Google entre dans la bataille contre les ad blockers

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Par Elodie le

Les acteurs du Net et de la publicité en ligne semblent prendre conscience de l’urgence à agir face aux mauvaises publicités toujours plus présentes et intrusives et qui favorisent l’essor des adblockers, « menace pour leur survie ». Google entre désormais dans la bataille.

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Invité à une conférence organisée par le Wall Street Journal, Sridhar Ramaswamy, vice-président senior en charge de la publicité chez Google, estime que l’industrie de la publicité doit agir contre les mauvaises publicités et le développement des ad-blockers.

Même s’il reconnait que la publicité en ligne est encore « incroyablement bénéfique pour Google et tout le monde », les bloqueurs de publicités sont une source de préoccupation.

« Les bloqueurs de publicités existent depuis un moment. Cependant, cette année, on a pu observer une émergence de leur utilisation. Et à cela s’est ajouté le lancement par Apple d’iOS 9, dont une fonctionnalité permet aux développeurs d’apps de proposer des ad-blockers pour le navigateur Safari » remarque-t-il.

« Il est clair qu’ils affectent les grandes entreprises. Les différentes remarques que nous recevons de divers blogs, de petits journaux montrent qu’ils sont tous pénalisés lorsque quelqu’un installe un bloqueur de publicités », ajoute-t-il.

Une étude Adobe et PageFair estimait le manque à gagner des sites internet imputés aux bloqueurs de publicités à 22 milliards de dollars pour 2015. Néanmoins, ce ne sont pas tant ces logiciels qu’il tance que la source du problème : les mauvaises publicités qui « menacent de semer le chaos dans l’ensemble de l’industrie ». Il appelle alors à la création de nouvelles normes, des « standards durables » avec la mise en place de publicités peu gourmandes en bande passante et qui n’interrompent pas la navigation des internautes. À l’image de la politique de « publicités acceptables » d’AdBlock.

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« Nous avons tous fait face à une mauvaise expérience, où quelque chose recouvre la totalité du contenu, où vous ne pouvez pas trouver le « X » pour s’en débarrasser et réellement lire l’article que vous souhaitez. C’est là que n’importe quelle personne installe un bloqueur de publicités», souligne Ramaswamy. « Nous avons besoin de normes de bonnes annonces que vous et moi trouverons acceptables en tant que consommateurs. »

Rejoignant ainsi l’Internet Advertising Bureau (IAB), l’organisation regroupant les acteurs de la publicité en ligne, qui a récemment fait son mea culpa et pris ses responsabilités dans le développement et l’adoption toujours plus grandissante des bloqueurs de publicités.

« Dans notre quête d’une plus grande automatisation et de maximisation des profits […] nous avons construit des technologies pour optimiser les revenus durant la baisse des marchés publicitaires. Avec le recul, notre quête pour grappiller quelques centimes nous a couté des dollars en termes de confiance des consommateurs. »

Pour le boss des publicités chez Google, le développement de telles normes « durables » est « essentiel à notre survie ». Il veut aller vite : « Nous parlons d’obtenir cela dans un délai en termes de mois plutôt qu’en termes d’années ».

Pour rappel, 90 % des revenus de Google proviennent de la publicité en ligne. La firme aurait d’ailleurs souscrit à la politique de publicités acceptables d’Adblock (tout comme Microsoft et Amazon) pour figurer dans sa liste blanche.

L’éditeur allemand Axel Springer a pris le taureau par les cornes avec un « modèle anti-adblocker » en test sur le site internet de son joyaux BILD : les internautes ont le choix entre désactiver leur adblokers ou souscrire à un abonnement payant.

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