L’ancien directeur du FBI défend la collecte de métadonnées

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Par Elodie le

Robert Mueller, ancien directeur du FBI, est venu défendre la collecte de métadonnées opérée par la NSA. Décriée, il estime qu’elle a prouvé son utilité.

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Quand la NSA soutient le maintien des backdoors pour cause de « sécurité nationale », l’ancien directeur du FBI défend la collecte de métadonnées.

« Oui, ça en vaut la peine. Les métadonnées des compagnies de téléphone sont terriblement utiles », a-t-il assuré.

Pour étayer ses propos, l’ancien directeur du Bureau Fédéral d’Investigation cite l’exemple de l’attentat du marathon de Boston. La collecte de métadonnées a permis d’exclure l’existence d’un troisième homme et d’éviter une 2e attaque : « La collecte de métadonnées est extrêmement bénéfique dans l’identification de contact. »

Des informations récoltées a posteriori donc, quand c’est la collecte boulimique, anarchique, sans discrimination, preuve et a priori, qui est majoritairement dénoncée depuis les révélations faites à partir des documents subtilisés par le lanceur d’alerte Edward Snowden à la NSA.

Un soutien opportun alors que fin mai doit être décidée de la reconduite, ou non, de la section 215 du Patriot Act. Celle-là même qui permet depuis 2001 la collecte en vrac de données téléphoniques ou internet tout comme, depuis 2008 sous la présidence Bush, la mise sur écoute des communications de n’importe quel citoyen américain passées avec des cibles étrangères suspectes, le tout sans aucun mandat judiciaire.

Robert Mueller, ancien directeur du FBI
Robert Mueller, ancien directeur du FBI

Pour Mueller, il ne fait aucun doute que celle-ci sera reconduite, les législateurs s’affairant plus à la réécrire qu’à la rejeter.

Les législateurs travaillent actuellement sur les termes pour un projet de réautorisation. Ils peaufinent en essayant de prendre en compte des préoccupations supplémentaires, comme la vie privée.

C’est peu dire que l’ensemble des forces vives des agences de renseignement américaines s’échine depuis plusieurs semaines à vanter les mérites d’une surveillance étatique en bonne et due forme sous couvert de sécurité nationale et de lutte contre le terrorisme, adoubé par Barack Obama en pleine opération séduction vis à vis des géants de la Silicon Valley.

En début de semaine, le directeur de la NSA, Michael S. Rogers (usuellement Mike Rogers) jugeait nécessaire le maintien des « portes dérobées » et appelait à ce qu’un accès « public » soit octroyé aux diverses agences de renseignement américaines par les géants du Web dans un « cadre légal » défini conjointement. Le chiffrement toujours plus important opéré par les géants du Net constituant un « vrai problème de sécurité nationale ».
Et concernant Edward Snowden ? « Il est inculpé. Il devrait revenir et faire face aux conséquences [de ses actes]. »

Quelques mois plus tôt, c’est l’actuel directeur du FBI, James Comey, qui dénonçait les nouvelles méthodes de chiffrement d’Apple et Google. En cas de refus de coopération de la part des acteurs du Net, il appelait à imposer des backdoors légales” sur iOS et Android.

Si la méthode semble avoir changé pour parvenir à leurs fins, les agences de renseignement semblent vouloir sortir leurs activités de la clandestinité et les inscrire dans la légalité, l’objectif est toujours le même.

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