La Hadopi condamnée à réintégrer Éric Walter, licencié

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Par Elodie le

Le tribunal administratif de Paris a suspendu la décision de la Hadopi et l’a condamné à réintégrer, sous un mois, son ancien secrétaire général, licencié en août dernier.

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Eric Walter

Ce licenciement avait sonné comme la preuve du désamour de l’industrie du cinéma à son encontre, la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection de la création sur Internet (HADOPI) préférant se séparer de son secrétaire général que d’avoir à subir le courroux de toute une industrie.

Éric Walter l’avait annoncé dans un tweet « varoufakiesque » :

Mais le tribunal administratif de Paris en a décidé autrement. Comme le rapporte NextInpact, le tribunal a considéré que son licenciement pour « insuffisance professionnelle » constituait une « erreur d’appréciation » et a donc suspendu la décision.

Cette décision éclaire sur le motif de licenciement d’Éric Walter, jamais évoqué jusqu’ici. Une « insuffisance professionnelle » que l’on ne peut s’empêcher de comparer aux reproches de laxisme (à l’égard des pirates d’œuvres culturelles protégées) prononcés à son encontre par l’industrie du cinéma.

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Celle-ci n’avait pas de mots assez durs pour contester ses propos tenus dans les colonnes de Libération en août 2014 : « Il ne faut jamais perdre de vue que le piratage est avant tout une conséquence de la carence de l’offre légale, jamais la cause. […] On le voit très bien avec la musique. Depuis que l’offre a évolué, le piratage est devenu marginal. Aller piocher des mp3 sur les réseaux peer-to-peer, c’est même devenu un peu has been ! »

Nicolas Seydoux, président de Gaumont, avait alors vivement réagi : « Nous avons un problème avec le secrétaire général de l’Hadopi qui pense que le problème du téléchargement illicite réalisé par les internautes est réglé, et que si ceux-ci téléchargent, c’est la faute des ayants droit ».

Un désamour qui a trouvé un écho certain avec celui dont pâtit le secrétaire général d’alors en interne où les tensions sont vives.

Lâché par la présidente de l’Hadopi, Marie-Françoise Marais, et la présidente de la Commission de protection des droits (CPD) Mireille Imbert-Quaretta (qui lui reproche un rapport préconisant des coupes dans ses effectifs), toutes deux sur le départ, Éric Walter était sorti par la petite porte, mais n’avait pas renoncé à contester son éviction pour autant. La justice vient de lui donner raison, la Hadopi a désormais un mois pour le réintégrer à ses anciennes fonctions, et ce dernier n’entend pas démissionner.