Julian Assange proche d’être interrogé par la Suède

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Par Elodie le

La Suède a fait parvenir une demande formelle d’interrogatoire au gouvernement équatorien afin d’interroger Julian assange, retenu dans leur ambassade de Londres depuis 4 ans maintenant.

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Xavier Granja Cedeño – Wikimedia

Serait-ce enfin l’épilogue d’un long imbroglio judiciaire mêlant le fondateur de Wikileaks, l’Equateur et la Suède ?

L’Equateur a reçu lundi dernier une demande formelle de la Suède pour venir interroger Julian Assange au sein de l’ambassade équatorienne à Londres où il vit reclus depuis le 19 juin 2012.

En janvier dernier déjà, le président équatorien Rafael Correa indiquait que la Suède avait « enfin fait ce qu’elle aurait pu faire il y a trois ans », c’est-à-dire transmettre une demande pour interroger le fondateur de Wikileaks. Il assurait même que ce dernier serait interrogé « dans les prochains jours ».

Las, 5 mois plus tard, aucune avancée n’a été constatée. Chacun se renvoyant la responsabilité de l’échec. L’Equateur souhaitait pouvoir mener elle-même l’interrogatoire alors que la Suède lui conteste ce droit.

Julian Assange refuse de se rendre en Suède pour y être interrogé de peur d’être ensuite extradé vers les États-Unis, où il pourrait être jugé pour la diffusion des War log d’Irak et d’Afghanistan ainsi que la publication de 250 000 câbles diplomatiques US pour lesquelles il risque la peine de mort.

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Depuis février dernier et le jugement rendu par une commission de l’ONU (WGAD) jugeant la détention d’Assange arbitraire et contraire aux « règlements internationaux », les autorités de chaque pays ont repris les pourparlers. Toutefois, fin mai, la Suède a refusé de lever le mandat d’arrêt européen émis à son encontre. Et la semaine dernière, Londres et Stockholm ont refusé de s’engager à ne pas extrader Julian Assange vers les États-Unis, au grand dam du ministre des affaires étrangères équatorien, Guillaume Long, qui souhaiterait que les deux pays respectent cette décision. Londres estimait pour sa part que cet avis était « profondément imparfait ».

« En dépit des multiples efforts de l’Équateur comme négociateur de bonne foi afin de trouver une solution avantageuse pour toutes les parties, la Suède et le Royaume-Uni ont refusé de s’engager à ne pas extrader Julian Assange vers un pays tiers », a déploré le chef de la diplomatie équatorienne dans un communiqué.

« Quatre ans ont passé depuis ce 9 juin 2012. Aujourd’hui, comme alors, nous défendons notre décision d’octroyer l’asile à Julian Assange parce que les conditions qui l’ont contraint à faire cette demande n’ont pas disparu » , a-t-il ajouté.

Mais les traités internationaux empêcheraient la Suède et la Grande-Bretagne d’accéder à cette requête.

La Suède souhaite interroger Julian Assange dans plusieurs affaires d’agressions sexuelles et une affaire de viol. Les premières prescriptions concernant une affaire d’agression sexuelle et de harcèlement sont tombées cet été, mais Assange reste toujours poursuivi dans l’affaire la plus grave, celle concernant un viol, dont la prescription, plus longue (10 ans), ne tombe pas avant 2020.