[Impressions] Eve: Valkyrie – Quand vos yeux deviennent le 3e joystick

Par Corentin le

Nous y revoilà. Moi, nez à nez avec l’Oculus Rift. Ou plutôt, avec la machine sur le nez. Mon vaisseau est prêt à décoller et celui de mes 4 comparses également. C’est le moment de montrer de quel bois je me chauffe. Les moteurs s’allument, je suis confortablement installé dans mon siège et la porte du hangar de ma base s’ouvre. Légère élévation puis accélération !

Eve Valkyrie 4

Me voici dans l’espace et c’est plutôt impressionnant. Mes alliés (en bleu, facile) ne sont pas très loin, je peux les apercevoir en bougeant ma tête dans l’habitacle. Il est d’ailleurs bien cet habitacle, car c’est un élément stable dans un jeu où rien ne l’est vraiment. C’était une remarque que je m’étais déjà faite quand j’avais pu jouer à Strike Suit Zero en VR avec l’Oculus Rift DK1, il y a une éternité déjà.

Les ennemis arrivent en face (en rouge, encore plus facile) et deux choix s’offrent à moi : tirer à la mitraillette en pourchassant l’un d’entre eux, ou le verrouiller « avec les yeux » en maintenant une touche et balancer une salve de missiles à tête chercheuse. En général, c’est pas mal de faire les deux en même temps, car la cible doit faire des figures acrobatiques insensées pour se défaire de ses poursuivants tout en activant les contre-mesures afin de ne pas se faire exploser par les missiles.

Eve Valkyrie 3

Si vous vous demandez ce que j’ai voulu dire par « avec les yeux » tout à l’heure, sachez qu’il faut vraiment le prendre au sens littéral. Vous devez fixer du regard les vaisseaux adverses pour bloquer une cible sur eux et ensuite relâcher vos torpilles. En réalité, « avec la tête » serait plus juste qu’ « avec les yeux », car l’Oculus Rift n’est pas encore capable de faire de l’eye tracking, évidemment. Cependant, comme dans beaucoup de jeux en VR, le mouvement de la tête devient un input comme les autres. Au même titre que les sticks. Ce qui ajoute une dimension supplémentaire à la manière dont on conduit son vaisseau et dont on gère l’attaque, d’autant que les missiles ne sont pas les seules armes qui se manipulent avec le regard.

Pour le reste, nous sommes dans du bon vieux dog fight spatial tout ce qu’il y a de plus classique, mais efficace. La structure générale ressemble d’ailleurs davantage à du shooter en arène. Après une mort, on réapparaît assez rapidement et il est possible de changer de classe de vaisseau à ce moment-là. Trois classes sont disponibles, le vaisseau d’attaque (rapide et puissant), le « tank » (lent, mais extrêmement résistant) et le support (qui soigne et vole de la vie aux adversaires).

Eve Valkyrie 2

Toutefois, mon estomac n’y a pas trop résisté. Surtout quand il faut bouger la tête dans tous les sens alors que le vaisseau fait des tonneaux. Au bout de quarante minutes de jeu, il commençait à faire chaud. La technologie a beau être de meilleure facture, les dalles ont beau être plus précises et la latence a beau être infiniment plus courte, j’ai dû me résoudre à poser le casque et à abandonner mes amis à leur guerre spatiale. Je ne pense sincèrement pas que ce soit particulièrement la faute du jeu. Ni la faute du matériel, d’ailleurs. C’est juste comme ça. Je suis malade en VR.

Je pense que je ne suis pas particulièrement une exception. Après tout, la technologie n’inclut pas nécessairement tout le monde. Prenez la 3D, une part négligeable du public y est insensible. Je pense que la VR exclura également une partie des utilisateurs, ceux qui sont sujets à la cinétose et qui, si on les mettait dans un véritable habitacle de vaisseau spatial, seraient malades de la même façon. C’est pourquoi, je pense que l’industrie, à l’aube de ce qu’elle appelle une « révolution » (même si je suis encore dubitatif sur le terme), devrait réellement s’interroger sur les expériences qu’ils s’apprêtent à proposer aux joueurs. Trouver les bonnes idées, notamment sur les mouvements de caméra, qui permettront de prolonger les expériences, de rendre la VR intelligente, y compris du point de vue du game design. En tout cas, ce qu’Eve: Valkyrie propose, avec sa maniabilité au doigt et à l’œil, est intéressant. Même si j’ai dû mal à le supporter.

Eve Valkyrie 1

Eve: Valkyrie en met plein la vue et c’est à la fois sa plus grande force et sa plus grande limite. Ce shooter spatial solide et particulièrement impressionnant fera certainement un bon ambassadeur pour l’Oculus Rift, avec lequel il sera d’ailleurs vendu en bundle. Il vend beaucoup de rêve et j’attends également beaucoup du mode solo que j’ai entraperçu le temps d’une mission d’escorte impressionnante. Cependant, les rêves, je le confesse, me donnent mal au cœur. Cela ne m’empêchera pas d’y replonger au moment de la sortie du titre, en 2016.

stopwatch 4 min.