[Cybersécurité] Zuckerberg, Page, Schmidt et Mayer snobent Obama

Sur le web

Par Elodie le

Invités à participer au sommet sur la cybercriminalité par le président Barack Obama, devant ouvrir la voie à une collaboration toujours plus étroite entre l’administration US et les acteurs du Net, Mark Zuckerberg de Facebook, Larry Page et Eric Schmidt de Google ainsi que Marissa Mayer, CEO de Yahoo!, ont préféré boycotter la conférence.

zuckerberg_page_schmidt_mayer_snobent_obama_cybersecurite

Collaboration entre autorités US et entreprises du Net

Emploi du temps trop chargé ? Désintérêt ? Fronde manifeste ? Pour les observateurs, c’est la fronde qui semble l’emporter. En effet, depuis les révélations sur la surveillance de masse perpétrée par la NSA, les relations entre la Maison-Blanche et la Silicon Valley se sont tendues.

Non seulement les géants du web avaient à cœur de restaurer la confiance perdue de leurs clients, refroidis par la divulgation de leur collaboration, active pour certains d’entre eux, avec l’agence de sécurité nationale, mais ils ont également été déçus par la réforme promise par Obama sur le rôle de la NSA. Une réforme en forme de coquille videdont les actions fortes se font encore attendre.

C’est d’ailleurs de ça dont il était, entre autres, question pour ce sommet sur la cybersécurité organisé par la Maison-Blanche, ce vendredi 13 février à l’université de Stanford en Californie : la collaboration entre les autorités et les entreprises du web.

La Silicon Valley ? c'était mieux avant !!!
La Silicon Valley ? C’était mieux avant !!!

Et certains des plus illustres patrons de la Silicon Valley ont tenu à marquer leur opposition en déclinant l’invitation. À la place, ils ont fait venir leur responsable en sécurité. Ainsi, Mark Zuckerberg (Facebook), Larry Page et Eric Schmidt (Google) mais également Marissa Mayer (Yahoo!) s’étaient fait porter pâles. Seuls Tim Cook, CEO d’Apple, ainsi que des représentants de Microsoft, PayPal ou encore American Express étaient présents.

Cybersécurité : géants du web Vs NSA

Si la cybersécurité est un sujet majeur, le contexte des derniers mois n’a pas joué en la faveur des autorités américaines.
Il y a presque un an maintenant, suite à de nouvelles révélations mettant en cause la NSA et son utilisation de Facebook pour parvenir à ses fins, Mark Zuckerberg tançait le gouvernement américain qui « devrait être le champion d’internet, pas une menace. »

Quelques mois plus tard, c’est le FBI qui s’en prenait à Apple et Google pour leurs nouvelles méthodes de chiffrement. Le directeur du bureau fédéral se disait « très préoccupé » et appelait les deux entreprises à modifier leur politique de sécurité afin de ne pas laisser des criminels passer entre les mailles du filet. Sans quoi, il souhaitait imposer des backdoors légales sur iOS et Android.

Le directeur du FBI a dû être quelque peu décontenancé alors qu’il y a peu, Google collaborait encore avec son institution.

S’ils ont obtenu satisfaction sur le dossier de la neutralité du Net, qui vient d’être consacré par le régulateur américain, la FCC, après des mois de bataille larvée, ils n’offrent pourtant pas de chèque en blanc à Obama, le candidat chouchou de la Silicon Valley lors des deux dernières campagnes présidentielles.

"Touchez pas au grisbi"
« Touchez pas au grisbi »

Vers un renouvellement du Patriot Act ?

À la fin du mois de février, la FCC doit valider cette consécration de la neutralité du Net par une série de mesures censée acter le principe face aux FAI, dont les mastodontes Comcast, Verizon et AT&T, et faire d’Internet un « service public », hors de toutes considérations mercantiles ouvrant la voie à un Internet à deux vitesses.
De plus, en juin, le Patriot Act, né des attentats du 11 septembre, prend fin et peut être potentiellement reconduit. Celui-ci permet à peu près tout aux autorités américaines sous couvert de lutte contre le terrorisme. Il permet notamment à la NSA de mettre les communications (téléphoniques ou électroniques) de n’importe quel citoyen américain sur écoute sans mandat judiciaire préalable.

Si Barack Obama avait semblé fléchir ces derniers mois, mis sous pression par les révélations des Snowden’s Files, la nouvelle donne mondiale et l’union internationale autour de la lutte contre le terrorisme vont peut-être servir d’occasion toute trouvée pour reconduire le Patriot Act tout en promettant de reformer – encore – l’Agence de sécurité nationale.

La semaine dernière, l’Allemagne s’inclinait face aux États-Unis qui leur demandaient de leur accorder le « bénéfice du doute » sur l’espionnage de la NSA, alors même que la chancelière allemande, Angela Merkel, n’avait pas caché sa colère et sa déception lorsqu’elle avait appris la mise sur écoute de son téléphone personnel par l’agence de renseignement.

Le bras de fer entre les autorités américaines et les géants du web va donc se poursuivre. Les uns poursuivant de muscler leur politique de sécurité à coup de chiffrement de données, tout en jouant sur l’aspect judiciaire des requêtes gouvernementales, les autres de jouer à l’équilibriste entre vie privée et sécurité nationale.

Source: Source