Emmanuel Macron au CES : « ll faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires »

Evénement

Par Elodie le

Et là, c’est le drame. Emmanuel l’américain, le libéral, l’ancien banquier d’affaires pour Rothschild, a encore frappé provoquant la « consternation » de la gauche et l’emballement des réseaux sociaux.

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Invité à s’exprimer sur sa présence au CES (Consumer Electronics Show), sis à Las Vegas, et l’avenir des start-up françaises par les Échos, en sa qualité de ministre de l’Economie (jusque là rien de choquant), Emmanuel Macron est d’abord revenu sur la fin éventuelle du « French Bashing » : C’est à nous d’en décider, parce que les principaux responsables du « french bashing », ce sont d’abord certaines élites en France. Je veux convaincre les entreprises étrangères de venir investir en France en leur montrant que nous sommes en train de bouger. ».

Pour faire ensuite le lien avec les start-up françaises :

Je suis aussi ici pour accompagner les start-up françaises, ce qu’on appelle avec fierté la « french tech ». C’est un élément clef de notre redémarrage. La France est un succès pour les start-up, Paris est déjà un vrai hub. Mais nos start-up manquent de financements, non pas pour naître, mais pour grandir.

On pourra aussi lui suggérer que pour grandir il ne faut pas être étouffé de dettes avant même d’avoir gagné son premier sous grâce à sa nouvelle entreprise. Mais passons, c’est un autre débat.
Afin de permettre aux start-up françaises de s’épanouir, il estime qu’il faut « améliorer les possibilités d’investissement en fonds propres, favoriser les fusions-acquisitions par les grands groupes. »
Il poursuit : « Je veux qu’on ait des premières introductions en Bourse sur le marché Enternext dans l’année. Il faut des success-stories, car elles créent un fort effet d’entraînement », et de décliner les mesures pour permettre ces réussites : « Nous continuons d’améliorer les dispositifs sociaux et fiscaux avec les mesures prévues dans la loi activité sur les actions gratuites par exemple. Nous allons également monter avec la BPI un fonds pour faire des co-investissements de ‘business angels’ ».

Emmanuel Macron au CES 2015 - crédits Robyn Beck/AFP
Emmanuel Macron au CES 2015 – crédits Robyn Beck/AFP

Attention, polémique en approche :

Les entrepreneurs qui réinjectent leur argent en France ont un rôle fondamental à jouer. L’économie du Net est une économie de superstars. Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. Je ne fais pas partie de ceux qui stigmatisent les entreprises du CAC 40, car ce sont elles qui structurent l’économie française. Il faut que les start-up d’aujourd’hui préfigurent le CAC 40 de demain.

Un ministre socialiste, ancien banquier d’affaires qui parle ouvertement d’argent et de réussite professionnelle et sociale, en 2015, dans un France empêtrée dans la crise, ça fait tache, surtout quand les réseaux sociaux lui rappellent les propos de certains de ses collègues ou de son président, François Hollande :

Et la toile s’emballe :

Pourquoi opposer les deux ? Ne pourrait-il pas y avoir des jeunes qui ont envie de réussir, par le travail, dans la high-tech, sans passer par la case télé-réalité. Non parce que, on a beau jeu de nous vendre continuellement une génération de décérébrés, seulement attirée par la réussite facile et la gloire télévisuelle, pour ensuite cracher sur ceux qui veulent devenir riches (certes, ce n’est pas une fin en soi, d’autres voies existent pour s’épanouir et « réussir » que de devenir milliardaires, fort heureusement) ou tout simplement réussir dans la voie qui est la leur. Mais s’ils y arrivent, par le travail, en créant une entreprise française, grand bien leur fasse. Surtout s’ils « réinjectent leur argent en France« .

Ce qu’on reproche à Emmanuel Macron, ce serait-ce pas plutôt la politique de son gouvernement ? Son manque de résultats probants qui tardent à se faire sentir au sein de la société française et qui engendrent frustrations et colère.

Avant de dire : « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires », ne faudrait-il pas d’abord créer les conditions/leviers – en France – pour qu’ils le puissent le devenir ? La réussite, et l’argent qui l’accompagne, n’est pas une maladie honteuse.

Finalement, le problème n’est peut-être pas tant ces propos (le but ultime de tout jeune dans la vie est-il de devenir milliardaire ? Chacun voit midi à sa porte) que le contexte dans lequel il est dit et la personne qui délivre ce message. Mais aussi que ces « jeunes français » qui ont envie de le devenir, dans l’high-tech ou tous autres secteurs, par le travail et/ou en créant leur entreprise, partent dans un autre pays pour tenter leur chance et s’accomplir. Le French Dream n’est pas encore né. Quant à la polémique, elle n’a (déjà) que trop vécue.

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