Découverte de la plus ancienne trace de vie sur terre : elle serait âgée de 3,7 milliards d’années

Science

Par Malo le

Nous n’en avons pas fini de remonter le temps grâce à la science. Un article paru hier dans le magazine Nature affirme que des micro-organismes ont peuplé la Terre il y a 3,7 milliards d’années, soit 200 millions d’années avant les dernières traces découvertes jusqu’à présent.

En bleu les feuillets internes des stromatolites et en rouge les dépots sédimentaires. En bas, des stromatolites trouvées en Australies et vieux de 2,4 milliards d'années
En bleu les feuillets internes des stromatolites et en rouge les dépots sédimentaires

C’est au Groenland, dans une portion de la ceinture de roches vertes d’Isua, que les chercheurs australiens de l’université de Nouvelle-Galles du Sud font leur trouvaille. A l’endroit où, en hiver, la neige recouvre tout, Allen Nutman et ses collègues décèlent des formes inhabituelles sur une de ces roches. Et il fallait avoir l’œil, car elles ne s’étendent que sur une dizaine de centimètres tout au plus !

Les micro-organismes à l’origine des formations

Ces structures calcaires appelées stromatolites (photo ci-dessus) prennent la forme de cônes pointus et de bosses aplaties de couleur orange. Elles sont coincées entre des mille-feuilles aux strates bleutées. Grâce à une datation isotopique, les chercheurs ont pu estimer leur formation à plus de 3,7 milliards d’années. Ce sont en fait les micro-organismes vivant dans des eaux peu profondes qui précipitent de fines pellicules de carbonate, formant par la suite ces structures calcaires.

S’ils ont bien été créés par des micro-organismes, ces stromatolites sont la preuve que la vie existe sur Terre depuis 3,7 milliards d’années, soit 800 millions d’années seulement après la formation de notre planète ! Cette découverte repousse de 200 millions d’années le record d’ancienneté d’un stromatolite, les plus vieux ayant été observés en Afrique du Sud et en Australie et datés à 3,5 milliards d’années.

D'autres photos des roches découvertes au Groenland.
D’autres photos des roches découvertes au Groenland.

Une estimation plus qu’une affirmation

Pourtant, une marge d’erreur subsiste, car ces formations calcaires peuvent aussi s’être créées naturellement sous l’effet de plissements de terrains sédimentaires. Certains scientifiques remettent en effet déjà la découverte en cause. Heureusement, plusieurs critères confortant l’origine biologique de ces stromatolites se retrouvent dans les roches découvertes au Groenland : entre autres des feuillets visibles au microscope entre les bosses. Kevin Lepot, enseignant-chercheur à l’université de Lille, explique qu’ils constituent “un indicateur biologique puissant, même s’ils sont moins visibles que ceux trouvés précédemment en Australie” (voir photos). Des traces de sédiments au niveau des stromatolites sont aussi un fort indice en faveur de l’origine organique.

En 2008, Kevin Lepot et Pascal Philippot avaient découvert des globules de matières organiques dans des stromatolites australiens âgés de 2,7 milliards d’années. Mais il y a peu de chances de faire la même découverte dans les roches groenlandaises : dites métamorphiques, ces roches ont subi de nombreux mouvements de terrains et ont été contraintes à de fortes chaleurs, ce qui rend presque impossible la découverte de traces organiques.

Cette découverte relance l’intérêt des futures missions martiennes qui étudieront des sols aussi âgés que ceux que l’on peut trouver sur Terre. Les robots trouveront peut-être des traces de vie encore plus évidentes et plus anciennes ?

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