Les États-Unis ont planifié une cyberguerre contre l’Iran

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Par Elodie le

En cas d’échec des négociations avec l’Iran concernant son programme nucléaire, les États-Unis prévoyaient de lancer une guerre informatique contre le pays révèle un récent documentaire Zero Day projeté à la Berlinale. Une initiative qui en rappelle une autre.

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Comme un gout de déjà vu. Si l’accord historique sur le nucléaire iranien a été salué par la communauté internationale (exception faite d’Israël, qui espionnait les États-Unis, qui espionnaient Israël), bien informé celui qui pouvait parier sur l’issue des négociations, entamées il y a douze ans maintenant.

Faisant sienne l’expression « Si vis pacem, para bellum » (Si tu veux la paix, prépare la guerre), les États-Unis avaient envisagé divers scénarios guerriers en cas d’échec des pourparlers avec le gouvernement d’alors, dirigé par le très conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Le documentaire Zero Day révèle ainsi que les États-Unis étaient prêts à lancer l’offensive contre les infrastructures iraniennes, comme le rapporte le New York Times ou Buzzfeed. Une offensive informatique de grande ampleur baptisée Nitro Zeus et mise sur pied lors des premières années du mandat de Barack Obama.

Nitro Zeus devait neutraliser les infrastructures nucléaires iraniennes, dont le réseau électrique, les systèmes de communication et les défenses aériennes, notamment pour permettre à la flotte américaine de survoler sans crainte le territoire iranien afin de détruire les installations douteuses, c’est-à-dire servant officieusement à enrichir de l’uranium.

Pour le site d’enrichissement de Fordo par exemple, les États-Unis auraient implanté un virus dans son système informatique afin de désactiver les centrifugeuses en activité et rendre le site inopérant.

Pour le réalisateur du documentaire Alex Gibney (The man is the machine sur Steve Jobs, We steal secrets : the story of Wikileaks, oscarisé pour Un taxi pour l’enfer), cité par Buzzfeed, Nitro Zeus es t« probablement le plan de cyberguerre la plus vaste et le plus complexe jamais créé par les États-Unis ». Ce plan révèle l’importance des cyberattaques dans la diplomatie américaine, quand elle n’en est pas la principale victime, comme récemment encore…

Toutefois, cette cyberguerre hypothétique a un gout de déjà vu. En 2010, les États-Unis et Israël ont été fortement soupçonnés d’avoir vérolé les infrastructures iraniennes avec plusieurs logiciels malveillants, dont le virus Stuxnet. Information confirmée depuis par un soldat américain. Conçu dès 2007, ce virus avait pour but de ralentir le programme iranien en ciblant les centrifugeuses de la centrale de Natanz, « dont il perturbait légèrement le fonctionnement, entraînant la destruction de plusieurs centaines d’entre elles » précisait alors Rue 89.

Les États-Unis ont également tenté d’infecter le programme nucléaire nord coréen en 2010 avec le même virus, sans connaitre le même succès.