Un premier site bloqué sans l’intervention d’un juge pour apologie du terrorisme

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Par Elodie le

La mesure a été annoncée, elle est désormais appliquée. Le site islamic-news.info vient d’être bloqué administrativement sans intervention préalable d’un juge. Une main rouge barre désormais sa page d’accueil accompagnée d’un message du ministère de l’Intérieur. Mise à jour 4 autres sites ont été bloqués consécutivement à celui d’islamic-news.info dont al Hayat Media Center, branche […]

La mesure a été annoncée, elle est désormais appliquée. Le site islamic-news.info vient d’être bloqué administrativement sans intervention préalable d’un juge. Une main rouge barre désormais sa page d’accueil accompagnée d’un message du ministère de l’Intérieur.

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Mise à jour
4 autres sites ont été bloqués consécutivement à celui d’islamic-news.info dont al Hayat Media Center, branche médias et communication de Daesh, et Mujahadia 89.

Vous avez été redirigé vers ce site officiel, car votre ordinateur allait se connecter à une page dont le contenu provoque à des actes de terrorisme [sic] ou fait publiquement l’apologie d’actes de terrorisme“, précise le message du ministère accompagné d’une main rouge synonyme d’interdiction.

Voici le sort désormais réservé aux sites bloqués pour apologie du terrorisme. Pour David Thomson, journaliste à RFI qui a révélé l’information, islamic-news.info est « un site pro djihad assez peu influent ». Influent ou non, le ministère de l’Intérieur a décidé de son blocage, sans autorisation préalable d’un juge, comme la loi l’y autorise depuis novembre 2014, date de son vote à l’Assemblée. Ce qui avait soulevé nombre de contestation. Sur le caractère discrétionnaire d’une telle décision, mais également sur le contournement relativement aisé du blocage.

En l’occurrence, les pages du site sont toujours visibles en cache sur Google, ce qui fait dire à NextInpact que « le blocage n’a pas été épaulé par un déréférencement administratif » alors même que la loi le permet désormais. Si le site est visible en cache, il n’est pas pour autant accessible via le réseau Tor.

Pour ce premier blocage, la surprise est de mise chez l’hébergeur du site.

C’est l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (OCLCTIC) qui dresse la liste des sites incriminés et l’envoie ensuite aux différents FAI qui ont ensuite la charge de les bloquer dans les vingt-quatre heures.

Ce site n’est sans doute que le premier d’une longue liste puisque lors de son audition au Sénat, Catherine Chambon, commissaire divisionnaire et sous-directeur de la lutte contre la cybercriminalité, avait tablé sur « une cinquantaine de sites web par an qui peuvent inciter au terrorisme ».

Par la suite, la CNIL doit s’assurer de la « régularité des demandes de retrait ». À cette fin, elle a nommé un juge, Alexandre Linden, conseiller honoraire à la Cour de cassation et membre de la CNIL depuis février 2014.

La page Facebook du site est quant à elle toujours active, remettant donc en cause son caractère formellement illicite… Sur celle-ci le site se définit comme suit :

Islamic-news.info se veut un nouveau média d’actualité islamique analytique des événements qui ont lieu dans le monde musulman. Défendeur d’une approche indépendante et apolitique, Islamic-News ne suit aucune idéologie ni aucun mouvement politique. Il profite d’une totale liberté de parole et de critique à l’égard des divers acteurs abordés.
Pour le bon déroulement des échanges sur la page, un règlement clair a été mis en place. Le voici en résumé:
– Vulgarité, menaces= bannissement.
– Extrémisme politique ou religieux= bannissement.
– Attaques personnelles = bannissement.
– Propagande= bannissement

Le site use ainsi de sa liberté de parole pour pourfendre les “les milices chiites” contre les sunnites, les “terroristes kurdes de l’YPG”, les Peshmergas “vendus” aux Etats-Unis ou encore “l’entité sioniste”.