[Terrorisme] Apple refuse d’aider le FBI à déchiffrer l’iPhone d’un suspect

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Par Elodie le

Dans le cadre de l’enquête sur l’attaque terroriste de San Bernadino, une juge américaine a requis la coopération d’Apple pour aider le FBI à déchiffrer l’iPhone 5C de l’un des assaillants. La firme a dit « non ».

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C’est une firme qui fait non, non, non, non. Depuis les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance de masse exercée par l’agence de sécurité nationale américaine, la NSA, et le cataclysme en terme d’image que cela a engendré sur les différentes firmes high-tech impliquées (plus ou moins directement), Apple a musclé la sécurité de son système d’exploitation mobile en proposant systématiquement un chiffrement de bout en bout des données.

Et pour faire taire toutes les suspicions éventuelles de collaboration avec les agences gouvernementales, qu’elles soient américaines ou étrangères, Apple affirme ne pas conserver la clé de chiffrement des utilisateurs (stockée directement sur le téléphone), il lui est donc impossible de la fournir en cas de requêtes gouvernementales ou judiciaires exigeant un accès aux données personnelles de ses utilisateurs.

Ce qui a le don d’irriter les agences américaines, FBI en tête. Celles-ci affirment que ces entreprises se rendent coupable d’offrir un « lieu sûr » aux terroristes et demandent donc aux entreprises high-tech de laisser une porte dérobée pour les autorités en cas de mandat.

Depuis deux mois, le FBI désespère de parvenir à s’introduire dans l’iPhone 5C d’un des auteurs de l’attaque de San Bernadino (Californie), qui a fait 14 morts en décembre dernier. Le FBI a donc fait valoir à la juge que la firme à la pomme freinait son enquête en l’empêchant d’accéder à des informations capitales.

Le bureau d’investigation s’est donc tourné vers la justice pour réclamer l’aide d’Apple.

« Apple aidera à permettre les recherches sur un téléphone cellulaire en fournissant une assistance technique raisonnable pour aider les agents des forces de l’ordre à obtenir l’accès aux données sur l’appareil », demande la juge californienne Sheri Pym dans sa décision rendue mardi 16 février.

Le jugement prévoit en outre qu’Apple fournisse aux autorités un logiciel utilisable uniquement sur l’appareil du suspect et capable de contourner l’effacement automatique des données. Celle-ci se produit après plusieurs essais infructueux pour deviner le mot de passe de déverrouillage (une dizaine) du smartphone.

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La juge donne 5 jours ouvrables à Apple pour contester la décision si la firme estime qu’elle est déraisonnablement contraignante.

Dans un communiqué adressé à ses clients, Tim Cook annonce qu’Apple s’oppose à cet ordre qui « menace la sécurité de nos clients » et « a des répercussions bien au-delà du cadre juridique ». Entendre économiques notamment.

Pour la procureure fédérale du centre de la Californie, Eileen Decker, c’est « une nouvelle étape – une étape potentiellement importante – dans la procédure pour apprendre tout ce que nous pouvons apprendre sur l’attaque de San Bernardino ». Rappelant « l’engagement solennel [pris] envers les victimes et leurs familles ».

Depuis deux ans maintenant, plusieurs firmes américaines se sont lancées dans la course au chiffrement afin de restaurer la confiance de leurs clients, mais aussi (et surtout ?) pour ne pas se fermer des marchés lucratifs, comme en Chine. Certains pays demandant désormais des garanties, quand ce n’est pas carrément leur code source, avant de faire entrer des produits américains sur leur territoire.

Récemment, le directeur de la NSA en personne a estimé que le « chiffrement est fondamental pour l’avenir », opérant un revirement surprise après des mois de lutte acharnée.