Avec ces collègues, Miguel Nicolelis, professeur de neurosciences à la Duke University, est un pionnier dans le domaine des interfaces machine-cerveau depuis 1999. Ce nouvel implant de leur création donne bon espoir pour le futur de ce genre de technologie. En effet, les précédents essais, même s’ils ont marché, sont loin d’être aussi efficaces et précis.
Plutôt que d’utiliser des électrodes dont le signal est assez faible, ou des implants branchés, ce système-là est sans fil. Des micro-électrodes aussi fines que des cheveux ont été plantées dans le cerveau des singes. Chacune a la capacité de capter les signaux de 300 neurones. Les scientifiques peuvent ainsi enregistrer l’activité neuronale des animaux. L’interface machine-cerveau sur leur tête transforme ensuite les signaux de leur cerveau en commandes qui contrôlent la chaise.
Les singes peuvent ensuite se balader dans la pièce à la recherche d’une “cible”, qui est ici un bol de raisins.

Le professeur Nicolelis parle des possibilités futures de cette technologie pour la médecine :
Même des patients avec un lourd handicap qui ne peuvent bouger aucune partie de leur corps pourraient être placés sur une chaise roulante et être capable d’utiliser cet appareil pour être mobiles.

Dans le passé, des interfaces de ce genre, bien que moins avancées, ont permis à des singes et/ou des humains de bouger des membres artificiels comme des bras. Imaginez un corps en partie bionique contrôlé par la pensée. Ou tout simplement, même sans handicap, de contrôler une maison connectée, un ordinateur, ou un véhicule intégralement avec votre esprit.
Pour l’instant, les chercheurs veulent récolter encore plus de signaux neuronaux provenant des singes, afin d’obtenir un contrôle plus précis encore. Ils ont déjà développé une interface sans fil qui peut transmettre plus de 1000 chaînes de données.
Ils pensent continuer ainsi une dizaine d’années avant de pouvoir commencer les essais sur les humains.