The Intercept publie les archives d’Edward Snowden

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Par Elodie le

À l’origine du scandale Prism/ NSA mettant en lumière le vaste système d’écoutes téléphoniques et de surveillance planétaire mis en place par l’agence de sécurité nationale américaine, les documents subtilisés par Edward Snowden alors qu’il était analyste à la NSA sont désormais disponibles en ligne.

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Edward Snowden et Gleen Greenwald à Hong Kong. Image extraite du film Citizenfour de Laura Poitras

6 Juin 2013, le Guardian et le Washington Post publient conjointement un article dénonçant un programme de la surveillance de la NSA, baptisé PRISM et relate par le menu la façon dont la toute puissante agence de sécurité nationale puise dans les serveurs des géants du web et des télécommunications, dont Verizon, pour collecter les données personnelles de citoyens américains et du monde entier. Cet article se fonde sur des documents transmis par un jeune lanceur d’alerte en fuite, réfugié depuis en Russie où il a obtenu l’asile politique, Edward Snowden.

Au fil des semaines, des mois et des ans, les révélations s’enchainent : moyens déployés, cibles visées, programmes de surveillance US passés et/ou existants, collaboration avec d’autres gouvernements et agences de renseignement, etc.

Gleen Greenwald est alors journaliste au Guardian lorsque Edward Snowden le contacte pour le rencontrer et lui transmettre les documents qu’il possède. Il est alors réfugié dans une chambre d’hôtel à Hong Kong. Celui-ci en tirera un livre, Nulle part où se cacher, qui relate cette folle aventure dont fait également partie Laura Poitras qui réalisera le documentaire oscarisé Citizenfour, le pseudo utilisé par Snowden pour les contacter.

Désormais journaliste pour le site The Intercept, qu’il a co-fondé pour traiter du sujet de la cybersurveillance à partir des documents de Snowden, Greenwald explique aujourd’hui rendre accessible une importante masse de documents.

La question s’est régulièrement posée de publier les documents en même temps que les articles qui les évoquent. Mais lus hors contexte, ils n’apportent rien et non expurgés ils peuvent se révéler dangereux pour les personnes mentionnées. The Intercept va donc publier l’intégralité des archives d’Edward Snowden au fur et à mesure dans une nouvelle section dédiée.

Il commence aujourd’hui avec la publication de 166 nouveaux documents confidentiels de la NSA, d’autres documents seront publiés dans les mois à venir. Y figurent notamment des lettres internes de la Direction du renseignement électromagnétique (Signal Intelligence Directorate – SID), SID Today, pour l’année 2003 qui donnent un aperçu du fonctionnement de l’agence, de l’implication de la NSA au sein de Guantanamo, des préparatifs et du déroulé de la guerre en Irak ou des détails d’une opération d’espionnage en Corée du Nord révélant les capacités d’enrichissement d’uranium du régime, ou encore les demandes d’écoutes et de surveillance croissantes du gouvernement US au lendemain des attentats du 11 septembre.

Des révélations qui n’en sont qu’à leur commencement puisque ce sont neuf années de lettres internes que The Intercept va publier. Une formidable opportunité pour n’importe quel gouvernement étranger.

« Il reste encore beaucoup de documents légitimement intéressants qui peuvent et doivent être rendus publics », indique Gleen Greenwald.
Plusieurs médias seront invités à travailler de concert « pour explorer l’ensemble des archives de Snowden ». Le Monde a déjà accès à plusieurs documents.
Ces médias devront respecter les règles fixées par Snowden pour publier ces documents. Mais « il y a aussi des documents dans les archives qui ne doivent pas, selon nous, être publiés parce qu’ils mettraient gravement en danger des innocents », a-t-il rappelé.

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