Instagram, Kim Kardashian et les mannequins non voilées, cibles des autorités iraniennes

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Par Elodie le

Les Gardiens de la Révolution mènent la fronde contre Instagram, filiale de Facebook, qu’ils accusent de corrompre la jeunesse iranienne. Parmi ces « agents étrangers » incriminés, Kim Kardashian, d’origine arménienne, agent secret à la solde du réseau social pour implanter le mannequinat version occidental en Iran .

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Depuis 2014, l’opération « Araignée II » est en cours en Iran, menée par le Centre de la cybercriminalité organisée, institution dépendante des Gardiens de la Révolution. Et ceux-ci entendent faire appliquer la loi qui, depuis la Révolution islamique de 1979, impose le voile à toutes les femmes de la société. Même sur Internet.

« Nous avons découvert que 20 % du réseau Instagram iranien était contrôlé par les milieux de mode », a déclaré Javad Babaie, juge au tribunal chargé de la cybercriminalité, à la télévision d’État dimanche dernier. Instagram est l’un des réseaux sociaux les plus populaires en Iran où Facebook et Twitter sont interdits. Selon ce même juge, 60 % des utilisateurs iraniens suivent ces comptes consacrés à la mode.

Huit personnes du milieu de la mode ont déjà été arrêtées en Iran et accusées de propagation de « contenu immoral et une culture anti-islamique » notamment pour avoir posé sans voile. 170 personnes, dont 59 photographes et 58 mannequins, gérant ce type de pages sur Instagram ont également été identifiés et 29 personnes sont poursuivies devant la justice. « Certaines d’entre elles sont accusées de charges lourdes, propagation de la prostitution et de la corruption », a précisé le porte-parole de l’autorité judiciaire.

Pour Javad Babaie, c’est à la justice « d’agir contre ceux qui commettent de manière organisée de tels crimes ». Dans leur ligne de mire ? Ces « agents étrangers » qui corrompent « la jeunesse et les femmes » iraniennes, rapporte Le Monde. Parmi eux, le PDG et co-fondateur d’Instagram, Kevin Systrom, ainsi que la it-girl bling bling, icone de la télé-réalité, Kim Kardashian, d’origine arménienne.

« Mme Kim Kardashian est un mannequin célèbre. Le PDG d’Instagram lui demande d’implanter le mannequinat en Iran. Il y a sans aucun doute une contrepartie financière. Nous prenons tout cela très au sérieux », assure quant à lui Mostafa Alizadeh, le porte-parole du Centre de la cybercriminalité organisée.

Lors de l’intervention télévisée du juge à la télévision d’État, la mannequin Elham Arab, figurant parmi les 8 personnes arrêtées précédemment, s’est confondue en excuses dans une prise de parole « volontaire » selon le porte-parole du Centre de la cybercriminalité organisée. Tout en assurant regretter ses actes, elle a appelé les jeunes filles iraniennes à ne pas commettre la même erreur, sinon elle risquait d’être mal perçues et de ne pouvoir se marier.

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