[Yahoo] Fin de règne pour Marissa Mayer ?

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Par Elodie le

L’avenir de Marissa Mayer, patronne emblématique de Yahoo, parait très incertain. En cause ? Des résultats à la peine et une stratégie qui peine à convaincre. Contestée en interne, ses jours à la tête du groupe semblent comptés.

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Une arrivée triomphale…

Transfuge de Google, auréolée de gloire et de prestige à son arrivée dans le groupe pour prendre les rênes de Yahoo en juillet 2012, Marissa Mayer semble de plus en plus sur la sellette, définitivement distancée par ses principaux concurrents : Google, Facebook, Twitter et même Snapchat, plébiscité par les jeunes.

Même si elle avait elle-même averti que le retour à l’embellie serait long et difficile, le marché s’agite et montre des signes d’impatience. Trois ans après son arrivée, elle semble toujours incapable de trouver la formule magique capable de redresser la barre du groupe et d’imposer Yahoo et ses services dans un secteur ultra concurrentiel.

Les doutes et questions n’ont pas tardé à affluer. Même avec des résultats trimestriels 2015 frôlant le milliard, Yahoo peine à retrouver son titre de géant du web. Les résultats financiers sont trop décevants et en deçà des attentes des investisseurs : le chiffre d’affaires a baissé de 8,3 % au dernier trimestre à 1 milliard d’euros (880 millions de dollars).

Yahoo accuse également des pertes avec ses original series (Sin City et Other Spaces notamment) qui ont généré un trou de 42 millions de dollars. Le sauvetage de Community, abandonné par NBC à la fin de la 5e saison n’y aura rien changé, même célébré en grande pompe par les internautes et les fans de la première heure.

Si les revenus ont augmenté sur des secteurs jugés prioritaires par la PDG – la vidéo, le mobile, le social et les publicités natives – la progression est trop timide pour rassurer le marché. D’autant que Mayer souhaite solder les actifs de Yahoo au sein d’Alibaba (15%), avec à la clé une addition salée en termes d’impôts. Comme l’explique très bien La Tribune, « cette opération, lancée en janvier dernier, consiste à transférer les 15% que le portail détient dans Alibaba dans une filiale à part, baptisée Aabaco. Ces 15% représentent 384 millions de titres Alibaba. Si elle était créée, la nouvelle société serait valorisée à près de 30 milliards de dollars, soit la quasi-totalité de la valorisation totale de Yahoo (31 milliards). »

Une stratégie qui peine à convaincre

En effet, si la firme entend se délester de quelques 27 milliards d’actifs tout en échappant à l’impôt, condition sine qua non pour arroser les actionnaires, le fisc US (l’IRS) ne compte pas négliger le bonus que ce solde pourrait lui rapporter : 10 milliards de dollars (38% d’imposition).

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Cette cession des actifs d’Alibaba cristallise les tensions : Starboard Value, fonds activiste et actionnaire de Yahoo, a même suggéré un abandon des activités en ligne : moteur de recherche, sites et régie publicitaire, les secteurs emblématiques du groupe. Avec cette opération souhaitée par Marissa Mayer, le fonds craint de voir les dividendes reversés aux actionnaires se réduire comme peau de chagrin

Dans une lettre ouverte rendue publique et envoyée le 18 novembre aux autres actionnaires du groupe, le fonds dénonce « l’attitude dédaigneuse » de Marissa Mayer et de Maynard Webb, président du Conseil d’administration de Yahoo, à l’égard des actionnaires, les accusant de ne pas assez prendre en compte leurs inquiétudes quant à l’avenir de la société. Startboard Value fait donc par de sa « frustration ».face au « manque de volonté » de la PDG, peu encline à « accepter son aide ».

Effectivement, la boss de Yahoo ne semble pas encore prête à abandonner les activités en ligne, en 2014 elle affirmait : « Nous croyons profondément à la recherche, cela fait partie de notre ADN ». L’abandonner serait un aveu d’échec. Désormais, au sein de Yahoo, le mot n’est plus tabou.

Un départ annoncé ?

En interne, Mayer est également contestée. Plusieurs cadres ont claqué la porte cette année (27 au total) et plusieurs autres remettent en cause sa capacité à redresser la barre, selon Forbes.

Sa stratégie au sein de Yahoo est décriée, les multiples acquisitions opérées dans les secteurs prioritaires, dont la publicité en ligne, ainsi que le rachat de Tumblr pour 1,1 milliard de dollars n’ont pas convaincu. Aucune de ces acquisitions n’a vraiment marqué le pas.

Au regard des résultats à la peine, cette stratégie s’avère incomprise. Beaucoup parient donc sur le départ prochain de Marissa Mayer sous douze mois, voire même d’ici décembre pour les plus pessimistes à en croire la presse américaine. Un démantèlement voire une réorganisation de Yahoo parait donc inévitable.