Christiane Taubira entend lutter « sans merci » contre le racisme sur Internet

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Par Elodie le

On la dit laxiste, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, réplique qu’elle entend mener une lutte « sans merci » contre le racisme et l’antisémitisme en ligne, en clôture des premières assises de la lutte contre la haine sur internet.

Crédits : AFP Photo / Lionel Bonaventure
Crédits : AFP Photo / Lionel Bonaventure

« Trouver les réponses les plus adaptées »

Elle ne s’exprime jamais, voire très rarement, dans les médias, abhorre le storytelling si cher aux politiques, si bien que ceux-ci n’hésitent pas ensuite à pointer son laxisme, son absence criante, son « silence assourdissant » dixit Nicolas Sarkozy.

Soutenue par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a estimé que « La politique pénale est appliquée de façon extrêmement sévère », la ministre de la Justice a martelé son message en écho à celui de son collègue de l’intérieur, délivré lors de sa visite de trois jours aux États-Unis dans le cadre du sommet mondial de lutte contre le terrorisme.
Ainsi, ce dimanche 22 février, en clôture des assises de la lutte contre la haine sur Internet organisée par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), la ministre annonce une lutte « sans merci » contre la racisme sur Internet

« La difficulté est de trouver les réponses les plus adaptées, mais nous sommes décidés à mener une lutte sans merci contre le racisme et l’antisémitisme sur Internet. […] Il y a en ce moment un processus de travail qui se fait dans le cadre de la préparation du projet de loi sur le numérique et c’est dans ce cadre-là que nous allons trouver les instruments les plus adaptés. »

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Si Bernard Cazeneuve a appelé les géants du Net à une « responsabilité partagée » face à « une menace protéiforme » en retirant « sans délai », sur demandes des autorités qui les leurs signaleront, les contenus illicites, Christiane Taubira souhaite apporter une réponse pénale à ces méfaits.

Une lutte « sans merci » contre le racisme sur Internet

Tout en rappelant les mesures déjà prises et mises en œuvre, comme le blocage administratif, sans passer par un juge, des sites internet diffusant du contenu haineux, raciste et antisémite à l’image de ce qui se fait déjà pour les sites faisant l’apologie du terrorisme ou à caractère pédopornographiques, Christiane Taubira appelle à donner d’autres moyens pour lutter contre les propos racistes et antisémites :
« Les infractions reconnues dans l’espace public doivent pouvoir l’être également dans l’espace Internet » bien qu’elle concède qu’il n’est pas aisé « de trouver les réponses les plus adaptées ».
Des travaux sont en préparation dans le cadre du projet de loi sur le numérique.

Pour le président de l’UEJF, Sacha Reingewirtz : « Les procédures sont aujourd’hui trop complexes et lourdes et cela a des conséquences sur l’impunité sur Internet, où le droit n’est pas tellement applicable et proportionné ».

Une idée qui, si elle emporte l’adhésion de la ministre et de l’UEJF, ne rencontre pas un franc succès auprès des défenseurs des libertés sur Internet qui auraient pu croire que la ministre défende plus la position du juge sur le sujet.

La Commission consultative des droits de l’Homme, autorité administrative consultative du gouvernement, juge par ailleurs que la présence d’un juge est nécessaire pour contrôler et ordonner le retrait d’un contenu illicite ou le blocage d’un site internet.