[Android] Bruxelles accuse officiellement Google d’abus de position dominante

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Par Elodie le

La menace couvait depuis plusieurs semaines, elle est aujourd’hui actée. La Commission européenne a formalisé sa plainte contre Google et son système d’exploitation Android pour abus de position dominante en lui transmettant une « communication de griefs », soit un acte d’accusation formel. C’est la 2e plainte pour abus de position dominante pour Google, après celle concernant la recherche avec Google Shopping.

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La rumeur bruissait depuis plusieurs semaines. Bloomberg s’en faisait l’écho en mars dernier, et les derniers propos de la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, n’ont fait qu’agiter l’épée de Damoclès au-dessus de la tête du géant californien.

Concrètement, la Commission européenne enquêtait sur les contrats passés entre Google et les fabricants de téléphones et les opérateurs. Elle cherchait à savoir si le géant californien privilégiait ses propres services au détriment des autres applications, notamment en obligeant les constructeurs à préinstaller ses propres applications sur les smartphones supportant son système d’exploitation Android.

Après un an d’enquête et plusieurs auditions, la Bruxelles estime que Google viole les règles de la concurrence en Europe avec son OS, qui équipe 80 % des smartphones dans le monde. Et lui a donc envoyé un settlement of objections, comme on dit dans le jargon bruxellois.

« Nous pensons que par son comportement, Google prive les consommateurs d’un choix plus large d’applications et de services mobiles et que l’entreprise freine l’innovation émanant des autres acteurs, en violation des règles de concurrence de l’UE», a ainsi expliqué la commissaire à la Concurrence.

Après cette communication de griefs, Mountain View va pouvoir se défendre. L’ensemble des éléments à charge lui sera transmis et Google aura trois mois pour y répondre, par écrit ou lors d’auditions. Un accord est possible, à l’instar de celui -secret- scellé avec le régulateur américain, la FTC. La Commission peut également poursuivre la procédure et confirmer son accusation. Dans ce cas, Google risque une amende pouvant aller jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial, évalué à 75 milliards de dollars l’année passée.

C’est la deuxième fois en un an que Google se trouve sous le coup d’une plainte pour abus de position dominante. La première concerne la recherche avec son outil de comparaison de prix, Google Shopping. Bruxelles lui reproche de favoriser ses propres services au détriment de la concurrence.

Un reproche qui pourrait paraitre logique : une entreprise favorise forcément ses services. Oui, mais non. Google représente 93 % de part de marché dans la recherche en Europe, il est donc ultra dominant. De ce fait, les autorités doivent déterminersi sa position est dû à un choix délibéré du consommateur ou si la firme fait tout pour étouffer la concurrence et par la même l’innovation dans son secteur.

Concernant Android, c’est peu ou prou la même chose puisque l’OS de Google équipe 80 % des smartphones dans le monde. Apple, a contrario, même avec un environnement très fermé, ne représente que 20 % de part de marché en Europe.