Critique : 10 Cloverfield Lane

Cinéma

Par Mathieu le

Plus de huit années séparent le premier Cloverfield de ce nouveau chapitre, annoncé à la surprise générale il y a quelques mois seulement. Laissant les spectateurs dans le doute le plus complet, on ne savait pas où réellement se situer quant à cet épisode, qui ne précisait pas s’il s’agissait d’un séquel classique ou d’un préquel, voire même d’un film se déroulant dans la même séquence temporelle que le premier.

Réalisé par Dan Trachtenberg (dont c’est la première réalisation à échelle mondiale) qui prenait donc la place de Matt Reeves, bien que ce dernier soit toujours producteur délégué, 10 Cloverfield Lane se veut surtout une production estampillée J.J. Abrams. Le réalisateur du dernier Star Wars a toujours participé au projet, de près ou de loin. Mais que vaut réellement ce nouveau film ? Réussit-il à nous surprendre, huit ans après un premier épisode qui avait laissé un goût d’inachevé à bon nombre de spectateurs ?

10-Cloverfield-Lane-Trailer

Critique garantie sans spoilers

Oubliez les vastes rues de Manhattan et le New-York post-apocalyptique du premier épisode. Ici, vous suivrez les aventures de trois protagonistes : Michelle, Howard et Emett coincés dans un seul et même lieu. C’est donc bien un véritable huis clos que nous propose ce long-métrage, toujours dans un univers étrange où le paranormal pointe à chaque instant le bout de son nez. La véritable force de 10 Cloverfield Lane, c’est de réussir à nous faire oublier les raisons pour lesquelles nous sommes venu le voir, à savoir découvrir la suite du premier opus, tout en parsemant de nombreuses séquences d’indices, indispensables pour comprendre l’intrigue principale mais aussi les raisons qui ont poussé un monstre à attaquer New-York.

L’autre atout de ce film, c’est de se faire croiser trois intrigues et à les faire s’entrechoquer durant 1h45. On commence avec une histoire banale, puis survient un élément déclencheur fort, puis un autre qui n’a rien à voir. Le réalisateur laisse notre paranoïa se méler à un univers paranormal à taille humaine tout en s’inspirant des thrillers modernes pour laisser le spectateur suivre bêtement l’aventure sans jamais tout remettre en question.

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Si différent du premier ?

Mais alors, 10 Cloverfield Lane est-il véritablement une suite au sens propre du terme ? Oui, très clairement. Alors qu’il pourrait faire penser à nouvelle prise en main de l’univers, quitte à oublier son passé, le long-métrage est en réalité très intelligent et embarque le spectateur dans une nouvelle vision d’horreur, laissant pantois à chacune de ses séquences les plus fortes. Il vous faudra patienter avant de découvrir une once de vérité et ainsi apporter des éléments de réponse à cette question qui taraude votre esprit depuis 8 ans : «Mais quelle est cette créature et pourquoi surgit-elle de nulle part ?» Mais rassurez-vous, le film se veut assez pertinent pour finir en beauté et donner aux spectateurs bien plus que ce qu’ils étaient venu chercher au départ.

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Et castingement parlant ?

Autant vous le dire tout de suite, si vous n’aimez pas John Goodman (The Big Lebowski, O’Brother), laissez lui encore une chance. Rôle central et ô combien importantissime dans 10 Cloverfield Lane, celui qui incarne Howard est simplement magistral dans la peau de ce personnage très particulier. À ses côtés, nous retrouvons la trop méconnue Mary Elizabeth Winstead (Die Hard 4, Scott Pilgrim) pour incarner Michelle ainsi que John Gallagher Jr (States of Grace) dans le rôle d’Emett. Le trio fonctionne à merveille et on ne peut que saluer l’initiative de les avoir réunis tous les trois à l’écran, car le résultat n’en est que meilleur, autant le dire. Petite surprise supplémentaire : en V.O., on entend la voix d’un certain Bradley Cooper…

Conclusion :

Savamment réalisé et ce, avec un budget faiblard (seulement 5 millions de dollars), la réalisation de Dan Trachtenberg est une véritable réussite qui apporte un vent de fraicheur dans un cinéma où tous les Blockbusters sont parfois trop cloisonnés. Nous n’avons qu’une seule chose à dire : vivement la suite !