Pour Nicolas Sarkozy, « Quand on consulte des sites djihadistes, on est djihadiste »

Sur le web

Par Elodie le

Le président du parti Les Républicains fustige le gouvernement et estime qu’il faut aller « plus loin » en matière de sécurité. Et cela passe par la création d’un délit de consultation de sites djihadistes

nicolas_sarkozy_consultation_sites_djihadistes_

Il est au bout du rouleau Nicolas Sarkozy : il s’agite, il parle fort, il fronce les sourcils, mais rien n’y fait, y’en a que pour François Hollande. La faute aux attentats, Flamby est devenu « chef de guerre », Hollande est devenu « Homeland », c’en est trop ! Il tape sur tout ce qui bouge et surtout le gouvernement. Il demande plus en matière de sécurité et pointe les failles béantes non comblées lors des précédents attentats de janvier, qui ont permis à ceux du 13 novembre dernier de se produire.

En meeting à Rouen il s’est interrogé : « Pourquoi n’a-t-on pas mis en oeuvre le délit de consultations de sites djihadistes ? » Il poursuit : « Pardon de cette image, mais quand on consulte des images de pédophilie, on est un pédophile, quand on consulte des images de djihadistes, on est un djihadiste ».

Donc, « à moins de démontrer qu’on est un professeur qui fait des recherches », tous celles et ceux consultant des sites djihadistes devraient être suspectés, voire internés dans des « centres de déradicalisation », dont Nicolas Sarkozy souhaite la création.

Cette proposition n’est pas nouvelle puisqu’il l’avait déjà formulé peu après les attentats perpétrés par Mohamed Merah en mars 2012 et récemment encore, 10 jours avant les attentats, dans une interview donnée au Parisien. Nicolas Sarkozy propose de créer un nouveau délit de consultation de sites djihadistes et de recourir à des « détentions provisoires » automatiques. Et préventives en somme :

« C’est une proposition de politique pénale, et les procureurs doivent le requérir. Car partir faire le djihad, c’est un délit, voire un crime, contre la République. La loi doit prévoir que tout djihadiste ira en prison à son retour… Au-delà de cela, la simple consultation de sites jihadistes doit devenir un délit », explique-t-il.

Devant la perplexité du journaliste qui lui demande comment et à quel moment une telle mesure peut être mise en œuvre, il précise :

« Lorsque la consultation est régulière. On peut s’inspirer de ce qui existe pour les sites pédophiles. Consulter un site jihadiste doit aussi être considéré comme un délit. Je souhaite également que la peine de sûreté que j’avais créée pour les délinquants sexuels soit appliquée aux jihadistes. Je souhaite par ailleurs qu’à la fin de la peine de prison, si ces derniers constituent toujours un danger, on puisse les mettre dans un centre de déradicalisation. »

Objectons lui que cette mesure n’a jamais trouvé un écho favorable que ce soit du côté de la justice que des défenseurs des libertés publiques et qu’elle serait très difficile à mettre en oeuvre : Youtube doit-il être considéré comme un site djihadistes puisqu’il permet de visionner des vidéos faisant l’apologie du djihad ? Les journalistes et enseignants doivent-ils être les seuls autorisés à consulter de tels sites ? A partir de quel moment et quelle régularité la consultation doit-elle être considérée comme un délit ? Pour quels profils, etc.?

Dans la loi anti-terroriste du 13 novembre 2014, la consultation de sites djihadistes est prise en compte, mais uniquement pour déterminer si l’infraction d’entreprise terroriste individuelle est caractérisée et elle prévoit le blocage administratif des sites faisant l’apologie du terrorisme.

Le mot de la fin à notre collègue Pierre Le Goupil, dont les remarques sont toujours d’une grande pertinence :