvernement américain ne requérant pas la peine de mort contre l’ex-agent comme l’avait assuré Eric Holder – alors encore Ministre de la Justice – dans une lettre envoyée à son homologue russe, Alexandre Konovalov, en juillet 2013.

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