[Megaupload] Kim Dotcom se dit « ruiné » et craint une extradition

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Par Elodie le

Le fondateur de Megaupload se dit « ruiné » et craint donc d’être extradé, ne pouvant s’acquitter d’une nouvelle caution si la justice néo-zélandaise l’exigeait.

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Une défense à plusieurs millions de $
On avait laissé Kim Dotcom en juin, toujours aux prises avec la justice et réclamé par les États-Unis afin de solder un litige vieux de 3 ans.
À cette époque, il ne se disait pas encore ruiné puisqu’il offrait 5 millions de dollars à toute personne lui apportant la preuve du complot tramé par la Maison Blanche pour le faire tomber.
Selon ses dires, après des années de procédure, il n’a plus les moyens de payer une nouvelle caution l’empêchant de se voir offrir un aller direct en prison et synonyme d’extradition.

Mercredi 26 novembre, soit la veille du réexamen de sa caution, l’exubérant Kim Schmitz, 40 ans, confiait son désarroi face à une situation qu’il ne maîtrise plus, dans le cadre d’une conférence unBound Digital au Royaume-Uni.

Je suis sans défense et les juges veulent profiter de la situation pour révoquer ma caution. Ils m’ont vidé les poches. Ceci pourrait être ma dernière apparition publique et si je retourne en prison, vous pourrez le dire à tout le monde.

Perquisition, saisies et avoirs gelés
Arrêté en 2012 dans sa luxueuse résidence d’Auckland à la demande de la justice américaine, qui l’accuse d’avoir amassé quelques 175 millions de dollars (140 millions d’euros) grâce à la vente de ses copies piratées –films, séries, émissions télé, etc.– disponibles sur Megaupload du temps de sa grandeur, il avait été remis en liberté moyennant le paiement d’une caution. À l’époque, la police néo-zélandaise avait précisé avoir perquisitionné plusieurs endroits dont sa villa, Dotcom Mansion, saisis plusieurs de ses biens dont une Cadillac Rose de 1959 et une Rolls Royce Phantom et gelés ses avoirs sur plusieurs comptes bancaires, 11 millions de dollars néo-zélandais (6.83 millions d’euros). En août, la justice néo-zélandaise a confirmé poursuivre le gel des avoirs de Dotcom jusqu’en avril 2015.

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La Mansion Dotcom à Auckland – crédits Wilk

Après avoir déboursé près de 10 millions de dollars US pour sa défense, celui-ci n’a plus les moyens de s’en offrir une, raison pour laquelle ses avocats l’ont récemment lâché (AFP).
Son entrée dans l’arène politique avec le parti de l’Internet, qui s’est ramassé au législatives, n’aurait pas été du goût du gouvernement qui l’aurait donc descendu :

Avant de me lancer en politique, j’étais populaire en Nouvelle-Zélande. Tout le monde me soutenait. Mais le Premier ministre et son parti m’ont attaqué de manière odieuse, me faisant passer pour un nazi et affirmant que je m’engageais uniquement pour empêcher mon extradition.

Appliquant cette sentence : « Maintenant je suis un paria ».

Le risque d’une extradition ?
Très mauvaise passe pour Kim Dotcom donc, d’autant plus qu’il s’est séparé de sa femme, mère de ses 5 enfants, en mai dernier.
Est-ce la fin pour le fondateur de Megaupload ? Ou joue-t-il au mal aimé, « ruiné » par un complot politique destiné à l’abattre ? Réaliste, il concède que son train de vie ne l’a pas aidé à se faire des amis ou à bénéficier d’un peu de compassion : « Voyager en jet privé et rouler dans des voitures immatriculées DIEU, DEFONCE et MAFIA n’est certainement pas le meilleur moyen de faire profil bas ».

Woody-Harrelson

Au chapitre des regrets, le plus grand reste celui de ne « pas avoir pris au sérieux le risque lié au droit d’auteur et la MPAA (Motion Picture Association of America, ndlr). […] Nous pensions être protégé par la loi DMCA [pour Digital Millenium Copyright Act, ndlr], a-t-il expliqué lors de la vidéoconférence. Nous n’avons jamais pensé une minute que quiconque apporterait des charges criminelles contre nous. Nous avons eu un conseiller juridique interne, nous avons fait appel à trois entreprises externes qui ont travaillé pour nous pour examiner nos sites, et pas une seule fois l’un d’entre eux a mentionné une forme de risque légal ». Il reconnait avoir « sous-estimé le lobby du copyright ».

C’est ce jeudi 27 novembre, à l’issue de sa nouvelle audience, qu’il saura si sa demande de caution est révoquée et s’il retourne en prison. Un retour au pénitencier qui relancerait l’intrigue autour de son éventuelle extradition vers les États-Unis. Quoiqu’il en soit, Kim Dotcom préfère garder le sourire et un certain panache : « Si je vais en prison, envoyez-moi une photo de chat ».



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Les péripéties de Megaupload et Kim Dotcom.

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